À moins d’une catastrophe, la
nomination de Clément Jodoin au
poste d’entraîneur en chef des
Bulldogs de Hamilton signifie que
Jacques Martin en a encore pour
un bon moment derrière le banc
du Canadien.
Toutefois, cette
hypothèse soulève une question :
qu’en est-il de la relève?
Sans vouloir manquer de respect à
Jodoin, il serait extrêmement étonnant qu’il
soit le prochain entraîneur du Tricolore.
Ses compétences et sa passion du
hockey sont indéniables, mais il est rendu
à un âge où les entraîneurs les plus
durables arrivent à la fin de la route.
Le métier est plus fou et plus exigeant
que jamais. Il faut avoir le coeur solide.
Aussi, quand on regarde ce qui s’est
fait ailleurs à ce niveau depuis la fin
de la saison, il y a lieu de se poser des
questions.
Tendance ou cycle?
À part Peter DeBoer, qui a succédé à
Jacques Lemaire chez les Devils du
New Jersey, les cinq autres entraîneurs
embauchés en seront à leur première
expérience dans la Ligue nationale.
Les Stars de Dallas (Kyle Gulutzan) et le
Wild du Minnesota (Mike Yeo) ont arrêté
leur choix sur deux types âgés de moins de
40 ans.
Certains parlent de l’effet Boucher,
mais ce genre de tendance peut être
cyclique. Dans les années 1980, la mode
était aux entraîneurs universitaires.
D’autres interprètent les embauches
de Gulutzan et de Yeo comme des mesures
économiques.
Il paraîtrait que Yeo ne toucherait
qu’un salaire de 300 000 $. Si c’est le cas, ce
serait moins que le salaire minimum des
joueurs, qui s’élève à 500 000 $.
Pour sa part, De Boer avait 40 ans à son
premier emploi dans la LNH avec les
Panthers de la Floride. Il est encore jeune
à 43 ans.
Les trois autres nouveaux entraîneurs,
Kevin Dineen (Floride), Paul MacLean
(Ottawa) et Claude Noël (Winnipeg) ont
entre 47 et 55 ans.
Il leur a fallu patienter longtemps avant
d’obtenir leur première chance.
La vision de Claude Noël
Dans le cas de Jodoin, on peut penser
que ses liens avec Pierre Gauthier et
Martin ne lui ont pas nui. Les trois
hommes ont travaillé ensemble dans
l’organisation des Nordiques de Québec.
Encore là, cela n’enlève rien à Jodoin.
C’est une pratique courante.
Mais revenons à notre question : que
fait-on de la relève ?
Quand on regarde ce qui s’est passé
dans le cas de Guy Boucher, on se dit que la
compétence n’a pas de prix.
Le Canadien n’avait aucun moyen de le
retenir. Mais il y a d’autres entraîneurs
qui poussent dans la Ligue junior majeur
du Québec.
Pascal Vincent vient d’être nommé
entraîneur adjoint avec les Jets de
Winnipeg, sans même avoir fait les
premiers pas.
Claude Noël trouvait sa feuille de route
intéressante et il s’est renseigné à son
sujet.
Les deux ont d’abord échangé au
téléphone, puis la direction des Jets a fait venir
Vincent à Winnipeg pour le rencontrer
et lui montrer l’environnement dans lequel
il serait appelé à travailler.
La chimie s’est vite installée et Vincent
partira bientôt avec femme et enfant pour
aller vivre la grande aventure de la LNH.
Il sera intéressant de voir qui sera
l’adjoint de Jodoin à Hamilton. En
indiquant que la décision reviendra à
l’organisation, Jodoin a ajouté que le
Canadien a un plan.
Pourquoi ne souhaiterions-nous
l’embauche d’un jeune entraîneur
francophone de la LHJMQ ?
La relève, ça se prépare.