Le point le plus sombre

Hockey

Donald Fehr Photo REUTERS/Eric Thayer

Donald Fehr s’est vu imposer un ultimatum et a tenté d’en faire une négociation.

Le résultat, c’est que nous en sommes au 84e jour du lock-out. Ce sera le neuvième samedi consécutif où il n’y aura pas d’émission Hockey Night in Canada à la télévision et actuellement, la Ligue nationale (LNH) et l’Association des joueurs (AJLNH) en sont peut-être au point le plus sombre des pourparlers.

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Alors que les deux parties semblaient être en voie de conclure une entente après la rencontre de mardi, le portrait a changé mercredi et le lendemain, le processus a complètement déraillé lorsque le directeur exécutif du syndicat a présenté une offre insuffisante.

Fehr a commis une erreur tactique. Il ne croyait pas que la LNH était sérieuse ou encore, essayait d’en soutirer davantage des propriétaires quand il a remis à l’adjoint du commissaire, Bill Daly, une liste supplémentaire de ce que l’AJLNH voulait à la suite de la proposition finale du circuit.

«Ce que nous attendions, c’était un oui ou un non», a affirmé le commissaire Gary Bettman.

Certes, la sagesse nous suggérerait de croire que les deux côtés n’étaient pas si loin de l’objectif, puisqu’ils luttent pour environ 200 millions $ du total de revenus de 3,3 milliards $, ainsi que pour les droits des contrats.

Mais rien n’est facile avec la LNH et l’AJLNH, alors l’écart est immense.

Les deux parties devraient revenir à la table des négociations. Cela pourrait prendre un bon bout de temps après le récent échec. Le capitaine des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby, qui avait tenté plus tôt de discuter d’un accord avec le propriétaire de l’équipe, Ron Burkle, était de retour sur la glace vendredi matin.

N’étant pas certain de ce qui pourrait survenir, il a cependant confirmé que les représentants des deux côtés avaient un problème de confiance les uns vis-à-vis les autres, particulièrement après que les pourparlers eurent totalement échoué.

«Après avoir passé trois jours là-bas, je crois qu’il est très difficile d’obtenir à nouveau la confiance des gars, a affirmé Crosby aux journalistes de Pittsburgh. À partir de là, je ne sais pas quelle sera la prochaine étape.»

Personne ne le sait. Vous devez penser qu’à un certain moment, Daly appellera le conseil spécial du syndicat, Steve Fehr. Ils ne se sont pas contactés vendredi. Il n’y a aucun doute : l’AJLNH étudie ses options.

Plusieurs pensent que celle-ci consacrera plus d’efforts afin de permettre à Donald Fehr de présenter un «acte de renonciation», ce qui représente la première étape de la décertification. Ainsi, les deux parties pourraient s’affronter à l’intérieur du système légal américain et voir où tout cela les mènera. À ce stade, il pourrait s’agir d’une décision peu judicieuse.

Cela ne semble pas être la solution la plus plausible, mais les gens concernés auraient tout intérêt à régler le problème eux-mêmes. Bettman a permis à d’autres propriétaires de participer aux discussions, car il voulait que ceux-ci aient un regard de première instance sur les négociations.

Maintenant, lorsqu’il s’assoit avec le bureau des gouverneurs afin d’aborder le sujet, il peut dire : «Voyez à quel point il est difficile de négocier avec le syndicat» et il y aura dans le bureau des propriétaires d’au moins huit équipes qui seront d’accord avec lui.

Tôt ou tard, le gros bon sens devra prévaloir, mais l’AJLNH s’est placée dans une position difficile. La LNH a retiré de la table sa cagnotte de 300 millions $ du montant intégral et les joueurs auront de la misère à l’obtenir de nouveau.

«Je veux seulement jouer au hockey, a déclaré Crosby, qui examinera la possibilité d’évoluer en Europe. Peu importe ce qui constitue la meilleure option, je commence à y penser beaucoup plus. Tout cela devient ridicule avec tous ces matchs perdus. Je suis ici pour jouer au hockey. «Je ne suis pas là pour négocier. J’appuie les joueurs. J’ai vu à quel point les gars travaillent fort et veulent que ça se règle. Cependant, voir cela arriver, c’est terrible. Ça fait mal paraître tout le monde.»

La Ligue insiste pour dire qu’au moment où elle va s’asseoir de nouveau, les chiffres qu’elle offrira seront modifiés.

«Je crois sans aucun doute qu’il y a un accord à portée de main, a exprimé le capitaine des Sénateurs d’Ottawa, Daniel Alfredsson. J’espère seulement que Bettman et les propriétaires voient le tout de la même manière.»

Ce n’est pas certain que ce soit exactement le cas. Cela pourrait arriver une fois que chacun aura pris le temps de se détendre, de prendre une grande respiration et de réfléchir sur ce qui s’est déroulé au cours de la présente semaine.

La saison de la LNH peut être encore sauvée, mais des discussions devront avoir lieu avant de se retrouver en prolongation.


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