Si la rivalité entre le Canadien
et les Bruins donne souvent des
matchs physiques et intenses,
c’est plutôt dans les gradins du
Centre Bell que les esprits se
sont échauffés, lundi soir. Une
bagarre entre spectateurs qui
pourrait nuire à l’image du club.
Alors qu’il restait à
peine deux minutes au
match, une échauffourée a
éclaté entre deux groupes
d’hommes dans les estrades.
La scène a été filmée
par le spectateur, Émilio
Durand, puis mise en
ligne sur le site de partage
YouTube.
Dans la vidéo qui dure 1
min 33 s, on voit notamment
un homme encaisser
plusieurs coups de poing et
coups de pieds au visage.
Sous les encouragements
de plusieurs spectateurs, la dizaine
d’hommes se sont battus durant
une vingtaine de secondes avant l’intervention
des agents de sécurité.
« C’était des gens très agités et très
bruyants qui avaient reçu un avertissement
durant la troisième période,
indique Donald Beauchamp, porte-parole
du Canadien. Les agents les
avaient identifiés et ils ont pu intervenir
rapidement. »
Question de rivalité?
Aucun des bagarreurs impliqués
ne portait de chandail à l’effigie
d’une des deux équipes. Il est donc
difficile de savoir si l’origine de l’altercation
est en lien avec la rivalité
qui oppose les partisans du Canadien
de Montréal à ceux des Bruins de
Boston.
« Il y avait de la tension dans l'air,
c'était une fin de match serrée, c'est
peut-être de la rivalité entre partisans
», a toutefois reconnu Jean-Philippe,
un témoin de la mêlée.
Bagarre nuisible au Club
Selon un spécialiste des relations
publiques et du marketing sportif à
l’Université de Montréal,
cette échauffourée pourrait
nuire à l’image des
Canadiens.
« Ça jette une douche
d’eau froide sur la fierté,
croit Érik de Pokomandy.
C’est supposé être classe
d’aller au hockey. Les gens
ne veulent pas aller dans
un aréna de colons où ça
se tape sur la gueule. »
Selon lui, cette bagarre
pourrait avoir un effet négatif
sur deux classes de
partisans : les jeunes familles
et les gens d’affaires.
« Le Club a mis beaucoup d’efforts
pour créer un événement au Centre
Bell à chaque partie, indépendamment
des performances de l’équipe.
Et c’est un succès, dit-il. Par contre,
ça doit être paisible. Les spectateurs
ne sont pas supposés prendre part au
spectacle. »
Pour le moment, aucune plainte
n’a été déposée auprès du Service de
police de la ville de Montréal. Une
enquête pourrait toutefois être ouverte.
Mario Dumont témoin
L’animateur de télé et ancien chef de
l’ADQ, Mario Dumont,
était assis à quelques rangées
de la bagarre, lundi
soir. Il a été témoin des
échanges de coups de
poings et coups de pieds.
« Ce n’était pas chic, ditil.
Se battre au hockey, ça
manque de classe. »
Mario Dumont avait
constaté au cours du match
que les esprits s’échauffaient
dans les gradins derrière
lui. Selon lui, un spectateur
ridiculisait le gardien Carey
Price, alors que l’autre lui disait de fermer
sa gueule et les deux hommes
s’étaient « crinqués » toute la soirée.
L’animateur qui emmène parfois
son fils de douze ans au hockey déplore
que de tels actes de violence puissent se
produire au Centre Bell.
« J’ose espérer que c’est possible d’y
emmener son gars, dit-il, sans assister
à de telles démonstrations.
»
Par ailleurs, Mario Dumont
s’interrogeait sur les
suites à donner à cette bagarre.
« Le SPVM (Service de
police de la Ville de Montréal)
a été appelé sur les
lieux par le Centre Bell,
mais aucune arrestation
n’a eu lieu, a-t-il indiqué au
Journal. Pourtant,
quelques belligérants,
comme des fous furieux, s’en étaient
pris au personnel du Centre Bell. Ce serait
aux gens du Centre Bell de porter
plainte pour trouble à l’ordre public. »
Avec la collaboration
de l’Agence QMI