Le lock-out brise des rêves


Etienne Bouchard

L'ancien entraîneur du Canadien de Montréal et des Nordiques de Québec, Jean Perron, estime que le vent de négativisme déferlant actuellement sur le hockey professionnel nuit à ce sport, toutes catégories confondues.

Rencontré à l'occasion de l'Expo Hockey 2, qui se déroule à la Place Bonaventure au cours du week-end, l'homme de 66 ans croit que le lock-out en vigueur dans la Ligue nationale comporte des impacts négatifs, particulièrement auprès des sportifs de la relève.

«C'est vraiment dommage, tout cela. Tout le monde avait hâte à cette saison, car le Tricolore venait de connaître une année de misère : c'est une véritable douche froide.

Aussi sur Canoe.ca

«Dans les médias, il y a beaucoup de négatif qui circule et ce n'est pas bon. Les jeunes s'identifient aux joueurs de la LNH et au Québec, les membres du Canadien sont des idoles. D'ailleurs, les jeunes sont toujours en quête d'idoles et là, ils vont en chercher ailleurs, a affirmé le président d'honneur de l'événement.

«C'est un conflit de travail qui brise des rêves.»

Perron ajoute que l'impasse dans les négociations de la LNH doit être dénouée dans les plus brefs délais, et ce, pour le bien du hockey. Une deuxième annulation complète du calendrier régulier du circuit Bettman en huit ans aurait des conséquences dramatiques, à ses yeux.

«Ça ne doit pas durer longtemps, car l'intérêt du public n'est pas le fruit de la pratique seulement. Il y a aussi tout ce qui est autour du sport, dont les fameux pools. Avant, ce n'était pas nécessaire, parce que tout le monde patinait et jouait. Aujourd'hui, les gens s'intéressent plus au hockey grâce à toutes sortes de choses, mais pour cela, il faut le retour de la LNH», a-t-il exprimé.

Plus de respect et de compréhension

Le pilote de la formation gagnante de la coupe Stanley en 1985-1986 croit que le respect doit revenir en force dans les relations de travail de la LNH, car présentement, les déclarations diffusées par les médias constituent un mauvais exemple pour tous. D'ailleurs, il s'est dit heureux de la sortie de l'ancienne vedette Ted Lindsay, qui s'est porté à la défense du commissaire de la ligue, Gary Bettman, jeudi.

«Récemment, Kris Vertseeg a traité Bettman et son adjoint Bill Daly de cancers. C'est très mauvais, car les parents peuvent faire la part des choses, mais pas nécessairement leurs enfants. Un jeune qui entend ou lit ça se dira qu'il peut en faire de même.»

Et maintenant, quelle est la solution de Perron pour régler le litige ?

«Les joueurs doivent mettre de l'eau dans leur vin. Avec un salaire moyen de 2,3 millions $ par an, personne ne va les prendre en pitié. Une fois, ça peut passer, mais pas deux, a-t-il expliqué. Donald Fehr [le directeur du syndicat] veut instaurer le même système qu'au baseball, mais ça ne marchera pas au hockey et les joueurs doivent lui faire comprendre.»

«De leur côté, les propriétaires devraient suivre une ligne directrice pour l'attribution des contrats, a-t-il renchéri. Ce n'est pas normal de voir Brandon Prust avec une entente de quatre ans et 10 millions $. Je n'ai pas de problème avec les vedettes qui touchent beaucoup d'argent, mais plutôt avec les salaires élevés accordés aux joueurs de troisième trio. Les directeurs généraux et leurs patrons doivent freiner l'escalade.»


Vidéos

Photos