Vous reste-t-il de la patience?

Chronique

Jacques Martin n’est pas du genre à parler haut et fort de ses attentes. © Martin Chevalier/Agence QMI/Archives


Marc De Foy

À quoi peut-on s'attendre de l'an III du régime Martin? Quand on pose la question au principal intéressé, il souligne que le Canadien a haussé sa production de points et amélioré sa position au classement à sa deuxième saison sous sa gouverne et que le but est de continuer à aller de l'avant cette saison.

Certains diront que cette réponse ne correspond que trop bien au personnage, mais connaissez-vous bien des entraîneurs de la LNH qui se permettent des prédictions hors de l'ordinaire?

À pareille date l'an dernier, Claude Julien ne pensait sûrement pas à la coupe Stanley. Les projecteurs étaient plutôt tournés vers Alain Vigneault et les Canucks de Vancouver, qui ont raté leur coup à la fin.

Ça ne veut pas dire pour autant qu'il est prétentieux de voir grand, de penser big comme le proclame notre Elvis Gratton national.

Au contraire, on ne peut qu'admirer P.K. Subban pour sa fraîcheur et sa belle assurance. Le jeune défenseur voit la coupe Stanley dans sa soupe.

Peut-on le blâmer? Non.

Mais on n'est pas obligé d'être d'accord avec lui.

ENCORE UN PLAN QUINQUENNAL

Le Canadien ne possède toujours pas tout ce qu'il faut pour aspirer aux grands honneurs. Dans quelques années, peut-être, mais pas maintenant.

Pas encore un plan quinquennal!, lanceront les amateurs qui n'en peuvent plus d'attendre.

Dans son évaluation du camp d'entraînement, Martin énumère les noms de cinq jeunes qu'il voit peut-être à Montréal dans deux ans.

Le vétéran entraîneur parle de Nathan Beaulieu, de Jarred Tinordi, de Michaël Bournival, de Brendan Gallagher et de Louis Leblanc, qui n'a pas été en mesure de montrer où il en est dans sa progression en raison d'une opération à une épaule subie après la dernière saison.

Espérons que ces joueurs se développeront mieux ou feront montre d'une plus grande maturité que les Ron Hainsey, Marcel Hossa, Mike Komisarek, Alexander Perezhogin, Chris Higgins, Kyle Chipchura, Sergei Kostitsyn ou Ben Maxwell, tous des jeunes qui devaient relancer le Canadien vers les sommets dans les années 2000.

Ajoutez les cinq joueurs auxquels Martin fait référence à Carey Price, à P.K. Subban et à Max Pacioretty et vous avez une équipe comme elle doit être bâtie.

ON POURRAIT S'ENNUYER DE HAMRLIK

Entre-temps, Martin, ou tout autre entraîneur qui pourrait être appelé à lui succéder, devra composer avec les moyens en place.

Tout comme l'an dernier, le Tricolore entreprend la nouvelle saison sans Andrei Markov, sans qui il s'est plutôt bien tiré d'affaire depuis que les blessures s'acharnent sur lui.

Sans minimiser l'importance de Markov, Martin pense que son personnel de défenseurs peut combler son absence en comité. Mais le départ de Roman Hamrlik pourrait se faire sentir. Ce dernier apportait une présence rassurante que n'ont pas Hal Gill et Jaroslav Spacek.

De plus, il faudra voir combien de temps il faudra à Josh Gorges pour retrouver ses moyens après 9 mois sans compétition intense. Même chose pour Markov, qui n'a disputé que 7 matchs au cours des 18 derniers mois.

Quant à Chris Campoli, il en est à sa quatrième équipe en trois ans.

Chez les jeunes, Raphal Diaz a devancé Alexei Yemelin, que les dirigeants du Canadien voyaient dans le groupe des six premiers défenseurs.

QUE FERA GOMEZ?

Du côté des attaquants, Martin se dit encouragé par ce qu'il a vu de Scott Gomez dans les matchs préparatoires, le disant en meilleure condition physique et plus engagé que la saison dernière. Mais comme tout entraîneur d'expérience qui a vu neiger, il se garde un droit de réserve.

«Reste que c'était le camp d'entraînement, ça commence jeudi (ce soir)», ajoute-t-il.

«On sait ce qu'il peut apporter et c'est à lui d'être constant.»

On se dit que Gomez ne peut faire pire que la saison dernière, mais combien de points pourra-t-il donner?

S'il en amassait 64, sa moyenne de ses 10 premières saisons dans la LNH avant qu'il ne chute à 38 la saison dernière, ce serait excellent.

Mais en est-il encore capable?

Enfin, Martin estime que l'acquisition d'Erik Cole lui permet de miser sur trois trios capables de marquer des buts.

En principe, c'est vrai, mais reste à voir comment ça se traduira sur papier.

Si Mike Cammalleri et Pacioretty sont aussi prêts qu'ils en ont l'air, l'offensive du Canadien se portera mieux.

Reste l'énigmatique Andrei Kostitsyn. En le voyant marquer régulièrement à un certain moment durant la première moitié de saison l'an dernier, Martin, dans un rare moment d'humour devant les médias, s'était demandé si Andrei K. ne jouait pas pour un nouveau contrat.

Fidèle à ses habitudes, Kostitsyn a connu ensuite des hauts et des bas, mais il a trouvé le moyen de terminer la saison avec 20 buts. Son rendement ne lui a toutefois pas permis d'obtenir un contrat de plus d'un an.

Question: s'il pète le feu cette saison, lui accordez-vous une entente à long terme par la suite?


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