Jean-François Chaumont
Agence QMI

Une tempête à calmer

Jean-François Chaumont

LAVAL - Un gros mot. Un regard perçant. Un défenseur étoile et un capitaine. Les ingrédients étaient réunis pour créer une vilaine potion.

P.K. Subban et Max Pacioretty ont écrit la plus récente scène de discorde dans le vestiaire du Canadien de Montréal après le revers de 3-1 contre les Penguins de Pittsburgh. Deux jours après cet incident, le CH inaugurait par un froid sibérien sa septième patinoire extérieure au parc Émile à Laval.

À sa sortie d'un très court entraînement, Pacioretty a voulu détourner les réflecteurs de cet incident avec son coéquipier avant de rentrer dans l'autobus de l'équipe pour se réchauffer et retourner au quartier général de l'équipe à Brossard.

«Aujourd'hui, c'est une journée pour parler d'une bonne cause et ça serait dommage de gâcher ça en parlant d'une non-histoire, a affirmé Pacioretty. J'aime mieux parler d'autre chose, il n'y a pas d'histoire ici et il n'y a pas de raison d'en parler.»

Questionné à savoir s'il y a plus de tension au sein de l'équipe qu'en début de saison, l'Américain a offert une réponse assez glaciale, ce qui cadrait parfaitement avec la température.

«Non, pas du tout», a répliqué le numéro 67.

Peu de temps après, Pacioretty a retrouvé ses sens et il a parlé comme un capitaine.

«Ce n'est pas parfait en ce moment, mais ça va mieux, a-t-il expliqué. On a gagné quelques matchs dernièrement. Au dernier match, ce n'était pas suffisant. Mais, on doit trouver une façon d'aligner des victoires. Au dernier match, on a bien joué après la première période, mais la première n'était pas suffisante. Si on joue 60 minutes, on va plus souvent gagner que perdre.»

Un appel de ses parents

Subban a offert ses excuses pour l'utilisation d'un mot commençant en anglais par la lettre F et se terminant par un K. Quelques minutes après le revers contre la bande à Sidney Crosby et Evgeni Malkin, l'Ontarien avait dit qu'il se sacrait éperdument d'avoir marqué son deuxième but de la saison.

«Personnellement, après le match, j'étais frustré, a raconté Subban. Les questions personnelles sur les statistiques, c'est la dernière chose que je veux entendre après une défaite. Ça m'importe peu si je marque ou non. L'important, c'est l'équipe. C'est l'attitude que l‘on veut avoir en tant qu'équipe.»

«J'ai parlé, je me suis mis dans l'embarras, mes parents n'étaient pas très contents de moi, donc j'ai eu une petite tape sur les doigts, a-t-il poursuivi. Parfois c'est ainsi, c'est de la frustration. En général, je me contrôle bien. Je n'ai toutefois pas de regrets puisque je suis une personne émotive. Mais, j'espère que les jeunes n'ont pas entendu mon mauvais langage.»

Signe d'une frustration et d'une impatience de plus en plus grande, Subban était le deuxième joueur à sortir le mot débutant par la lettre F en moins d'un mois. Après la défaite de 6-2 contre les Stars à Dallas, Pacioretty avait aussi sacré devant les journalistes.

La victoire avant tout

Subban a également fait sursauter plusieurs milliers de partisans quand il a déclaré qu'il n'était pas payé pour marquer des buts. Il a corrigé le tir 48 heures plus tard.

«Collectivement, on partage ce rôle, a-t-il rappelé. Ce n'est pas basé sur Max, Pleky, Chuckie (Galchenyuk) ou un autre joueur en particulier. En tant que groupe, c'est notre travail de générer de l'attaque. Personnellement, ça m'importe peu de marquer le but ou de le préparer. Mais les gens vont toujours nous regarder de près, vont analyser les chiffres et c'est normal, je suis le joueur le mieux payé de l'équipe et un des mieux payés de la ligue. Je n'ai aucun problème avec ça.»

«Mais les gens doivent savoir que tout ce qui me préoccupe, c'est de gagner, a-t-il continué. Si on gagne 4-0 et que je n'ai pas de point, c'est parfait, j'apprécie ma soirée. Mais après un match, je suis à chaud.»


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