Pendant que la Ligue nationale de hockey (LNH) entamera sa quatrième semaine d'inactivité en raison du lock-out qui y sévit, une question demeure sur toutes les lèvres : qui mettra de l'eau dans son vin en premier?
Bien que le commissaire de la ligue, Gary Bettman, soutienne qu'il a toujours l'appui des 30 équipes du circuit durant cette bataille contre l'Association des joueurs (AJLNH), peu d'observateurs sont convaincus qu'il gardera cette dure ligne de conduite, alors que les deux premières semaines du calendrier régulier ont été annulées.
Bettman et son adjoint Bill Daly se sont présentés dans les bureaux de l'AJLNH vendredi afin de participer à une rencontre privée en compagnie du représentant des joueurs, Donald Fehr, et de son frère Steve, qui agit à titre de conseiller spécial dans les négociations.
Plusieurs croient que ce ne sont pas tous les gouverneurs de la LNH qui sont heureux de voir un troisième conflit en 20 ans éclater au sein de la ligue avec Bettman aux commandes. Celui-ci commencerait à sentir la pression afin de trouver rapidement une solution.
«Selon moi, 10 clubs sont très nerveux présentement, a indiqué une source proche du circuit. Mais [Bettman] jouit de tout le pouvoir du comité exécutif.»
Qui a les rênes?
Le défenseur des Sharks de San Jose Dan Boyle a dit à CBS vendredi qu'un petit groupe avait les guides du gouvernail.
«Pour moi, ça n'a pas de sens que huit formations puissent contrôler la destinée des 22 autres. Quand les joueurs font des commentaires, la plupart du temps, c'est dirigé vers les 30 propriétaires, mais plusieurs d'entre nous croient que ce n'est pas toujours le cas. Un certain nombre d'équipes prennent le contrôle pour les 30.»
Peu de gens sont en désaccord avec la théorie de Doyle.
Des pertes importantes
Les propriétaires de la LNH vont maintenant subir des pertes réelles. Tout d'abord, l'annulation des matchs présaisons a engendré un déficit de plus de 100 millions $. Ensuite, les 82 premières rencontres du calendrier régulier ont été rayées, privant les équipes et la ligue d'énormes revenus. Et ça ne s'arrêtera pas là.
Puisqu'il n'y a aucun signe laissant présager qu'une entente sera conclue bientôt, on peut donc déjà oublier le mois d'octobre, ce qui signifie que le montant de 3,3 milliards $ que la partie patronale et les joueurs tentent en vain de se partager diminuera rapidement.
Plus le conflit s'étire, plus on peut se demander comment la tête dirigeante des Rangers de New York, Jim Dolan - qui a déjà eu des démêlées avec la ligue - se sent dans toute cette bataille. Le Madison Square Garden, domicile des Blue Shirts, est une machine à imprimer de l'argent. Dolan peut donc dépenser à sa guise.
Un «uppercut» pour Geoff Molson
Quant à l'actionnaire principal du Canadien de Montréal, Geoff Molson, il est considéré comme étant patient. Le Centre Bell n'est pas occupé à temps plein et la bière ne coule pas à flot. Ses revenus seront en nette baisse en raison du lock-out. C'est un double coup, un «jab» suivi d'un «uppercut» pour la famille Molson.
De son côté, le propriétaire des Sabres de Buffalo, Terry Pegula, a assez d'argent pour gérer cette concession comme il l'entend. Ed Snider, des Flyers de Philadelphie, aime dépenser et il veut désespérément gagner la coupe Stanley. Le paysage a beaucoup changé à plusieurs endroits depuis le lock-out de 2004-2005.
Tout ça nous ramène à deux questions : quand cette bagarre se terminera-t-elle? Et où nous mènera-t-elle? Financièrement, les propriétaires atteindront un point de non-retour et il ne semble pas que cette fois la saison sera complètement perdue, car tout est en place pour qu'un accord soit conclu.
Notre source bien au fait de la situation soutient que Bettman a le support des principaux gouverneurs de la LNH et que ceux qui ne sont pas ravis demeurent silencieux.
«Les dissidents sont tranquilles et ils attendent de voir si Bettman peut se débarrasser de Fehr», a-t-il avancé.
Les opposants n'ont pas d'autre choix. Démontrer leur mécontentement pourrait leur coûter une amende de 1 million $ et la perte de sélections au repêchage.