Quand Pierre Gauthier l'a contacté la semaine dernière pour lui dire qu'il venait d'être échangé aux Blues, Jaroslav Halak ne l'a pas trouvé très drôle. Le gardien slovaque n'aurait jamais pensé changer d'adresse si peu de temps après avoir permis au Canadien d'avoir éliminé les Capitals et les Penguins, puis d'atteindre la troisième ronde des séries face aux Flyers. Quatre jours après la transactions qui l'envoie au Missouri en retour des espoirs Lars Eller et Ian Schultz, et remis de ses émotions, le héros de la dernière saison de hockey à Montréal a bien voulu répondre à nos questions, hier, depuis son domicile de Bratislava, en Slovaquie.
Q Qu’entrevois-tu pour le
Canadien en 2010-2011?
R C’est une lourde tâche qui attend l’organisation, qui aura à s’entendre avec de nombreux joueurs et à travailler avec un budget limité. Le Canadien aura à scruter à la loupe les contrats qu’il va octroyer et
c’est dur à dire comment cela va l’affecter.
Mais on ne sait jamais. Regardez le genre de
saison que nous venons de connaître.
(N.D.L.R. - Marc-André Bergeron,
Mathieu Darche, Sergei Kostitsyn,
Maxim Lapierre, Paul Mara, Glen Metropolit,
Dominic Moore, Tomas Plekanec,
Benoit Pouliot, Carey Price et
Tom Pyatt n’ont plus de contrat. La
masse salariale de l’équipe est actuellement
de 45 millions et le plafond salarial
est de 58 millions.)
Q Le CH peut-il rêver à la coupe
Stanley l’an prochain?
R Personne ne nous donnait la
moindre chance d’atteindre la finale
de la conférence de l’Est et pourtant, nous
y sommes parvenus. Quand les succès arrivent
de façon inattendue comme ça,
tout devient possible. Le Canadien aura
encore une bonne équipe. Je lui souhaite
la meilleure des chances.
Q De quels coéquipiers avec
le Canadien garderas-tu les meilleurs
souvenirs?
R C’est difficile à dire parce que
j’avais une bonne relation avec tous
les joueurs. J’étais peut-être un peu plus
proche des Tchèques Tomas Plekanec, Jaroslav
Spacek et Roman Hamrlik. Je m’entendais bien aussi avec les Russes, soit les frères Andrei et Sergei Kostitsyn,
de même qu’avec Andrei Markov, peut-être
parce que les langues que nous parlons
ont un quelconque lien de parenté. En tout cas, c’est avec ces joueurs-là que je communiquais le plus.
Q Connais-tu un peu les Blues? À quoi
t’attends-tu de ta nouvelle équipe?
R Si ma mémoire m’est fidèle, je ne les
ai affrontés qu’une seule fois. Alors,
je ne peux sûrement pas dire que je les
connais bien! La seule communication
que j’ai eue avec un membre de l’organisation,
c’est avec le directeur général (Larry Pleau) et
il m’a vraiment fait comprendre que j’étais le
bienvenu à Saint-Louis. Il m’a dit que son équipe était jeune, qu’elle était en pleine construction et
que je faisais partie des plans d’avenir.
J’ai été bien content d’entendre ça. Je
verrai maintenant quel genre de contrat mon
agent pourra me dégoter avec l’équipe.
Q Reviendrais-tu dans l’organisation du
Canadien si la chance t’en était donnée un jour?
R Il y a 30 formations dans la Ligue
nationale et les joueurs sont continuellement
échangés. On ne sait jamais
ce qu’il peut arriver. Pour le moment, il y
a une nouvelle équipe qui m’attend. Je
vous dirai simplement que je n’oublierai
jamais mon passage à Montréal…
Q Comment vas-tu passer l’été?
R Je vais me reposer à Bratislava en
compagnie des membres de ma famille
puis j’entreprendrai l’entraînement
quelque part en juillet en courant un peu
et en faisant de la bicyclette. Puis en août,
je m’entraînerai sur la glace. Mon agent et
moi aurons aussi à nous occuper de mon
nouveau contrat. J’entends également retourner
à Montréal avant le début de la saison,
question d’y quérir des effets personnels
avant de déménager dans ma nouvelle
maison à Saint-Louis.