Bettman devra s'expliquer

Lock-out

Gary Bettman Photo REUTERS/Andrew Kelly


Bruce Garrioch

Gary Bettman a des explications à donner.

Le commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH) a peut-être eu de la difficulté à trouver le sommeil mardi soir en pensant à ce qui l’attendait mercredi, lors de la rencontre des gouverneurs, dans les bureaux de la firme Proskaueur Rose, à New York.

Des sources ont indiqué à l’Agence QMI qu’elles s’attendaient à ce que Bettman doive rendre des comptes à certains propriétaires, alors que le lock-out, qui en sera à une 81e journée, a causé des pertes de revenus de 1,2 milliard $ jusqu’ici.

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«Je pense que certains propriétaires qui n’ont pas encore pris la parole vont finalement s’exprimer après avoir reçu une mise à jour sur les négociations, qui ne sont pas rendues où tout le monde voudrait, a dit une source près de la LNH, mardi.

«Bettman a certainement des alliés, mais si un propriétaire insatisfait des conséquences du lock-out se lève, on pourrait bien voir un groupe de propriétaires faire la même chose et dire le fond de leur pensée.

«Personne ne veut que la ligue donne aux joueurs tout ce qu’ils veulent, mais ce n’est pas tout le monde qui est prêt à perdre une saison, parce qu’on ne sait pas comment les affaires vont reprendre, surtout aux États-Unis.»

Maintenant, il est important de savoir que Bettman aime être en contrôle lors de ces réunions et que les deux premières heures vont servir à bien informer les propriétaires des 30 équipes de la situation actuelle.

Vous pouvez être certain que Bettman va accuser le directeur exécutif de l’Association des joueurs (AJLNH) Donald Fehr de ne pas être prêt à négocier, tout en soulignant que la dernière proposition des joueurs leur accordait 57 % des revenus.

La question est : qui sera le premier à se lever afin d’émettre un commentaire? Si c’est James Dolan, des Rangers de New York, ses doléances feront peu de chemin, car il s’est déjà colleté avec Bettman, qui ne lui offrira pas une oreille attentive.

Le propriétaire du Canadien de Montréal, Geoff Molson, qui a déjà dit publiquement qu’il souhaitait une reprise des activités et qui possède l’une des concessions les plus riches en histoire de la ligue, devrait être l’un de ceux qui parleront à Bettman, mais plusieurs pensent qu’il ne le fera pas.

Terry Pegula, propriétaire des Sabres de Buffalo, pourrait être un des candidats. Il a de l’argent, il en a dépensé beaucoup pour faire des Sabres une équipe compétitive et il ne peut pas être heureux de la tournure actuelle des événements.

Quelqu’un doit se décider à faire des remous.

Il est indiscutable que les propriétaires persisteront à se présenter comme unis dans ce conflit. Ils pourraient aller jusqu’à annuler deux autres semaines d’activités et même brandir la menace d’une date butoir avant l’annulation de la saison en entier.

Il y a des chances que l’offre d’indemnisation salariale de 211 millions $ récemment faite par la Ligue soit retirée. Les projecteurs seront de nouveau braqués sur les joueurs.

Les six propriétaires qui ont rencontré les 18 joueurs, mardi à New York, sans Bettman et Fehr, n’ont pas été choisis au hasard. La rumeur veut que Jeremy Jacobs (Boston) et Murray Edwards (Calgary) aient insisté pour être présents. Bien que Larry Tanenbaum, pour Toronto, et Ron Burkle, pour Pittsburgh, voulaient aussi en être, il est fort probable que Jeffrey Vinik (Tampa Bay) et Mark Chipman (Winnipeg) ont été sélectionnés parce qu’ils n’en mènent pas particulièrement large.

Peu importe les résultats de la rencontre de mardi, la première question à l’endroit de Bettman devrait le forcer à expliquer pourquoi le processus est si ardu qu’il a dû se retirer afin de faire avancer les discussions.

En fin de compte, les propriétaires n’ont pas le choix de soutenir Bettman. La Ligue est en mauvais état et il doit l’en sortir avec une nouvelle convention collective. Cela ne veut pas dire que les propriétaires vont boire ses paroles.


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