Pierre Gauthier s’est autorisé une
petite dépense de fin d’été en
procédant à l’embauche de Jeff
Woywitka, question d’ajouter de la
profondeur à la brigade défensive
du Canadien.
Le nouveau venu était joueur
autonome sans compensation avec les
Stars de Dallas.
Il a accepté les conditions d’un contrat
d’un an, comportant deux volets
salariaux. Il gagnera 650 000 $ s’il joue
avec le Tricolore au cours de la prochaine
saison.
Son acquisition se veut une police
d’assurance, mais il n’est pas dit qu’il ne
pourrait pas se faire une place dans la
formation régulière du Canadien.
Jaroslav Spacek faisait son âge la
saison dernière. Hal Gill ne rajeunit pas
non plus et Roman Hamrlik poursuivra sa
carrière avec les Capitals de Washington.
De leur côté, Andrei Markov et Josh
Gorges récupèrent d’opérations au genou.
Par ailleurs, il faudra voir comment les
recrues Alexei Yemelin et Rafael Diaz se
comportent au camp d’entraînement.
Même chose pour Mark Mitera, un
autre ancien choix de première ronde
n’ayant pas répondu aux attentes, que le
Canadien a acquis des Ducks d’Anaheim
en retour de Mathieu
Carle.
Pour le moment, P.K.
Subban, Yannick Weber,
Markov, Gorges et Gill
sont bien en selle.
Plus robuste
Âgé de 27 ans, Woywitka
a passé les deux
dernières saisons avec
les Stars. En 63 matchs la saison dernière,
il a marqué deux buts et récolté neuf mentions
d’aide, pour un total de 11 points. Il a
bloqué 97 tirs et conservé un différentiel
de +5.
Woywitka est un gaillard de six pieds
trois pouces, 225 livres, mais sa fiche
indique qu’il n’est pas particulièrement
robuste pour un joueur de son gabarit.
Il n’a écopé que de 24 minutes de pénalités
au cours de la dernière campagne,
pour un total en carrière de 141 minutes
en 251 rencontres.
Or, c’est une dimension de son jeu qu’il
entend changer.
« Je veux profiter de l’avantage que me
confère mon physique », a-t-il raconté
lorsqu’on lui a parlé, hier.
« Je m’entraîne avec fébrilité cet été
afin de gagner de la force. Je sais que c’est
un besoin pour le Canadien. »
S’il s’est écoulé beaucoup de temps
avant qu’il ne trouve preneur,
c’est qu’il espérait
obtenir un contrat avec
un salaire de la Ligue
nationale, uniquement.
Il succède, pour ainsi
dire, à Alexandre Picard,
que le Canadien a mis
sous contrat à peu près à
pareille date l’an dernier.
Reste à savoir si
l’expérience donnera de meilleurs
résultats.
Ancien choix de première ronde
Woywitka est un ancien choix de
première ronde qui n’a pas répondu aux
espoirs fondés en lui.
À sa décharge, les Flyers de Philadelphie,
qui l’ont repêché au 27e rang en 2001,
l’avaient échangé aux Oilers d’Edmonton
au milieu de sa première saison professionnelle
(2003-2004) dans le but de mettre la
main sur Mike Comrie, qui était en conflit
contractuel avec les Oilers.
Deux ans plus tard, il passait aux Blues
de Saint Louis en compagnie d’Eric Brewer,
en retour de Chris Pronger. Il s’était joint
aux Stars à titre de joueur autonome.
À sa première saison à Dallas, il n’a
pris part qu’à 36 matchs.
« J’ai connu un début de carrière plus
lent que je ne le voulais », a-t-il expliqué
en relation avec son cheminement.
« La pression était grande sur moi.
L’apprentissage demande un certain
temps pour un défenseur.
« Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir
trouvé ma voie. »
À en juger par ses statistiques
offensives, Woywitka est un défenseur à
caractère défensif.
«Ce n’est pas faux, mais j’aime me
porter à l’attaque pour amorcer des jeux»,
a-t-il continué.
«L’important est que je sois constant.
Quand on joue bien en défense, le reste
vient de lui-même.»
Jeff Woywitka est de descendance
ukrainienne. Il a grandi dans une ferme
à Vermilion, en Alberta, municipalité
située à 192 kilomètres à l’est d’Edmonton.
Toutefois, il n’était pas un partisan des
Oilers, mais plutôt des Canucks de
Vancouver. Son joueur préféré était Pavel
Bure. Son père et lui regardaient
les matchs du Canadien les samedis
soirs.