Toujours dans l'impasse


Bruce Garrioch

Dernière mise à jour: 03-01-2013 | 21h27

NEW YORK – La LNH et l’Association des joueurs n’ont pas progressé afin de résoudre le conflit qui perdurait pour une 110e journée, jeudi. Pire, ils ont régressé.

Alors que 24 heures plus tôt la situation semblait évoluer dans le bon sens, les discussions ont tourné au vinaigre à New York lorsque la Ligue est demeurée campée sur ses positions sur plusieurs points importants.

Au lieu de rester ensemble pour trouver des compromis, joueurs et propriétaires n’ont pas tenu de véritable réunion sur des éléments cruciaux. À tout le moins ont-ils convenu en soirée de se revoir avec les médiateurs vendredi matin.

Le 11 janvier, date limite pour sauver la saison, approche à grands pas.

Deux rencontres

En résumé, jeudi, les joueurs ont tenu des rencontres à l’interne avant de retrouver les dirigeants de la LNH lors de deux séances de négociations.

Selon plusieurs hockeyeurs, la LNH a changé de ton depuis que la date limite pour le dépôt d’une demande de dissolution du syndicat (le fameux déni d’intérêt) est passée, mercredi soir.

Les joueurs ont été choqués que la Ligue tente de modifier la définition des revenus reliés au hockey, puis fasse marche arrière.

«Avec la menace de la dissolution qui a disparu, la LNH est revenue à la charge sur des questions clés, a indiqué une source proche de l’Association.

Les médiateurs sont impliqués dans les discussions depuis le début de la semaine, mais n’ont pas réussi à faire entrer le commissaire Gary Bettman dans le jeu des négociations.

Alors que les joueurs ont déjà concédé jusqu’à deux milliards $ sur une entente d’une durée de 10 ans, la LNH tente toujours d’obtenir davantage malgré l’échéance du 11 janvier.

«C’est la Ligue qui va décider quand elle va vouloir reprendre ses activités, et, à ce moment-là seulement, alors nous aurons une entente, a expliqué un ancien joueur. C’est la même stratégie qu’en 2004-2005 et le ton n’a pas changé. Bettman est prêt à écraser le syndicat. Il a une date en tête, et lorsqu’on s’approchera de cette date, il y aura une entente.»

Appel aux médiateurs

Les deux parties ont accepté de refaire appel aux médiateurs cette semaine pour résoudre leurs différents et retourner au jeu comme prévu le 19 janvier. Une entente d’ici samedi mènerait à une saison de 50 à 52 rencontres.

Pour que cela se produise, quelqu’un devra céder du terrain et, jusqu’ici, seule l’Association des joueurs a effectué des concessions majeures.

Les deux clans demeurent opposés sur :

-Le montant du plafond salarial imposé à chaque formation lors de la deuxième année du contrat de travail est un enjeu crucial. Les joueurs souhaitent voir celui-ci s’établir à 65 millions $. La LNH, elle, ne veut pas offrir davantage que 60 millions $. La demande des joueurs se chiffrait à l’origine à 67 millions $ et ils ont accepté une concession alors que les propriétaires n’ont pas bougé.

-La durée des contrats. Les joueurs tiennent mordicus à des ententes qui pourraient aller jusqu’à sept ans, mais leurs vis-à-vis ne lâchent pas prise sur une limite de six ans.

-Le régime de retraite aussi est un enjeu majeur. Cet aspect est sorti de nulle part lors de la dernière proposition des propriétaires. Personne n’avait soulevé ce point depuis le début du conflit. Il appert maintenant que ce seul aspect pourrait faire achopper un règlement du lock-out.

«Le fonds de pension est quelque chose de compliqué, a déclaré Gary Bettman au terme des pourparlers de mercredi soir. Il y a une foule d’aspects à considérer et des actuaires autant que des spécialistes doivent nous éclairer afin que l’on ne déraille pas (sur ce qui est réaliste et ce qui n’est que rumeur).»

«Nous comprenons fort bien que les joueurs en ont fait un élément clé. On étudie toujours le cas.»

Plusieurs observateurs estimaient que le plafond salarial s’avérait l’une des sources principales du conflit, cependant ce n’est pas fondé.

Si les deux parties peuvent résoudre leurs différends sur ces points, alors on sera sur la bonne voie pour mettre fin au lock-out. Malheureusement, les deux adversaires n’ont pas discuté sérieusement.


Vidéos

Photos