Un anniversaire particulier

Lock-out

Bill Daly et Gary Bettman. © REUTERS/Lucas Jackson


Bruce Garrioch

Dernière mise à jour: 10-12-2012 | 20h46

Ce sera un anniversaire vide de sens pour Gary Bettman.

Le 11 décembre 1992, soit il y a exactement 20 ans, le bureau des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) confirmait durant une réunion à Palm Beach, en Floride, que l'ancien dirigeant de la National Basketball Association (NBA) devenait le premier commissaire de l'histoire du circuit, remplaçant ainsi le président Gil Stein.

Même si Bettman n'a pas pris place dans ses bureaux avant le 1er février 1993, ce fut le début d'une nouvelle ère pour la ligue. Or, la journée de mardi sera l'occasion de souligner cette date particulière, mais constituera également le 87e jour du troisième lock-out déclenché en 20 ans dans la LNH.

Celle-ci et l'Association des joueurs (AJLNH) tentent de revenir à la table des négociations après une rupture des pourparlers, jeudi à New York. Toutefois, tard lundi soir, elles essayaient de déterminer quand et où les discussions reprendraient.

«Espérons que ce sera quelque part en milieu de semaine», a commenté l'adjoint au commissaire, Bill Daly, dans un courriel envoyé à l'Agence QMI, lundi.

Dans le cadre de cette séance, il n'y aura pas de propriétaires. Au lieu de cela, Bettman et Daly seront vraisemblablement dans une pièce en compagnie du directeur exécutif de l'AJLNH, Donald Fehr, du conseiller spécial syndical, Steve Fehr, et des joueurs faisant partie du comité de négociation.

L'association aimerait compter sur la présence d'un représentant du Service fédéral américain de médiation et de conciliation, mais la LNH n'apprécie pas cette demande. Les gens concernés ne sont pas certains de vouloir informer les médias de l'endroit où se tiendra la réunion.

Un joueur qui ne sera assurément pas sur place est la vedette des Penguins, Sidney Crosby. En compagnie de quatre propriétaires, il a tenté de contribuer à la signature d'une entente la semaine dernière. Il a indiqué aux journalistes de Pittsburgh vendredi qu'il n'assistera désormais plus aux débats.

Non, la LNH et l'AJLNH ne sont pas de retour à la case départ, car il y a plusieurs enjeux sur lesquels elles se sont entendues. Cependant, Daly a précisé à l'Agence QMI que rien de ce qui a été discuté la semaine passée n'est gravé sur la pierre.

Même si le syndicat a insisté pour dire que les deux parties étaient proches de l'objectif, celles-ci devront se retrousser les manches pour conclure un pacte, car le «montant intégral» additionnel de 89 millions $ proposé par les propriétaires mercredi dernier n'existe plus.
Ajouter ceci à la cagnotte pourrait s'avérer impossible.

Cela pourrait représenter une grosse source de conflit pour l'AJLNH, mais Daly a insinué que tout pouvait être discuté.

«Concrètement, nous sommes de retour là où nous étions quand la dernière semaine s'est amorcée, a-t-il écrit. Mais peut-être que certains sujets dont nous avons parlé serviront à bâtir quelque chose.» Les deux parties étaient à quelques pouces de régler le cas lorsque les pourparlers ont été interrompus dans le chaos. Elles étaient sur la même longueur d'onde sur des enjeux précis, mais elles ne s'entendaient pas sur la durée de la convention collective, ni sur la limite de cinq ans des contrats des joueurs.

La Ligue n'adoucira pas sa position, car elle souhaitait que les joueurs acceptent son offre en totalité, jeudi dernier. Et avec la saison qui lui glisse lentement entre les doigts, elle n'a pas reçu de contre-proposition de la part de Fehr.

«Ça deviendra pire (pour les joueurs). Pensez-vous réellement que les propriétaires donneront davantage ? Ce sera exactement le contraire, a mentionné une source de la LNH. Ils ne peuvent plus bouger.» Même si Daly a qualifié de «montagne sur laquelle on peut mourir» la durée limite des contrats - avec pas plus de 5% en salaires transférés -, la Ligue devra faire preuve de flexibilité si elle souhaite obtenir un nouveau pacte de travail.

Les deux côtés devront aussi s'entendre sur la durée de la convention collective. La LNH veut une entente de 10 ans, avec la possibilité pour le syndicat d'y renoncer après huit ans. Le syndicat désire un contrat de huit ans avec une option de quittance au terme de six ans.

En gros, les gens pensent que les deux parties sont près, mais même si elles s'assoient, elles ont une montagne d'enjeux à régler avant qu'il y ait quelconque espoir d'une saison. Et le sablier n'arrête pas, à l'approche des Fêtes.



Vidéos

Photos