Un message clairement entendu

Hockey

Erik Cole a connu un début de saison difficile, mais il s’est toutefois repris lors des trois dernières rencontres. © REUTERS


Jonathan Bernier

On ne donnait pas cher de la peau du Canadien en ce début de semaine où l’attendaient, entre autres, une visite des puissants Flyers et deux duels contre les méchants Bruins. Pourtant, le voici à une victoire de sauver, un tant soit peu, son lamentable début de saison.

Jusqu’à quel point le congédiement de Perry Pearn a-t-il un lien avec ce réveil soudain ? Difficile à dire. Probablement très peu.

Après tout, la mise à pied d’un entraîneur- adjoint est loin de provoquer le même impact que celle d’un directeur général ou même qu’un entraîneur-chef, la philosophie et les plans de match demeurant les mêmes.

Quoi qu’il en soit, de l’avis de Jacques Martin, le départ de son bon ami n’a rien à voir avec la tenue de sa troupe.

« Avec un peu plus de chances et quelques arrêts clés, on aurait pu facilement obtenir trois victoires de plus depuis le début de la saison, a-t-il soutenu. Par ailleurs, l’atmosphère était déjà différente mercredi matin (avant l’annonce du congédiement). C’est même vous (les journalistes) qui m’avez dit combien les joueurs étaient souriants et semblaient concentrés à l’approche du match. »

« Ça a brassé tout le monde »

Pourtant, Josh Gorges n’est pas prêt à rejeter cette théorie. Membre du groupe de leaders de cette formation, le vétéran défenseur estime que la décision de Pierre Gauthier a mis ses coéquipiers et lui sur le qui-vive.

« Cette décision a eu l’effet d’un wake-up call. Le message était clair : «Si vous ne gagnez pas, d’autres personnes vont partir». Que ce soit un entraîneur ou un coéquipier, on ne veut pas que ça se reproduise. Nous formons tellement une belle gang. Ce fut une bonne stratégie pour nous motiver. »

À ce compte, n’est-ce pas plus la visite de Pierre Gauthier dans le vestiaire, à quelques heures de la mise en jeu initiale, plus que le geste posé en soi, qui a secoué les troupes ?

« Ça a brassé tout le monde, a reconnu David Desharnais. Quand le directeur général descend, tu comprends qu’il faut que quelque chose se passe. Parfois, ça fait du bien. C’est comme dans n’importe quelle entreprise : quand le grand boss vient te parler, tu en donnes plus. »

Le vrai Erik Cole

Le réveil d’Erik Cole, ou à tout le moins une plus grande contribution de sa part, n’est sans doute pas étranger, lui non plus, à la meilleure tenue du Canadien.

L’Américain s’est inscrit à la feuille de pointage à chacun des trois der niers matchs, après n’avoir récolté qu’une mention d’assistance lors des sept premiers.

Une simple question d’adaptation, selon le principal intéressé.

« J’ai dû m’ajuster à un système différent. J’avais l’habitude d’être le premier attaquant dans un système de pression à deux joueurs. Ici, j’ai dû apprendre à appuyer un peu plus sur les freins pour éviter d’être pris trop profondément en zone adverse », a-t-il expliqué.

« Je savais que je devrais passer à travers une certaine période de transition. Je me sens plus à l’aise de match en match. »

À écouter Jaroslav Spacek, il n’y a pas qu’au système de jeu que son nouveau coéquipier a dû s’ajuster.

« S’il avait opté pour une autre formation, il aurait joué de façon plus calme. Vous, les journalistes (encore !), lui avez mis beaucoup de pression. Par conséquent, il s’en est également mis lui-même », a soutenu le défenseur, ironique à ses heures.

C’est beau Jaroslav. Merci pour le rappel à l’ordre.

Ceci dit, le CH n’est pas encore sorti du trou. Le soleil a beau se lever tous les matins, comme l’a souligné Pierre Gauthier, les lueurs de fin du monde, qui se pointent chaque fois que son équipe est dans une mauvaise passe, ne sont pas encore totalement dissipées.


Vidéos

Photos