LOS ANGELES – Steve Bernier était assis dans le vestiaire des Devils du New Jersey et il a pu entendre les célébrations à la suite du premier but des Kings de Los Angeles, lundi soir.
Puis un autre... et un autre.
«J'étais très, très seul», a dit le Québécois, qui a écouté les partisans des Kings exploser de joie lorsque leur équipe a inscrit trois buts au cours de la pénalité majeure pour avoir donné de la bande imposée à Bernier. C'était à mi-chemin en première période. Le match s'est finalement terminé 6-1 en faveur des locaux.
Bernier a été expulsé de la rencontre et il s'est assis, seul, dans le vestiaire des siens pour le reste de la première période.
«C'était déjà assez difficile d'écoper d'une pénalité, mais d'entendre ça et de savoir qu'ils avaient marqué trois buts, alors que c'est ma pénalité, c'est très, très difficile.»
Bernier a été puni pour avoir envoyé le défenseur des Kings Rob Scuderi contre la bande.
«Je pense que ça méritait peut-être deux minutes. Cinq minutes, c'est beaucoup, a indiqué Bernier. [Scuderi] est revenu plus tard au cours du match. Je ne sais pas quoi dire. Tu essaies et tu termines tes mises en échec. Il savait que je m'en venais.»
Bernier a dit que ses coéquipiers l'ont consolé lorsqu'ils l'ont rejoint dans le vestiaire.
«Tout le monde est venu me voir. Ce sont des choses qui arrivent. Je ne suis pas le genre de joueur qui veut faire mal à son équipe. Je veux l'aider. Nous avons eu beaucoup de choses qui ont tourné en notre faveur, mais de terminer sur cette note n'est pas plaisant. Il n'y a rien que nous puissions faire maintenant. C'est exactement comme ça que je vais jouer. Je veux terminer mes mises en échec, continuer à aller de l'avant. J'étais déjà sur mon élan. C'est difficile d'arrêter quand tu vas aussi vite. Je me sens mal, c'est certain.
«Il y a beaucoup de joueurs qui sont venus me voir pour me dire que c'était correct. Ils se sont tous retrouvés dans une situation comme celle-là auparavant. Ils savent que je ne voulais pas nuire à l'équipe. Je me sens mieux, mais je me sens encore très mal.»
Ses coéquipiers le défendent
Bernier a pu compter sur l'appui de ses coéquipiers.
«C'en est une difficile. Ce n'est pas de la faute à personne. Il a voulu donner une bonne mise en échec, a affirmé l'ailier David Clarkson. On ne montrera personne du doigt. Je ne pense pas que c'était un si mauvais jeu.»
«C'est une situation malheureuse pour un joueur qui joue de façon intense. Il devra vivre avec ça et je ne pense pas que ce soit juste, a dit le vétéran gardien Martin Brodeur. C'est ce qui arrive quand une personne a le destin d'un match de hockey entre les mains.»
Brodeur a ajouté qu'il était heureux de la saison des Devils, en général, même s'ils ont manqué de souffle à la toute fin.
«Je suis très fier de ce que nous avons accompli. Pas seulement en saison, mais durant toutes les séries. Nous avons éliminé deux de nos plus grands rivaux, les Flyers [Philadelphie] et les Rangers [New York], et nous sommes revenus de l'arrière en finale. C'est sans aucun doute décevant de ne pas être allés jusqu'au bout, mais ç'a été une belle saison pour les Devils», a-t-il souligné.
Âgé de 40 ans, le Québécois ne prévoit pas prendre sa retraite.
«Je ne pense pas. Ce parcours en saison et en séries a répondu à plusieurs questions - à savoir où en était mon jeu - et je serais très heureux que ça se poursuive.»
Il a mentionné que le gardien des Kings Jonathan Quick lui avait dit lors de la traditionnelle poignée de main qu'il espérait que Brodeur reste encore un peu.
«Il voulait juste s'assurer que je ne prenne pas ma retraite. J'imagine qu'il aime me battre», a conclu Brodeur, qui a su garder le sourire malgré la défaite.