On ne donnait pas cher de la peau
du Canadien en ce début de semaine
où l’attendaient, entre autres, une
visite des puissants Flyers et deux
duels contre les méchants Bruins.
Pourtant, le voici à une victoire de
sauver, un tant soit peu, son
lamentable début de saison.
Jusqu’à quel point le congédiement de
Perry Pearn a-t-il un lien avec ce réveil
soudain ? Difficile à dire. Probablement
très peu.
Après tout, la mise à pied d’un entraîneur-
adjoint est loin de provoquer le même
impact que celle d’un directeur général ou
même qu’un entraîneur-chef, la philosophie
et les plans de match demeurant les
mêmes.
Quoi qu’il en soit, de l’avis de Jacques
Martin, le départ de son bon ami n’a rien à
voir avec la tenue de sa troupe.
« Avec un peu plus de chances et
quelques arrêts clés, on aurait pu facilement
obtenir trois victoires de plus depuis
le début de la saison, a-t-il soutenu. Par ailleurs,
l’atmosphère était déjà différente
mercredi matin (avant l’annonce du congédiement).
C’est même vous (les journalistes)
qui m’avez dit combien les joueurs
étaient souriants et semblaient concentrés
à l’approche du match. »
« Ça a brassé tout le monde »
Pourtant, Josh Gorges n’est pas prêt à
rejeter cette théorie. Membre du groupe de
leaders de cette formation, le vétéran défenseur
estime que la décision de Pierre
Gauthier a mis ses coéquipiers et lui sur le
qui-vive.
« Cette décision a eu l’effet d’un wake-up
call. Le message était clair : «Si vous ne gagnez
pas, d’autres personnes vont partir». Que ce soit un entraîneur ou un coéquipier,
on ne veut pas que ça se reproduise. Nous
formons tellement une belle gang. Ce fut
une bonne stratégie pour nous motiver. »
À ce compte, n’est-ce pas plus la visite de
Pierre Gauthier dans le vestiaire, à
quelques heures de la mise en jeu initiale,
plus que le geste posé en soi, qui a secoué
les troupes ?
« Ça a brassé tout le monde, a reconnu
David Desharnais. Quand le directeur général
descend, tu comprends qu’il faut que
quelque chose se passe. Parfois, ça fait du
bien. C’est comme dans n’importe quelle
entreprise : quand le grand boss vient te
parler, tu en donnes plus. »
Le vrai Erik Cole
Le réveil d’Erik Cole, ou à tout le moins
une plus grande contribution de sa part,
n’est sans doute pas étranger, lui non plus,
à la meilleure tenue du Canadien.
L’Américain s’est inscrit à la feuille de
pointage à chacun des trois der niers
matchs, après n’avoir récolté qu’une mention
d’assistance lors des sept premiers.
Une simple question d’adaptation, selon
le principal intéressé.
« J’ai dû m’ajuster à un système différent.
J’avais l’habitude d’être le premier attaquant
dans un système de pression à
deux joueurs. Ici, j’ai dû apprendre à appuyer
un peu plus sur les freins pour éviter
d’être pris trop profondément en zone adverse
», a-t-il expliqué.
« Je savais que je devrais passer à travers
une certaine période de transition. Je
me sens plus à l’aise de match en match. »
À écouter Jaroslav Spacek, il n’y a pas
qu’au système de jeu que son nouveau coéquipier
a dû s’ajuster.
« S’il avait opté pour une autre formation,
il aurait joué de façon plus calme.
Vous, les journalistes (encore !), lui avez
mis beaucoup de pression. Par conséquent,
il s’en est également mis lui-même », a soutenu
le défenseur, ironique à ses heures.
C’est beau Jaroslav. Merci pour le rappel
à l’ordre.
Ceci dit, le CH n’est pas encore sorti du
trou. Le soleil a beau se lever tous les matins,
comme l’a souligné Pierre Gauthier,
les lueurs de fin du monde, qui se pointent
chaque fois que son équipe est dans une
mauvaise passe, ne sont pas encore totalement
dissipées.