Subban dérange encore dans le vestiaire

Canadiens

P.K. Subban © Agence QMI


Jean-Philippe Bertrand

Même s’il n’a joué que 49 matchs dans la LNH, P.K Subban se prend déjà pour un vétéran. Il n’y a aucun doute: son attitude dérange chez les Canadiens.

On a d’ailleurs pu le constater mardi lorsque ce dernier a éparpillé son équipement un peu partout dans le vestiaire de l’équipe, considérant presque les préposés à l’équipement comme de simples servants.

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Témoin de la scène, le vétéran Hal Gill est lui-même allé ramasser le chandail au beau milieu du vestiaire afin de le lui remettre en main propre. C’est alors qu’il a laissé échapper -et c'était lancé à la blague-: «Tu es un trou de cul P.K!».

Devant l’étonnement exprimé par l’auteur de ces lignes, Gill a pris soin de préciser. «Et tu peux l’écrire!». Surpris à son tour par la vive réaction de son coéquipier, Subban s’est alors empressé de s’excuser. Il était cependant trop tard.

«Comme disait mon père, tes excuses ne font pas en sorte que le gazon est mieux coupé», a ensuite rétorqué Gill.

Une autre époque

Ayant fait ses débuts dans la LNH en 1997, Gill est ce qu’on pourrait appeler un joueur de la vieille école. «À mes débuts, les jeunes joueurs étaient mieux de se tenir les fesses serrées. De nos jours, ils se croient tout permis.»

Âgé de 35 ans, le numéro 75 se rappelle encore ses débuts avec les Bruins de Boston. «Des gars comme Dave Ellet et Raymond Bourque ne m’ont pas rendu la vie facile, se rappelle-t-il. Tu avais intérêt à leur tenir la porte de l’ascenseur et à manger ta soupe après eux.»

Bien qu’il ne soit pas encore considéré comme un vétéran, Alexandre Picard semble lui aussi surpris de l’attitude qu’adoptent certains jeunes dans le vestiaire du Tricolore.

«J’ai vu ici des choses qui ne seraient pas acceptées dans le trois-quarts des équipes de la LNH. En tout cas, ça n’aurait pas passé dans le vestiaire des Flyers de Philadelphie à mes débuts dans le circuit.»

Un milieu hiérarchisé

Rempli d’argent, de testostérone et d’égo, le monde du hockey est un milieu extrêmement hiérarchisé. C’est un milieu où existe une foule de lois non écrites qui réglementent la conduite dans le vestiaire, dans l’avion, à l’hôtel et surtout avec les autres.

«Hélas, tout ça n’existe plus, a conclu Gill. L’argent qu’on accorde désormais à ces recrues brise le lien hiérarchique qui existait à l’époque.»

Dans une entrevue réalisée plus tôt cette saison, Scott Gomez se rappelait avoir été le bouc émissaire de Claude Lemieux à son arrivée chez les Devils du New Jersey.

L’arrogance, l’intimidation et même le mépris faisaient partie de ses armes favorites.

«J’agissais de la sorte avec lui parce qu’il prenait déjà beaucoup de place pour une recrue», a confié Lemieux lors d’un récent entretien téléphonique. Imaginez alors le traitement que Subban subirait si Lemieux portait encore les couleurs des Canadiens...


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