Un croyant et des sceptiques

Hockey

Mathieu Darche participe aux négociations de la LNH. Photo Agence QMI - Ben Pelosse


Jean-François Chaumont

CANDIAC - Depuis le début du lock-out de la Ligue nationale de hockey (LNH), l'espoir et le désespoir s'entremêlent à une vitesse ahurissante. Les joueurs ne réagissent pas tous de la même façon devant le dernier ralentissement pour la ratification de la prochaine convention collective.

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Les Erik Cole, Josh Gorges, Max Pacioretty et Brian Gionta ont chacun dressé un portrait sombre des négociations avec Gary Bettman et les dirigeants de la LNH. Plus optimiste de nature, Mathieu Darche a offert une analyse différente.

Des quatre joueurs, Darche est le seul à se retrouver à la table des négociations, à titre de membre du comité de l'Association des joueurs de la LNH.

«Les négociations se font souvent en montagnes russes, a rappelé l'ancien ailier du Canadien de Montréal avant un entraînement, lundi, à Candiac. Nous avancions depuis quelques jours, mais à un certain point, tu ne veux plus rien céder. On pourrait croire qu'il n'y a plus rien qui marche, mais moi, je reste optimiste.»

«Je crois encore à une solution à relativement court terme», a-t-il ajouté.

Pas un si grand écart

En conférence de presse à Toronto, Steve Fehr, le frère de Donald, a rappelé les trois points cruciaux à l'enjeu : le partage des revenus, la structure des contrats des joueurs et la manière de répartir les dommages causés par le lock-out.

Depuis déjà plusieurs jours, les deux clans ont accepté le principe d'un partage des revenus à 50-50. Pour y arriver, les propriétaires devront trouver une façon ingénieuse de garantir à 100 % les contrats des joueurs en créant un montant intégral.

«À mon opinion, on n'est pas si loin pour le «make whole», a souligné Darche. Il y a un paquet de rumeurs voulant qu'il y ait toujours un énorme fossé, mais ce n'est pas vrai. La situation des contrats représente un enjeu plus sensible en ce moment. Les propriétaires ne veulent toujours pas plier sur leurs demandes.»

La faute de Bettman

Avant de sauter sur la glace à Candiac, Pacioretty a imité plusieurs de ses collègues en envoyant une flèche au commissaire de la LNH.

«Il y a un gros problème avec le lock-out et nous savons tous c'est quoi ou c'est qui», a lancé l'ailier du Tricolore avec un petit sourire en coin.

Gorges a également accusé les propriétaires de la LNH de ne pas négocier de bonne foi.

«On se retrouve comme des otages, il n'y a pas moyen de négocier avec la LNH, a affirmé le défenseur. Ils nous présentent toujours des offres à prendre ou à laisser. Ils sortent de la table quand nous voulons débattre des points importants.»

«Nous avions le sentiment qu'ils voulaient enfin négocier la semaine dernière, mais nous avons encore une fois frappé un mur. Étrangement, je crois que nous avons arrêté nos progrès au retour d'un propriétaire influent.»

Gorges n'a pas voulu le nommer, mais il faisait référence à Jeremy Jacobs, des Bruins de Boston. Absent pendant les premiers jours, Jacobs a fait son entrée à la table des négociations, vendredi, le jour où la situation s'est envenimée.

Attendre encore

Tout comme Gorges, Gionta a le sentiment que les propriétaires ont volontairement freiné les négociations.

«Chaque fois qu'il y a du progrès, ils décident de reculer un peu, a précisé le capitaine du Tricolore. C'est malheureux, mais nous devrons possiblement attendre la date que Gary a en tête.»

Cole, qui a prédit à deux reprises l'annulation de la saison, a encore regardé en cette direction.

«Je le dis encore, mais je ne serais pas surpris s'ils décidaient de faire un X sur une autre saison. C'était bien de revenir à la table des négociations la semaine dernière, mais quand tu vois qu'à la fin de la semaine, on se retrouve dans la même situation qu'à la fin du mois d'octobre, c'est décevant.

«Nous devons garder comme réalité que nous jouerons uniquement si les propriétaires le décident.»


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