Mathieu Darche ne pouvait espérer
un meilleur scénario: contribuer
à la victoire de son équipe
au beau milieu d’une course vers
les séries, contre son ancien club
par-dessus le marché.
«N’importe quel joueur qui évolue
contre son ancienne équipe, il y a un
petit extra qui est agréable», confiait
Darche, auteur de deux buts, lui qui en
avait seulement compté un dans les
neuf matchs précédents.
À la fin, l’entraîneur Jacques Martin
l’a dépêché sur la glace pour qu’il puisse
inscrire un truc du chapeau.
«La dernière présence, je dois avouer
que j’avais la langue en dessous des patins,
car je venais de faire une longue séquence
et il m’a envoyé sur la patinoire
tout de suite après, raconte Darche.
Jacques a eu beaucoup de classe. Et tous
mes coéquipiers ont essayé de m’aider.
Plekanec me disait même : ‘triche, triche en
sortant de la zone.
«Le plus important cependant, c’est
les deux points, ajoute l’ailier gauche
de 33 ans. C’est un cliché, mais on vient
de remporter un match de quatre
points. On a maintenant sept points
d’avance sur le Lightning et on n’a pas
à se soucier qu’ils gagnent ou non leurs
matchs en main. On contrôle notre destinée.»
Une période intéressante
Auteur de trois autres points, Scott
Gome z était tout sourire dans le
vestiaire.
«On commence à ressembler à
l’équipe que nous aurions dû être toute
l’année, dit-il. Si on continue à gagner,
on sera en bonne position. C’est une période
de l’année intéressante pour
nous. Nos gars reviennent enfin en santé,
Cammalleri sera bientôt de retour,
et tous les matchs ont une grande signification.»
On lui a demandé pourquoi il jouait
du si bon hockey ces jours-ci.
«J’ai peut-être si mal joué au début
que maintenant j’en ai l’air encore
meilleur», répond Gomez en riant.
Le joueur de centre y va moins pour
le jeu parfait, comme il essayait trop
souvent au début de saison. Et il lance
beaucoup plus au filet.
«On voit toujours Gomez comme un
passeur, mais il est aussi capable de
marquer des buts, signale son compagnon
de trio Benoit Pouliot. Il l’a fait
encore contre le Lightning.»
Plan de match respecté
Pouliot se réjouissait que tous les
joueurs aient respecté le plan de match
de Jacques Martin.
«Souvent après un voyage de quatre
matchs fructueux, les clubs qui reviennent
à la maison connaissent un petit
relâchement, dit-il. Les entraîneurs
nous avaient sensibilisés à cela. On ne
pouvait se permettre que cela nous
arrive.
«On doit maintenant gagner tous
les matchs, car toutes les autres
équipes gagnent aussi. On a même
l’impression de ne pas bouger au
classement même si on l’emporte
plus souvent. On n’a pas de marge de
manoeuvre. Il faut poursuivre dans
cette voie.»