Gomez dans un quatrième trio?

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Plusieurs experts de la scène du hockey se demandent si Scott Gomez est encore capable d’aider le Canadien. © Ben Pelosse/Agence QMI


Pierre Durocher

Que faire de Scott Gomez? Le Canadien s'est bien débrouillé en l'absence du vétéran joueur de centre qui se remet d'une blessure à une épaule subie le 20 octobre à Pittsburgh.

On s'attend à ce que Gomez soit en mesure de revenir au jeu plus tard cette semaine, lorsque le Tricolore affrontera les Coyotes jeudi, à Phoenix, et les Predators samedi, à Nashville.

Auparavant, l'équipe montréalaise aura accueilli les surprenants Oilers d'Edmonton (demain soir, au Centre Bell).

Quel rôle Jacques Martin entend-il réserver à Gomez à son retour? Le ramènera- t-il au sein d'un trio en compagnie de Brian Gionta et de Max Pacioretty afin de lui donner une autre chance de produire à l'attaque?

Gomez n'a récolté qu'une seule mention d'aide en six matchs cette saison et son dernier but remonte au 5 février (disette de 35 matchs). Son cas est décourageant pour la direction.

Ce serait injuste pour les jeunes

Il nous semble qu'il serait injuste pour des jeunes comme David Desharnais et Lars Eller, qui ont pris du galon ces dernières semaines (même s'ils ont connu une soirée un peu plus difficile samedi à New York) de céder du temps de jeu à Gomez.

Desharnais est créatif à l'attaque. Il est intelligent en possession de la rondelle. Il n'exécute pas toujours les mêmes jeux pour tenter de déjouer l'adversaire.

C'est un bon passeur, qui a développé une belle complicité avec un ailier de puissance de la trempe d'Erik Cole.

Eller, de son côté, impressionne de plus en plus. Il est plus solide sur ses patins, il est plus rapide et il transporte mieux la rondelle.

L'analyste Dany Dubé est un partisan d'Eller. Il affirme que le Danois a le potentiel pour devenir un bon joueur de centre numéro 2 dans la LNH.

On aime bien le trio qu'Eller forme actuellement avec Andreï Kostitsyn et Travis Moen.

Dans un quatrième trio?

La situation de Gomez risque de devenir comme une patate chaude dans les mains de Martin, sans oublier qu'il constitue un boulet pour l'organisation en raison de son faramineux contrat qui rend un échange pratiquement impossible à réaliser.

Le temps est peut-être venu d'employer Gomez au sein d'un quatrième trio, surtout qu'il devra retrouver la forme à ses premiers matchs. Petteri Nokelaïnen pourrait jouer à l'aile droite et il suffirait de renvoyer Mike Blunden à Hamilton.

Si un Desharnais ou un Eller devait ralentir, Gomez pourrait alors grimper d'un échelon dans l'ordre des trios.

Son temps de jeu, il doit le mériter. Gomez devra accepter le fait qu'il y a présentement des joueurs de centre plus productifs que lui chez le Canadien.

«Il ne sera pas un boulet pour l'entraîneur aussi longtemps qu'il n'affichera pas une mauvaise attitude, qu'il fournira un bon effort», de préciser Dubé, un ancien coach.

«Aide-moi... à t'aider!»

Gomez avalerait difficilement la pilule s'il devait se retrouver au sein d'un quatrième trio, bien que Martin pourrait lui accorder du temps de jeu supplémentaire en l'utilisant en infériorité numérique.

L'attaque massive? Il ne mérite pas d'y participer, à notre avis. Qu'il commence à produire à forces égales avant de penser au jeu de puissance.

«L'entraîneur ne peut pas essayer de faire plaisir à un individu si ça crée un problème dans l'équipe, de dire Dubé. Le message que Jacques doit passer à un joueur comme lui est le suivant: "Aide-moi à t'aider." C'est aussi simple que ça.»

Gomez est-il encore capable d'aider le Canadien? Voilà la question.

Et s'il était cédé à Hamilton?

Certains observateurs prétendent que si Gomez ne parvient pas à secouer sa torpeur à l'attaque, le Canadien devra se résigner à le céder aux Bulldogs de Hamilton, ce qui éliminerait par le fait même son salaire moyen de 7,3 millions $ dans le calcul du plafond salarial.

On doute qu'une telle situation se produise à Montréal. Ce n'est pas dans les habitudes du Canadien d'agir ainsi, surtout que le contrat de Gomez ne prendra fin qu'après la saison 2013-14. Un rachat, d'ailleurs, est difficilement envisageable avant un an.

Verser un salaire astronomique à un joueur afin qu'il écoule le temps dans la Ligue américaine, c'est difficile à imaginer, même si certaines équipes, comme les Rangers et les Oilers, l'ont fait.

Il faudrait que Gomez devienne une pomme pourrie dans le vestiaire, ce qui n'est pas le cas.

Une histoire à suivre, comme on dit.

Avec les trois mentions d'aide qu'il a récoltées samedi, Tomas Plekanec totalise 12 points, ce qui lui vaut le premier rang des marqueurs de l'équipe. Plekanec a récolté deux buts et quatre passes à ses quatre derniers matchs, en jouant en compagnie de Gionta et de Pacioretty.

Les joueurs du Canadien reprendront l'entraînement ce matin à Brossard.


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