Le mot d'ordre est donné: pas question de prendre les Maple Leafs à la légère, surtout après la belle prestation des Torontois depuis le retour de la pause olympique.
«Leurs jeunes joueurs tentent de s'établir en fonction de l'an prochain, dit Jacques Martin. Et ils nous ont donné une très bonne opposition cette saison. C'est un club enthousiaste qui pratique un bon échec-avant. Ils ont de la fierté.»
Les joueurs du Canadien feraient mieux d'avoir frais en mémoire leur récent match face à la pire équipe du circuit, les Oilers. Ils l'avaient emporté de peine et de misère malgré les recommandations d'usage à la veille de ces affrontements contre des clubs moins forts: ne jamais les sous-estimer.
«C'était le match où l'on a joué le plus mollement depuis le retour de la pause olympique, dit Martin. On avait connu des relâchements au cours de cette rencontre. Contre les Leafs, on doit amener un niveau d'intensité et de concentration comme lors de nos deux derniers matchs où on a démontré un très grand engagement sans la rondelle.»
Le défenseur Josh Gorges, lui, ne semblait pas avoir de la difficulté à se motiver.
«Peu importe la position au classement, un match entre Toronto et Montréal donne toujours lieu à des batailles féroces, dit-il. Je m'attends encore à un match très difficile.»
Un match émotif
«On a besoin de matchs comme ça avant d'entrer dans les séries, ajoute Maxim Lapierre. Ce sera un autre match émotif.»
Avec l'occasion, peut-être, de grimper encore au classement. En l'emportant jeudi, les Flyers ont devancé le Canadien. Mais une victoire à Toronto, jumelée à des défaites des Sénateurs et des Flyers, ferait passer le Tricolore au cinquième rang.
«On veut monter le plus possible, dit Brian Gionta. Mais ce sera assez difficile d'obtenir l'avantage de la glace. Notre but est certainement de se rapprocher le plus de la tête. L'important, c'est d'entrer dans les séries en jouant de l'excellent hockey.»
Dernière recommandation du prof Martin.
«Tu peux compter sur les doigts d'une seule main les matchs qui sont vraiment faciles au cours d'une saison.»
Oui, les Leafs sont tout à fait capables de causer la surprise contre leurs ennemis de toujours.
Émile Butch Bouchard en visite
Il y avait de la bien belle visite au centre d'entraînement de Brossard, hier. Accompagné de son fils Jean, Émile «Butch» Bouchard, 90 ans, a fait le tour des installations de son ancienne équipe.
Celui qui a vu son chandail numéro trois retiré le 4 décembre dernier au cours d'une soirée empreinte d'émotion au Centre Bell a été impressionné par le centre d'entraînement.
En voyant les douches, il n'a pu s'empêcher de faire remarquer qu'à son époque (il a joué de 1941 à 1956), il n'y en avait qu'une seule pour tous les joueurs.
«C'était un honneur de le voir dans notre chambre, a confié Maxim Lapierre. On voyait encore la passion dans ses yeux quand il regardait sa photo dans le vestiaire. Cela m'a donné des papillons dans l'estomac.»
«On a énormément de respect pour les anciens comme M. Bouchard, ajoute-t-il. Ces joueurs-là nous ont ouvert les portes. C'est grâce à eux si l'équipe est aujourd'hui si prestigieuse.»
Pyatt a saisi sa chance
Le retour prochain de Mike Cammalleri et Marc-André Bergeron laissera peu de place pour l'attaquant Tom Pyatt. Celui-ci a fait sa marque ces derniers temps en compagnie de Tomas Plekanec et d'Andreï Kostitsyn.
«Il a saisi l'opportunité, dit Jacques Martin. Il était venu plus tôt dans la saison et n'avait pas fait la même contribution à ce moment. Il peut maintenant jouer un rôle important grâce à sa bonne compréhension du jeu. Il est aussi prêt à payer le prix. Contre Boston, par exemple, il a encaissé des mises en échec de Zdeno Chara afin de sortir la rondelle de la zone.»
Hamrlik emballé
Le défenseur Roman Hamrlik, toujours l'un des meneurs du circuit (17e) pour les lancers bloqués avec 137, a adoré l'ambiance autour de l'équipe depuis le retour de la pause olympique.
«C'est un temps excitant de l'année», dit-il. Hamrlik fêtera son 36e anniversaire (12 avril) au début des séries et confie que les longues saisons sont exigeantes.
«En vieillissant, c'est plus difficile. Tu dois travailler plus sur la patinoire et être très discipliné. C'est important, par exemple, de raccourcir ses présences sur la glace. Mais j'aime toujours jouer plusieurs minutes dans un match. Jaroslav Spacek et moi, nous nous entendons très bien. D'ailleurs, n'importe laquelle de nos paires de défenseurs affronte maintenant les gros trios adverses et fait du bon travail. Pour ce qui est de l'équipe, notre chimie est meilleure. On joue bien ensemble et notre gardien fait de l'excellent boulot devant le filet.»