Jean-François Chaumont
Agence QMI

Un changement nécessaire aux yeux de Bergevin

Jean-François Chaumont

BROSSARD - Marc Bergevin n'avait jamais eu à congédier son entraîneur-chef. À sa cinquième saison dans le siège de directeur général du Canadien de Montréal, il a opté pour cette stratégie. À ses yeux, le CH avait besoin d'un changement et ça passait par le départ de Michel Therrien et l'embauche de Claude Julien.

Bergevin réfléchissait à ce coup de barre depuis déjà quelques jours. Il n'a pas eu une illumination le matin du 7 février dernier quand Don Sweeney a indiqué la porte de sortie à Julien.

«Non, il n'y a pas une cloche qui a sonné dans mon esprit avec le congédiement de Claude», a affirmé le DG du Tricolore lors d'une longue conférence de presse, mercredi, au lendemain de cette annonce ayant secoué l'univers hockey.

Mais la présence sur le marché de l'un des entraîneurs les plus respectés a certainement conforté le choix de Bergevin d'y aller de l'avant avec son plan.

«J'ai été clair et je vais l'être encore : ce n'est pas à propos de moi, mais bien de l'équipe, a résumé Bergevin. J'ai senti que l'équipe avait besoin d'un changement. C'est là que j'ai pris ma décision. Ç'a adonné que Claude était disponible. Si Claude n'avait pas été là, il y avait une décision à prendre pour l'équipe. Pour moi, le synchronisme était idéal pour prendre cette décision.»

«On ne jouait tout simplement pas notre jeu, on n'était pas la même équipe qu'auparavant dans la saison, a-t-il continué. Il manquait quelque chose. Selon moi, les performances ont démontré qu'il y avait quelque chose qui clochait.»

Le bon candidat

Bergevin avait établi une liste de candidats potentiels pour succéder à Therrien. Le nom de Julien s'est rapidement retrouvé au sommet.

«Claude a un "curriculum vitae" incroyable, a-t-il dit. Il est un homme intègre, il a déjà été ici à Montréal comme entraîneur de première saison. Depuis son départ, il a gagné une Coupe Stanley et il a passé 10 ans à Boston. Il a appris beaucoup. Montréal est un marché difficile, mais il sera mieux armé pour son deuxième séjour. C'était aussi le cas pour Michel à son deuxième passage. Pour les 24 dernières rencontres de la saison, Claude est l'homme de la situation, mais il l'est aussi pour la vision à long terme. Il remplit les deux choses importantes à mes yeux, la stabilité et le court terme. C'est comme un coup de circuit.»

«Claude amène de la crédibilité et de l'expérience, a-t-il poursuivi. C'est un gagnant et un gars très respecté. Patrice Bergeron qui, à mes yeux est un véritable "gentleman", a eu de bons mots pour lui récemment. Je crois que ça dit tout sur lui.»

Bergevin n'a jamais rencontré Julien en personne. Il a négocié son entente pour la fin de la présente saison et cinq autres années au téléphone.

«Nous étions limités dans le temps, donc il n'y a pas eu d'entrevue formelle, a-t-il expliqué. On a eu une petite discussion, mais à la fin de la journée, c'était l'homme de la situation. J'avais fait mon travail avant. J'ai passé un peu de temps avec Claude à la Coupe du monde. Je sais que ça sonne un peu fou, mais je me base beaucoup sur mes instincts, j'ai ressenti une bonne vibration dès ma première rencontre avec Claude. Tu as parfois besoin de 30 secondes pour bien te sentir avec une personne.»

Un collègue a demandé au DG du Canadien s'il venait d'acquérir un bon entraîneur, un entraîneur étoile ou une superstar?

«Selon sa feuille de route, c'est une superstar, a-t-il répliqué avec le sourire. C'est un excellent entraîneur. Sa fiche parle d'elle-même.»

Pas l'histoire d'un seul joueur

Bergevin a été assez catégorique : le départ de Therrien n'est pas lié à Carey Price ou à l'abandon de certains vétérans.

«Tu ne prends pas une décision pour un, deux ou trois joueurs, tu le fais pour l'équipe. Selon mon opinion, je voyais qu'il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas dans les performances récentes de l'équipe. Alors j'ai pris une décision.»

«Les performances de Carey Price ne me préoccupent pas. A-t-il connu des difficultés? Oui. Carey est un gagnant. Je ne vois pas de problème dans son cas. Je m'attends à plus de lui. Est-ce de sa faute si on est ici aujourd'hui? Non. C'est l'équipe que je sentais qui ne performait pas au niveau espéré. Carey, c'est un gagnant. Un gars qui a connu du succès. Je n'ai aucun doute qu'il va revenir au niveau où il était, il n'y a pas si longtemps.»

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