- Alain Rochefort
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Nordiques: il faut agir maintenant

LNH à Québec - Nordiques: il faut agir maintenant

Le maire de Québec, Régis Labeaume, exhibe fièrement un chandail de l'ancienne franchise de la LNH.© Agence QMI/Jean-François Desgagnés

- Alain Rochefort

Dernière mise à jour: 13-10-2009 | 10h56

Conditionnellement à l’érection d’un nouvel amphithéâtre, Québec serait aisément un marché viable dans la LNH d'aujourd'hui, estiment deux experts en marketing sportif.

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«Le train est à la gare là, il faut le prendre pis vite», soutient Luc Dupont, professeur en communication à l'Univer­sité d'Ottawa, spécialisé en publicité et marketing. Pour lui, un homme d'affaires bien nanti devrait profiter de la crise économique qui touche durement les États-Unis pour acheter une concession et la déménager à Québec aussi tôt que possible.

«Tout est une question d'offre et de demande. Présen­tement, il y a une dizaine d'équipes en difficulté, mais peu d'acheteurs, ajoute-t-il. Je pense donc que des propriétaires, pris à la gorge et tannés de perdre de l'argent, sont disposés actuellement à vendre leur franchise pour 100-150 millions.

«Oubliez les 500 millions pour le Canadien, ça n'a absolument rien à voir. C'est sûr qu'il y a des concessions disponibles. C'est le temps d'acheter maintenant. Pas en 2015, il sera trop tard», insiste-t-il.

Nombreux sont ceux qui croient qu'un amphithéâtre multifonctionnel, un projet évalué à 400 M$ vu la mise en place, également, d’une piste de patinage de vitesse, ne pourrait être opérationnel avant cinq ou six ans, une pensée que Luc Dupont ne partage pas du tout.

«Ailleurs, il s'est construit des amphithéâtres du même genre en deux ans. Et pour une ou deux saisons, le Colisée (Pepsi) peut dépanner. C'est ce qu'ils ont fait à Calgary et Ottawa».

Viabilité

Professeur agrégé en marketing sportif à l'Université Laval, André Richelieu croit également à la viabilité d'une concession de la LNH à Québec, à condition toutefois que ses administrateurs fassent preuve d'originalité. «D’abord, ça prend un propriétaire qui a les reins solides, car une équipe de la LNH ne peut être rentable avant cinq ans».

«Sur le plan marketing, il faudrait aller chercher les moins de 20 ans qui ont grandi en écoutant le Canadien...du Québec. Moi, je les attirerais en publicisant d’abord la venue des Crosby, Ovechkin et autres vedettes de la ligue. Ensuite, les jeunes développeraient graduellement un sentiment d'appartenance envers l'équipe (de Québec)».

Autre élément à considérer, le coût exorbitant d'un match de la LNH. À Montréal, il en coûte généralement quelques centaines de dollars à un parent désireux d'amener sa petite famille à une soirée du Canadien. Réussirait-on à remplir l'hypothétique amphithéâtre de 18 000 sièges 41 fois par année selon des coûts similaires à ceux fixés à Montréal?

«C'est sûr que le bassin de population est plus petit à Québec qu'à Montréal, répond M. Richelieu. Il y a donc moins de personnes fortunées ici. Les premières années, il y aurait un engouement tel que les gens feraient des sacrifices. Mais à long terme, il serait très important d'être compétitif sur la patinoire.

«Quand le Canadien serait en ville, il n'y aurait aucun problème, mais ce serait différent contre les Thrashers, image-t-il. C'est pour ça qu'il faudrait penser à des sortes de «package deal».

Plancher salarial

M. Richelieu est convaincu que l'équipe de Québec pourrait survivre avec une masse salariale oscillant entre les 40 (plancher salarial) et les 55 millions (plafond) requis, si les conditions qu’il a énumérées étaient respectées. Sans oublier tous les à côtés...

«Ça aurait des répercussions socio-économiques majeures. Même si elle est de taille moyenne, Québec serait dans la cour des grands lorsqu'il s'agirait d'organiser des événements et spectacles», conclut-il.



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