Patrick Roy a vécu le conflit de travail ayant mené à l'annulation de la moitié des parties de la saison 1994-1995. Or, le grand manitou des Remparts de Québec croit que le lock-out ayant été décrété samedi, à minuit, ne sera pas aussi long.
«Je fais partie de ceux qui pensent que ça ne durera pas longtemps, c'est-à-dire au maximum un mois à un mois et demi. J'ai encore espoir qu'on puisse commencer la saison à temps », a-t-il confié, dimanche matin.
Roy s'explique mal que les deux parties aient été incapables de s'entendre avant l'heure de tombée.
«Je peux comprendre le jeu des négociations, mais ils ont eu tout l'été pour s'entendre. Je ne lance pas la pierre aux joueurs ni aux propriétaires, mais je trouve décevant pour les amateurs qu'on n'ait pas été capable de s'entendre dans des délais raisonnables.»
La Ligue nationale vit donc son troisième lock-out en 18 ans. Roy se questionne à savoir si le commissaire Gary Bettman, en poste depuis 1993, est l'homme de la situation.
«Ça fait quatre arrêts de travail que vit la LNH puisque, la première fois, ce sont les joueurs qui ont déclenché la grève (10 jours, avant les séries de 1992). Rendu là, tu commences à te poser des questions. La bonne formule existe-t-elle? Je trouve regrettable que nous ne puissions en venir à une entente. Combien de chances donnera-t-on à Gary Bettman, même si ce dernier a été très bon pour le hockey?», s'est questionné Roy en pensant au contrat de télévision négocié par Bettman et liant la LNH au réseau américain NBC.
Calibre rehaussé dans la LHJMQ
Le conflit de travail, puisque les joueurs seront privés de participations à des camps professionnels, rehaussera le calibre de jeu de la LHJMQ.
«Nous sommes bien contents, mais en même temps, nous aimons que nos joueurs vivent l'expérience des camps professionnels. Les gars jouent au hockey pour évoluer, un jour, dans la LNH. Des gars comme François Brassard, Ryan Culkin et Mikhaïl Grigorenko, pour ne nommer que ceux-là, auraient vécu des expériences exceptionnelles», a estimé Roy.
«En toute honnêteté, dans notre cas, nous nous attendions à ce que tout le monde revienne pour le début de la saison. Souvent, les gars reviennent des camps pros après une, parfois deux semaines. Cette année, toutes les équipes auront la chance d'amorcer la saison avec tous leurs éléments. Mais Dieu sait ce qui se passera lorsque les deux partis auront réglé leurs différends.»