BOISCHATEL - Les joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui ont participé au tournoi de golf annuel des Remparts de Québec, lundi au club Royal Québec, n'ont toujours pas de plan B au cas où le commissaire Gary Bettman décréterait un lock-out d'ici le 15 septembre.
«Le temps commence à filer et ça ne regarde pas très bien», a admis Simon Gagné, qui aimerait bien gagner pour la deuxième fois d'affilée la coupe Stanley avec les Kings de Los Angeles.
Gagné n'a pas digéré la dernière déclaration de Bettman. Ce dernier a mentionné que les joueurs gagnaient trop d'argent.
«Lui aussi en gagne pas mal à ce que je sache, a déclaré Gagné à propos du salaire de 8 millions $ de Bettman. Il gagne plus que certains joueurs qui sont très bien payés dans notre ligue.
«De plus, ce sont les directeurs généraux et les propriétaires qui donnent les gros salaires. Ce n'est pas Shea Weber qui a demandé un contrat de 14 ans, ce sont les Flyers [de Philadelphie] qui lui ont mis ça dans la face!»
Les joueurs se tiennent
Gagné aime l'attitude des joueurs. «Cette fois, les joueurs se tiennent et c'est tout le contraire de 2004-2005, a-t-il exprimé. Il y a beaucoup de joueurs qui assistent aux réunions et nous sommes informés quotidiennement de ce qui se passe.
«Du côté des propriétaires, on sent qu'il y a deux groupes, a-t-il ajouté. Il y a les petits marchés qui ont de la difficulté à survivre et il y a les autres qui se dépêchent à faire signer les joueurs à long terme avant que la nouvelle convention ne soit signée.»
Gagné, comme tous les hockeyeurs rencontrés sur place, n'a pas de plan B pour l'instant.
«On n'a pas entendu parler de quoi que ce soit pour l'instant, mais en 2004-2005, il y avait une caravane [à travers le Québec]. On verra bien.»
Difficile à comprendre
La position de la LNH est difficile à comprendre. «Chaque année, les revenus montent et on voit que le hockey est en santé; alors, c'est difficile de comprendre leur position, a commenté le porte-couleurs des Bruins de Boston Patrice Bergeron. On pense que notre proposition devrait être regardée attentivement.»
«Les revenus montent, mais nos salaires devraient baisser; alors, il y a un comptable quelque part qui n'est pas de notre bord, a ironisé le défenseur des Sharks de San Jose Marc-Édouard Vlasic.
«Nos salaires ont baissé de 24 % en 2005 et ça n'a pas fonctionné. Alors, on n'acceptera pas une deuxième baisse de salaire de 24 %. On veut jouer, on a fait des concessions, mais on veut une bonne entente.»
Équipes en santé
«La ligne dure de Bettman nous surprend, mais comme n'importe quelle négociation, ça peut se régler à la dernière minute, a indiqué l'ailier des Flames de Calgary Alex Tanguay. Toutefois, j'ai hâte que Donald Fehr présente aux médias notre proposition. On veut que les petits marchés survivent et le partage des revenus ne doit pas venir uniquement des joueurs, mais des propriétaires, aussi.
«C'est ce qui se passe dans les autres sports majeurs et c'est ce qui permet aux Jaguars de Jacksonville de rivaliser avec les Giants de New York, ou aux Padres de San Diego de faire de même avec les Yankees de New York. On veut que Columbus soit sur le même pied que Toronto dans la LNH.
«Quand j'entends Gary Bettman dire que les salaires ont augmenté de 40 %, mais que les revenus ont aussi augmenté de 40 %, c'est quoi le problème?»