Septembre cogne à nos portes et
les hockeyeurs de la Ligue nationale
reprennent graduellement
l’entraînement sur glace.
L’attaquant Mathieu Darche, pour un,
patine depuis un mois déjà au complexe
sportif de Brossard et on a retrouvé avec
plaisir ce bonhomme sympathique, hier
midi, après une séance d’entraînement en
compagnie de quelques coéquipiers.
Darche est une espèce rare chez le
Canadien: il est francophone et il vit dans la
région de Montréal (Candiac) en permanence; il est volubile et il s’exprime très
bien; c’est un diplômé universitaire en
marketing et en gestion des affaires internationales
et un ardent défenseur des
programmes sports-études.
On eu l’occasion de bavarder avec lui
durant une bonne heure et demie tout en
cassant la croûte.
Darche a paraphé un contrat d’un an en
juin pour un salaire de 700 000$ et il prend son
entraînement très au sérieux.
Mettre les chances de son bord
Il est conscient qu’à son âge (il aura 35 ans
le 26 novembre), il ne doit pas négliger sa
préparation physique, surtout qu’il a subi, en
mai, une intervention chirurgicale afin de
réparer une déchirure à la paroi abdominale.
« Je me sens très bien, confirme Darche.
Cette opération était devenue nécessaire. Je
me sens comme un jeune de 18 ans ! »
En joueur de hockey consciencieux qu’il
est, il suit à la lettre le programme que lui a
remis Pierre Allard, le nouveau responsable
du conditionnement physique chez le CH.
« Il est important que je mette toutes les
chances de mon bord, de préciser Darche.
Chaque année, je dois me battre pour mon
poste. Je suis étiqueté comme étant un joueur
de soutien et je ne tiens jamais rien pour
acquis.
« Je suis fier de dire qu’à chaque camp
d’entraînement, je suis parmi ceux qui
obtiennent les meilleurs résultats dans les
tests d’endurance VO2max. Mon ami Ian
Laperrière a eu une saine influence sur moi
en ce qui a trait à la préparation physique. Je
n’ai raté aucune séance d’entraînement au
cours de l’été. »
De mieux en mieux
Malgré cette blessure qui lui a fait rater
17 rencontres, Darche a connu sa meilleure
saison en 2010-2011 avec une récolte de 12 buts
et de 14 mentions d’aide.
« J’entends faire encore mieux la saison
prochaine, lance-t-il sur un ton décidé.
J’aurai bientôt 35 ans, mais j’ai encore de
bonnes années devant moi.
« Je vais tout faire pour convaincre
Jacques Martin de me confier un plus grand
rôle. L’idée est de lui forcer la main en
travaillant d’arrache-pied. Je peux être utile
au Canadien de diverses manières. »
Un chemin sinueux
Darche ne connaît pas d’autres méthodes
que le travail, lui qui n’a jamais fait dans la
dentelle.
L’ancien joueur étoile des Redmen de
McGill a dû en bûcher un coup pour parvenir
à faire sa place dans la LNH. Il représente
une belle histoire de détermination.
La route a été sinueuse pour Darche, qui
est passé par Columbus, Syracuse, Nashville,
Milwaukee, Hershey, Duisburg (en
Allemagne), San Jose, Worcester, Tampa,
Norfolk, Portland, Hamilton et Montréal en
11 ans chez les professionnels.
« Je savoure chaque jour que je passe dans
l’uniforme du Canadien, confie Darche. Ça
peut paraître cucu à dire, mais pour moi, c’est
vraiment un honneur de jouer pour le CH.
« J’en ai encore la chair de poule lorsque
je saute sur la patinoire du Centre Bell et
que j’entends Michel Lacroix clamer:
«Accueillons nos Canadiens!» C’est un
privilège de jouer pour cette équipe.
« Je souhaite de tout coeur pouvoir me
retirer comme membre du Tricolore. Et je
vous précise que ce n’est pas pour l’an
prochain. » de conclure le hockeyeur en
esquissant un large sourire.
Il se voit directeur général
Mathieu Darche est sûrement le joueur le plus
volubile chez le Canadien. Il est tout le contraire
d’Andrei Markov ou d’Andrei Kostitsyn.
Durant les
90 minutes passées avec lui hier, il a été question
d’une foule de sujets. On vous présente en vrac
quelques-uns de ses commentaires.
Sa deuxième carrière
«Le côté administratif du
hockey m’a toujours
intéressé, dit-il. Gérer une
équipe est devenu complexe
avec le plafond salarial et la
convention collective qu’il
faut connaître par coeur.
« J’aimerais travailler à titre
d’adjoint à un directeur
général et accéder un jour
au poste de d.g. Je ne me
verrais pas dans le rôle d’entraîneur.
Je parle beaucoup
trop!», ajoute celui qui
s’implique au sein de
l’Association des joueurs.
« J’aime lire le Sports
Business Journal. J’aime
voir comment les grandes
équipes sont gérées. »
La famille, c'est sacré
«La famille, c’est sacré,
souligne Darche. Je
passe de merveilleux
moments avec les enfants
(Samuel, 8 ans, et Benjamin,
6 ans). Le petit dernier est
un véritable bouffon. Il en
déplace, de l’air.
« C’est grâce aux sacrifices de
Stéphanie (sa femme) si j’ai
pu réaliser mon rêve de
jouer dans la LNH. On a dû
déménager souvent. À mon
arrivée en Allemagne en
2005, Samuel avait deux ans
et Benjamin était un bébé âgé
d’à peine trois semaines.
Ce fut pas mal difficile pour
Stéphanie. »
La venue d'Erik Cole
«C’est un bon gars qui
adore Montréal et
l’organisation du Canadien.
C’est surtout un gros
attaquant qui joue nord-sud.»
Les coups à la tête
«On ne peut pas enlever le
mot accidentel. C’est un
sport de contact et il y aura
toujours des collisions et des
accidents. Mais si le coup est
clairement intentionnel,
comme ce fut le cas de Matt
Cooke à l’endroit de Marc
Savard, il est important que les
sanctions soient plus sévères.»
«Il est dommage que le
hockey ne passe pas par
le système scolaire au Québec.
Il ne faut pas se contenter
de développer des joueurs,
mais de développer aussi de
bons individus. Il y a moins
d’un pour cent des joueurs qui
atteignent la LNH.»
Le joueur qu'il préfère
«Martin Saint-Louis. C’est
un joueur remarquable,
qui a toujours su surmonter sa
petite taille. Sa discipline et sa
détermination sont
admirables.»
L'entraîneur qui l'a le plus aidé
«Guy Boucher. Je croyais
qu’il voulait miser sur ma
présence aux côtés des jeunes
joueurs à Hamilton, mais il m’a
plutôt convaincu que j’étais
capable de revenir dans la
LNH. Je dois aussi une fière
chandelle à Martin Raymond.»
Un conseil de sa mère
«Traite les gens comme tu
veux qu’on te traite. Tout
ce que l’on fait mérite d’être
bien fait.»