De retour à la table mercredi

LNH | Lock-out - De retour à la table mercredi

Gary Bettman Photo Lucas Jackson / AFP


Bruce Garrioch

Dernière mise à jour: 01-01-2013 | 16h45

NEW YORK - Non loin de Broadway, les représentants de la Ligue nationale de hockey (LNH) et de l'Association des joueurs (AJLNH) s'étaient préparés à une longue soirée. Plusieurs se demandent si le suspense de ces pourparlers est terminé ou s'il ne fait que commencer.

Après avoir pris le temps d'analyser la contre-offre déposée par le syndicat, lundi soir, la Ligue devrait donner sa réponse mardi. Finalement, au terme d'une séance de 40 minutes qui a commencé avec beaucoup de retard, la LNH a répliqué de la même façon, de sorte que l'AJLNH se retrouve avec une nouvelle proposition. Devant l'épaisseur des documents qu'elle a sous la main, elle a quitté les bureaux du circuit afin d'aller étudier tout cela au cours de la nuit.

Les deux parties ont de nouveau rendez-vous mercredi à une heure toujours indéterminée.

Le temps commence à manquer

Pendant que la plupart des Américains se sont plantés devant leur écran pour suivre les matchs de football collégial au lieu de regarder la Classique hivernale, les deux parties sont retournées à la table des négociations pour tenter de conclure un nouveau contrat de travail.

Après 108 jours de lock-out, tous espèrent que la LNH et le syndicat sont prêts à mettre leurs différences de côté et à entamer des discussions honnêtes où ils devront faire les compromis nécessaires à un retour sur la patinoire et à la tenue d'un calendrier écourté.

La tendance qui s'est manifestée durant ce lock-out devra disparaître complètement afin que la Ligue et les joueurs puissent amorcer une saison de 48 matchs d'ici le 19 janvier.

«Même si les gens des deux côtés affichent un optimisme prudent, une entente n'est pas imminente, a mentionné une source de la LNH. Il ne faut pas trop s'avancer avec de faux espoirs. Nous avons beaucoup de cas lourds et d'enjeux majeurs à résoudre avant de pouvoir dire que la saison sera sauvée.

«Dans chaque camp, tout le monde veut jouer, mais régler les dossiers qui restent constitue un défi significatif.»

Un membre du syndicat a affirmé à Patrick Caisse, de la chaîne TVA Sports, qu'il prévoyait la signature d'une entente «plus tôt que tard». Le gardien des Rangers Henrik Lundqvist a indiqué sur Twitter qu'il quittait la Suède pour revenir en Amérique du Nord.

«Espérons que ce sera pour les bonnes raisons», a-t-il spécifié.

Une journée folle

Après avoir passé la journée à analyser la proposition de 26 pages soumise par le directeur exécutif de l'AJLNH, Donald Fehr, lundi, les représentants de la LNH et du syndicat ont tenu des réunions en groupes restreints et des conférences téléphoniques, mardi.

Les deux parties ont repris les pourparlers vers 21 h aux bureaux du circuit et la LNH devait alors répondre quant à la récente contre-offre de l'AJLNH. Même si celle-ci a bougé à plusieurs niveaux, il y a encore beaucoup de travail à faire pour en arriver à un nouveau contrat de travail.

Le point le plus litigieux demeure le montant que devront placer en fiducie les joueurs en 2013-2014. Selon la dernière convention collective, ils devaient remettre de l'argent dans un compte créé pour pallier toute baisse des revenus anticipés.

Dans la plus récente offre qu'elle avait présentée, la LNH exigeait un plafond salarial de 60 millions $ pour la prochaine campagne, ce qui est une diminution comparativement à cette année, alors que la limite est de 70,2 millions $. Les joueurs sont préoccupés, car ils risquent de payer plus pour la fiducie et un plafond de 67 millions $.

Une limite quant au montant intégral, même si c'est dans la deuxième année de l'entente, ne plaît guère à la Ligue. Bettman et les propriétaires croient que d'après le système, les joueurs devraient partager les pertes de revenus qui sont directement reliées au lock-out.

«Les joueurs sont prêts à prendre certains risques, mais ils ne sont pas disposés à les assumer tous», a déclaré une source du syndicat.

Encore loin de la coupe aux lèvres

Les obstacles ne s'arrêtent pas là.

En proposant un pacte de 10 ans (avec option de départ après huit ans pour les deux parties), la LNH insiste sur la paix dans les relations de travail. Le syndicat veut un contrat de huit ans avec la possibilité d'y mettre fin après six ans, car les joueurs encaisseront un impact financier, peu importe quand cela prendra fin.

La durée limite des contrats est aussi un point litigieux pour l'AJLNH. Elle veut que les joueurs aient la possibilité d'avoir des pactes de huit ans avec un écart salarial maximal de 25% entre les années. De son côté, la LNH demande six ans avec une différence de 10%.

Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il y a énormément de travail à faire.

La LNH est motivée à ramener tout le monde sur la glace et c'est pourquoi elle a fait un pas en direction de l'AJLNH en lui soumettant une offre jeudi. Il y a un groupe de propriétaires qui ont clairement fait savoir à Bettman qu'il était temps de sceller une entente.

Si la LNH doit se contenter d'un calendrier de 48 parties, elle le fera, mais Bettman et son adjoint, Bill Daly, aimeraient 50 ou 52 matchs, car cela rendrait la saison plus légitime. Voilà pourquoi ils veulent régler le dossier cette semaine.

Si les discussions achoppent, l'AJLNH déposera vraisemblablement une requête visant la dissolution du syndicat, mercredi. Cela pourrait mener à une bataille judiciaire opposant les deux parties.

«Cela peut encore aller dans la mauvaise direction, avait prévenu une source de l'AJLNH avant la rencontre de mardi. Aucune des deux parties n'a été aussi loin pour seulement s'écraser à la fin.»

Par contre, tous ont soudainement les lèvres fermées devant les journalistes quand arrive le moment des négociations et cela constitue de bonnes nouvelles pour les amateurs de hockey.



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