Melanson lève le voile sur le cheminement de Price

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C’est Bob Gainey qui a convaincu Roland Melanson des bienfaits, pour un jeune joueur comme Carey Price, d’un premier contact avec le milieu professionnel. © Agence QMI / Éric Bolté

Marc De Foy

Dernière mise à jour: 09-06-2011 | 09h16

BOSTON - C’est un secret de Polichinelle, que Guy Carbonneau et Roland Melanson voulaient que Carey Price passe une saison dans la Ligue américaine après avoir mené les Bulldogs de Hamilton à la coupe Calder, à sa sortie des rangs juniors.

Ce qu’on savait peut-être moins, c’est que la directive à laquelle ils ont dû se conformer ne venait pas nécessairement de Bob Gainey.

C’est ce qu’on apprend en conversant avec Melanson, qui occupait les fonctions d’entraîneur des gardiens de l’organisation du Canadien, à l’époque.

Melanson raconte l’histoire sans amertume, mais sa version des faits nous aide à mieux comprendre la rapide ascension de Price avec le Tricolore.

À titre de responsable des gardiens, Melanson avait une vision sur la façon d’élever les jeunes gardiens de l’organisation du Canadien.

Ses points de vue étaient généralement partagés par les principales têtes dirigeantes du secteur hockey, comme Gainey et Carbonneau.

Pourtant, la haute direction ne voyait pas les choses tout à fait du même oeil.

«C’était durant les années des célébrations du centenaire de l’organisation, rappelle Melanson, qui travaille, aujourd’hui, avec les gardiens des Canucks de Vancouver.

«À cause de cet événement, on a dérogé aux plans qu’on s’était fixés en matière de développement de nos jeunes joueurs. On a sorti les choses de leur contexte.»

«Un séjour d’un an dans la Ligue américaine aurait vraisemblablement été profitable, pour Carey; mais on voulait en faire le gardien numéro un immédiatement, à Montréal.

«Ce n’est pas parce que Patrick Roy avait réussi à le faire à 20 ans qu’il était dit que Carey en ferait autant. On parlait d’équipes différentes, de gardiens différents et de hockey différent.»

«Au retour du lock-out, la Ligue a appliqué des règles favorisant un jeu plus ouvert. Il n’est pas rare qu’un gardien reçoive 40 tirs dans un match.

«Les temps ont changé, à cet égard. Dernier facteur, et non le moindre, on sait à quel point il est difficile de composer dans l’environnement hautement médiatisé de Montréal.»

Changement de direction

Par ailleurs, Melanson indique que Gainey ne voulait pas envoyer Price à Hamilton, après la fin de sa dernière saison junior avec les Americans de Tri-City, de la Ligue de l’Ouest.

C’est lui qui l’a convaincu des bienfaits, pour un jeune joueur, d’un premier contact avec le milieu professionnel.

C’est cet été-là, alors qu’il était devenu entraîneur en chef du Canadien, que Carbonneau a déclaré qu’il n’y avait aucun mal, pour un jeune joueur, à passer par les ligues mineures, rappelant qu’il avait joué, lui-même, deux ans, dans la Ligue américaine, et qu’il projetait agir de même avec Price.

Toutefois, par une belle journée d’automne, à la fin du camp d’entraînement, à Mont- Tremblant, Gainey a annoncé que Price n’allait nulle part et qu’il restait à Montréal.

Pression en haut lieu

Était-ce vraiment sa décision ou avait-il subi des pressions des hauts dirigeants de l’équipe en rapport avec les fêtes du centenaire ?

«C’est une bonne question, répond Melanson. Chose certaine, Carbo et moi ne partagions pas cette décision.»

Price a bien fait à sa première saison régulière, mais la situation a commencé à se gâcher dans les séries.

Le jeune gardien a connu, alors, une longue traversée du désert, qui s’est, heureusement, bien terminée.

«Je n’ai jamais craint pour sa carrière. Carey est doté d’une grande force mentale; mais j’avais quand même peur que sa confiance soit affectée.

«On savait aussi qu’il connaîtrait des hauts et des bas; tous les jeunes joueurs vivent ça.

Heureusement, tout va bien, pour lui, maintenant, et vous m’en voyez très content.»

Si l’histoire a connu une bonne fin, Melanson était, pour sa part, vidé lorsque le Canadien et lui ont coupé les ponts.

«Les deux ou trois dernières années ont été particulièrement éprouvantes, dit-il. C’est rare qu’un entraîneur survit 13 ans avec une équipe. J’ai travaillé sous les ordres de cinq entraîneurs et quatre directeurs généraux.

«Quand je suis parti, on était à finaliser les détails de la vente à un troisième propriétaire au cours de cette même période. J’avais besoin de refaire le plein, ce que j’ai fait en m’accordant une année de repos.»


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