Les membres de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey (AJLNH) sont reconnus pour leurs coups d'éclat, mais ils devront se surpasser devant les négociateurs du circuit s'ils désirent que des discussions sérieuses concernant la convention collection s'amorcent véritablement.
Bill Daly, bras droit du commissaire de la LNH Gary Bettman, a indiqué à l'Agence QMI lors d'une entrevue exclusive depuis New York, jeudi, que les négociations avec l'AJLNH seront au point mort jusqu'à ce que cette dernière soit prête à faire des compromis en déposant une nouvelle offre.
«Ils n'ont fait qu'une offre, a indiqué Daly. C'est comme si leur approche est : "[...] Jusqu'à ce que vous soyez prêts à accepter notre proposition, que nous pensons visionnaire, progressive et qui fera avancer le sport, nous ne serons pas prêts à négocier." Donc, à ce stade-ci, nous devons entrevoir leur engagement à négocier.»
Les discussions entre les deux parties ont cessé mardi à New York avec aucune autre session à l'agenda. La croyance est que le directeur de l'AJLNH, Donald Fehr, travaille sur une nouvelle offre, mais n'est pas encore prêt à la dévoiler.
Daly a affirmé, après avoir présenté une proposition le 12 septembre dernier, que la ligue ne ferait pas le prochain geste, puisque la LNH est inquiète de devoir négocier contre elle-même.
«Évidemment, tu dois être préoccupé par tout cela, a admis Daly. Tout ce que nous recherchons, c'est un signal qu'ils soient prêts à faire des compromis dans une entente équitable. En l'absence de ce signal, nous sommes en mode attente.»
Parlant quelques heures avant que la LNH n'annule officiellement le début de la saison régulière, jeudi, Daly a indiqué que les joueurs ne peuvent plus détenir 57% des revenus même si l'entreprise s'est élargie depuis 2005.
«Les clauses économiques (du contrat de travail) doivent être modifiées, a-t-il continué. Dans l'ensemble, nous sommes satisfaits du système mis en place avec la plus récente convention collective. Je pense qu'il a été bon pour le sport et pour les joueurs. Je pense qu'il peut continuer à être bon pour le sport, mais les clauses économiques ne sont pas à point et peuvent être ajustées.»
«Nous devons diminuer le pourcentage des revenus qui iront aux joueurs. Ça ne veut pas dire qu'ils toucheront moins d'argent, puisque si le sport est en santé et stable - d'une manière où ne continuons d'augmenter nos revenus -, les joueurs en profiteront dans la même veine des sept dernières années.»
Daly a toutefois refusé de révéler combien d'équipes perdent de l'argent à l'exception de dire que la LNH n'essaie pas de berner les gens.
«Je pourrais (quantifier les pertes). Je choisis de ne pas le faire pour plusieurs raisons, a souligné Daly. Je ne pense pas que ça profitera vraiment au débat. Ce ne sera que leur (l'AJLNH) interprétation des données financières contre la nôtre. Je ne pense pas que c'est constructif.
«Au final, si nous prenons une décision, ce que nous avons manifestement fait, qu'il est mieux de ne pas jouer jusqu'à ce que nous ayons trouvé un terrain d'entente, nous devrons avoir de bonnes raisons de prendre une telle décision.»
Daly a noté que le ton des négociations est «différent» de celui de 2004-2005 lorsque Bob Goodenow était à la tête de l'AJLNH. Plusieurs pensent que les deux parties doivent s'enfermer dans une pièce pour en venir à une entente, mais Daly n'est pas de cet avis.
«Je ne pense pas que c'est un manque d'engagement envers le processus de négociation, a commenté Daly. C'est une question de faire avancer le processus. Je ne pense pas que s'asseoir dans une pièce et se regarder l'un et l'autre en n'ayant rien d'important à se dire nous aide à faire avancer le processus.»
Daly croit toutefois que les deux parties peuvent combler cet écart qui les sépare.
«J'ai toujours eu le sentiment qu'il y a une entente à faire, mais jusqu'à maintenant, tout cela me prouve que j'ai été trop optimiste.»