David Branch dans le collimateur de Patrick Roy

LHJMQ

Patrick Roy  © Agence QMI - Éric Bolté

Gilles Moffet

QUÉBEC - La grosse histoire du camp d’entraînement des Remparts de Québec a été celle de l’attaquant ontarien Matthew Peca.

Le directeur général de l’équipe, Patrick Roy, en veut au commissaire de la Ligue junior de l’Ontario (OHL) et de la Ligue canadienne (LCH), David Branch, qu’il accuse d’être en conflit d’intérêt.

Roy est insatisfait de la façon dont le dossier Peca a été traité en Ontario. Par conséquent, le patineur a préféré prendre le chemin de la NCAA et de l’Université Quinnipiac plutôt que d’évoluer dans la OHL. Il aurait toutefois accepté de jouer à Québec, mais une prétendue réclamation au ballotage à la dernière minute par une mystérieuse équipe suivie d’une récupération des droits pas les Rangers de Kitchener a saboté les plans des Remparts et de la famille Peca.

A-t-il vraiment été réclamé ? Roy a qualifié de «torchon» le document reçu en guise de preuve.

«Nous n’avons toujours pas de réponse à nos questions et on regarde toutes les possibilités», a-t-il confié.

«Si Branch nous avait donné les réponses, on aurait arrêté, mais ce ne fut pas le cas, a grogné Roy. Si on ne nous donne pas les réponses, c’est qu’on tente de cacher quelque chose et c’est notre travail de découvrir la vérité et de se faire dire les vraies choses.»

Le cas Lewis

Ce n’est pas la première fois que Branch est accusé de partialité dans un dossier inter-ligue. Roy a évoqué un dossier remontant à 2006 ayant impliqué le joueur américain Trevor Lewis, qui porte maintenant les couleurs des Kings de Los Angeles dans la LNH.

Natif de Salt Lake City et choix de première ronde des Kings, Lewis avait été le champion marqueur de la USHL avec les Buccaneers de Des Moines en 2005-2006.

Salt Lake City est un territoire appartenant à la Ligue de l’Ouest (WHL) et ce sont les Chiefs de Spokane qui détenaient les droits sur Lewis dans ce circuit. Cependant, l’Attack d’Owen Sound, de la OHL, avait offert un contrat à Lewis qui n’a été annoncé que le 21 juillet 2006. Il était pourtant sur la liste de protection des Chiefs.

L’imbroglio s’est terminé à la faveur d’Owen Sound et de la OHL. Le directeur général des Chiefs, Tim Speltz, n’avait pas mâché ses mots à l’endroit de Branch à l’époque. Dégoûté, il l’avait accusé d’avoir failli à sa tâche de commissaire de la LCH et de ne pas avoir défendu les intérêts de la WHL.

Speltz, tout comme Roy présentement, a dit avoir été mal informé par Branch et sa ligue.

«Ce dossier de Trevor Lewis me chicote et on va l’amener sur la table, a déclaré Roy avant de se prendre le départ du tournoi de golf annuel des Remparts au Club Royal-Québec, lundi.

«Je me pose de sérieuses questions. Quelqu'un peut-il adéquatement représenter la LCH et sa propre ligue et être capable d’être neutre? Je ne suis pas sûr que ce soit faisable. Il y a un conflit d’intérêt à ce niveau et je suis surpris qu’on tolère ça. Je vais commencer à le véhiculer haut et fort à travers l’Ontario et l’Ouest. Les trois ligues doivent avoir la conviction qu’ils reçoivent la même reconnaissance que les autres.»

L’exemple des droits territoriaux

Patrick Roy a rappelé une discussion qu’il avait entretenue avec Branch au sujet des territoires pour les joueurs américains.

«C’est un bel exemple. L’Ontario a accès à beaucoup plus de joueurs que nous et Branch l’a reconnu, mais il m’a dit que ce serait un long processus de tout changer ça. Voyons donc! S’il est le commissaire de la OHL, il va se faire critiquer dans sa propre ligue. Ça veut donc dire qu’il n’est pas capable de servir les intérêts des trois ligues de façon équitable.»

Cette histoire est loin d’être terminée. «D’après moi, nous allons avoir des alliés dans la WHL si on pousse ce dossier, a estimé Roy. Peut-être que Matthew Peca ne viendra jamais à Québec, mais nous on va aller au fond de cette histoire. En tant qu’organisation, on ne peut accepter un torchon que n’importe qui peut inventer sur le coin d’une table.»


Vidéos

Photos