Gary Bettman devra répondre de ses actes

Lock-out

Gary Bettman Photo Lucas Jackson / REUTERS / Archives


Bruce Garrioch

OTTAWA - Le commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), Gary Bettman, devra maintenant offrir certaines explications.

Le lock-out ne prendra officiellement fin que lorsque l'Association des joueurs aura apposé sa signature au bas du contrat de travail, samedi, mais Bettman devra prendre une grande respiration quand il va s'asseoir devant les membres du Bureau des gouverneurs, mercredi, pour motiver les lignes directrices du pacte.

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«Je ne crois pas que nous avons là le genre d'entente que nous espérions, a laissé tomber sous le couvert de l'anonymat une tête dirigeante du circuit, mardi. Je suis certain qu'il devra répondre à bien des questions pendant que d'autres équipes se contenteront de se réjouir de la reprise des activités.»

Évidemment, le Bureau des gouverneurs va entériner le tout à l'unanimité, à 30-0, cependant autour de la table on lui demandera pourquoi il aura fallu 113 jours pour résoudre le conflit.

Bettman pourra leur dire qu'aucune promesse sur une date de règlement n'avait été formulée aux propriétaires quand le bras de fer avec l'Association des joueurs (AJLNH) et Donald Fehr s'est amorcé. La seule chose qu'il a alors affirmée, c'est qu'il tenterait d'améliorer le sort des concessions.

Perte de 1,4 milliard $

La LNH aura obtenu un partage des revenus à 50-50. Par contre, cela aura été au prix d'une perte de 1,4 milliard $ en gains, auxquels il faudra ajouter les dommages collatéraux que va subir le hockey au cours des prochaines années.

«On se demande si on n'aurait pas pu régler le différend avec l'AJLNH bien avant», a aussi indiqué la source.

Ce sont plus de 500 matchs de saison régulière qui ont été annulés, en plus de la partie des étoiles qui devait avoir lieu à Columbus et de la Classique hivernale qui était prévue au Michigan.

Mais, sans Bettman, il n'y aurait pas eu non plus un nouveau calendrier de 48 rencontres. Il a fait tout en son pouvoir au petit matin dimanche pour qu'on cesse de tourner autour du pot et qu'on se donne une poignée de main.

Les joueurs tenaient mordicus à un plafond salarial de 64,3 millions $ -le même que celui de la saison dernière- et le commissaire aurait pu tenir son bout également avec le 62,5 millions $ qu'il proposait.

Il a pris une décision : il faut que les amphithéâtres reprennent vie.

Bettman, il est vrai, était sous pression. Plusieurs propriétaires exigeaient d'en finir pour que l'action reprenne sur la glace.

Plusieurs ont affiché leur mécontentement sur la façon dont le conflit s'est déroulé. Certains avancent que les directeurs généraux auraient dû être impliqués et sollicités. D'autres aussi ont pris note d'un point important : dans le sprint final de négociations, aucun propriétaire n'était sur place!

Les Craig Leipold, du Wild du Minnesota, Tel Leonsis, des Capitals de Washington, Murray Edwards, des Flames de Calgay, et Jeremy Jacobs, des Bruins de Boston ont été au cœur des pourparlers durant six mois, mais ils brillaient par leur absence quand Gary Bettman a donné le coup de fil à Donald Fehr, dénouant l'impasse à 5 h 45, dimanche matin.

Il faut se demander ce que l'avenir réserve au commissaire.

20 ans

Il devrait célébrer sa 20e année avec la LNH le 1er février. Cependant, comme tous les amateurs de hockey le savent, il achève son troisième lock-out depuis qu'il est en place. Aucune autre ligue professionnelle n'a annulé autant de matchs au cours de son histoire. Ce n'est guère un brillant héritage.

Fehr a été tenace et à l'heure du bilan, il faut admettre que Bettman lui-même, en tout premier lieu, ne doit pas s'estimer satisfait. Comme si ce n'était pas suffisant, il devra faire face à son Bureau des gouverneurs pour répondre aux questions.

Les propriétaires sont heureux et soulagés de la reprise des activités. Mais, la LNH sera-t-elle longtemps encore le terrain de jeu de son commissaire?


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