Les hommes forts insufflent un sentiment de sécurité à leurs coéquipiers, au sein d’une équipe de hockey. Mais, dans la vie de tous les jours, leur entourage devrait songer à retourner l'ascenseur à ces «policiers» du hockey.
De toute évidence, les décès cet été de trois joueurs de la LNH qui excellaient dans leur domaine plutôt taxant, le plus récent étant Wade Belak, qui s’est enlevé la vie, mercredi, devraient susciter des réflexions.
«Ces gars jouaient un rôle très difficile, mais les choses changent et leurs services ne sont plus requis, a noté Paul Dennis, un psychologue sportif de l’Université York et ancien employé des Maple Leafs de Toronto. Nous devons les supporter comme eux l’ont fait un jour dans le rôle qu'ils étaient appelés à jouer dans le monde du hockey.
«Nous parlons beaucoup de résilience après une défaite, chaque entraîneur motivant ses joueurs à revenir plus fort le lendemain d’un revers. Mais, nous devons prôner la résilience sociale également.
«La culture du sport, la bravoure, c’est bien. Mais parfois, cette culture garde bien des choses en dedans. Cela doit changer. Je ne condamne pas les gens pour ne pas s’impliquer auprès de ces joueurs. Lorsque Wade jouait, il était très ouvert quant à son optimisme, mais les événements de mercredi prouvent que nous avons tous nos démons. Nous ne savons pas ce que sont ces démons si les gens ne nous en parlent pas. Je crois que le moment est venu de mettre en lumière ces stress.»
La mort de Belak, père de deux jeunes filles, survient après celle de Derek Boogaard, en mai et celle de Rick Rypien, en août.
«Un homme n’est plus. Mais espérons qu’avec ce décès nous apprendrons quelque chose qui pourra aider les autres joueurs, a ajouté Dennis. Il est à souhaiter que davantage d’athlètes puissent sortir de l’ombre et parler de ce qui les trouble pour que cette question ne retourne plus en arrière-plan.»
Dennis a côtoyé Belak régulièrement au cours de ses sept années passées avec les Maple Leafs de Toronto.
«Il remontait le moral de tout le monde, a rappelé Dennis. Les joueurs étaient naturellement attirés vers lui. Il n’a jamais eu la chance de contribuer énormément sur la feuille de pointage, mais il a toujours su garder une vue d’ensemble. Il ne s’est jamais considéré exceptionnel parce qu’il portait les couleurs d'une équipe réputée comme les Leafs. Tout ça est dévastateur.»