CHICAGO - Le gardien Cristobal
Huet vit cette situation difficile du gars
faisant partie d’une aventure enivrante,
mais des lignes de côté, sans être impliqué
à fond.
«Je transpire à grosses gouttes, je me
tiens prêt», disait-il hier en revenant de
l’entraînement matinal, trempé à lavette.
Cristobal tente de demeurer positif
même s’il n’a pas commencé un seul
match depuis le 25 mars.
Ce soir-là, les Blackhawks s’étaient
fait varloper 8 à 3 par les Blue Jackets à
Columbus et il avait accordé sept buts.
L’entraîneur Joel Quenneville avait
rejeté le blâme sur tous les joueurs pour
cette déconfiture, comme le font habituellement
les hommes de hockey en pareilles
circonstances.
Mais le fait est que Huet n’a pas commencé
un match depuis ce temps. Le
Français avait pourtant débuté l’année
comme gardien numéro un, mais plus la
saison avançait, moins Quenneville lui
faisait confiance.
«Ce n’est jamais agréable d’être sur le
banc, on veut toujours jouer, dit Huet.
Mais on a la chance d’aller jusqu’au bout,
je demeure excité de faire partie de l’équipe.»
Toute la ville de Chicago vibre au
rythme des Blackhawks. Mais Huet en a
vu d’autres en termes de passion…
«C’est dur de battre Montréal, quand
même, dit-il. Dans les séries, c’est une
ville électrique. Et ce le fut aussi cette
année, j’ai suivi ce qui se passait. Mais
pour une ville comme Chicago, avec cinq
sports majeurs, les gens sont très excités
pour le hockey.»
Deux autres années à son contrat
Il reste encore deux années à son
contrat de 22 millions $ répartis sur
quatre ans. «On verra ce qui va se passer
cet été, ce n’est pas encore le moment
de parler de ça», dit Huet.
Cette saison, les Blackhawks ont trouvé
un numéro un en Antti Niemi, ce Finlandais
sorti de nulle part qui conduisait
une Zamboni dans son pays natal, il y a
deux ans à peine, pour arrondir ses fins
de mois. Le gardien de 26 ans s’est forgé
une fiche de 26-7-4 en saison régulière et
poursuit son excellent travail en séries.
La masse salariale des Blackhawks
est en danger d’exploser la saison prochaine
; la direction aura toutes les misères
du monde à garder intact le groupe
actuel, maintenant que Jonathan Toews,
Patrick Kane et Duncan Keith ont tous
obtenu de lucratives prolongations de
contrat.
Les Blackhawks ne sont pas à l’abri
d’une situation à la Lightning, qui ont
gardé leurs supervedettes Vincent Lecavalier
et Martin Saint-Louis au terme de
la conquête de la coupe Stanley en 2004.
Mais en ont payé le prix en profondeur.
Dans le contexte, les Blackhawks tenteront
sûrement de refiler le contrat de
Huet à un club en manque de gardiens
pour se dégager une marge de manoeuvre
sous le plafond salarial.