Deux joueurs francophones ayant besoin d'un changement de décor auront la chance de relancer leur carrière, Guillaume Latendresse au Minnesota et Benoit Pouliot à Montréal.
«Je suis soulagé, a confié Latendresse sur les ondes de CKAC après l'échange l'envoyant chez le Wild.
C'était presque inévitable. Le gros attaquant n'avait que trois points depuis le début de la saison et son temps de glace ne cessait de diminuer.
Jacques Martin préférait d'autres jeunes plus intenses à ses yeux que le Québécois de 22 ans.
«Je ne voulais pas faire de vagues pour le bien de l'équipe, révélait Latendresse. Je me disais que la roue allait repartir, mais je savais en même temps que Pyatt et White étaient tombés dans l'oeil de Jacques Martin et que mon rôle n'était plus ici. Ce n'était pas dans mes priorités d'être échangé. J'aimais les partisans et l'organisation, ma famille était ici, donc je voulais rester à Montréal. Mais dans le hockey, quand les choses ne vont plus, on t'échange un peu comme un numéro.»
Aurait-il aimé recevoir plus d'encouragements de la part de Jacques Martin ? «Cela aurait changé beaucoup de choses», répond Latendresse, soulignant que la communication n'était pas à son mieux avec Martin et qu'il avait toujours peur de faire une erreur.
«Certains soirs t'as les jambes dans le ciment tellement ça roule dans le cerveau. »
Incertain de son rôle
Latendresse n'a jamais été le patineur le plus rapide, ce qui ne l'a pas empêché d'inscrire une moyenne de 15 buts au cours de ses trois premières saisons chez le Tricolore.
Son arrivée avec l'équipe alors qu'il venait de célébrer ses 19 ans le printemps précédent avait créé de grandes attentes à son endroit, et les partisans, heureux de voir un francophone s'amener avec leur club chéri, l'ont accueilli avec une grande ferveur.
Cette saison toutefois, on le sentait perdu sur la patinoire. Comme s'il était incertain de son rôle. Après la remontée des siens samedi contre les Red Wings, juste avant la période de prolongation, Latendresse, sur le banc de son équipe, avait le regard d'un gars mal dans ses patins ; déçu de ne pas contribuer.
Le regard d'un gars ne sachant plus trop comment se remettre sur le piton. À qui on avait offert un contrat d'un an au lieu de deux, comme il le souhaitait. Bref, le regard d'un gars sur le siège éjectable.
Rappelé à l'ordre à l'entraînement
Sa descente aux enfers s'était d'ailleurs poursuivie hier matin durant l'entraînement à Brossard, quelques heures seulement avant qu'on ne lui annonce son départ pour le Minnesota.
Le Canadien pratiquait son avantage numérique. Latendresse ne plaçait pas assez devant le filet au goût de l'entraîneur-adjoint Perry Pearn. Ce dernier s'est avancé vers l'attaquant et, en se servant de la palette de son bâton, tapant sur la glace avec insistance, lui a indiqué exactement à quel endroit il désirait le voir camper. Latendresse a répondu en ho-chant la tête à l'affirmative à plusieurs reprises.
Pearn a ensuite fait rapport à Martin, qui s'occupait de la première unité d'avantage numérique, à l'autre bout de la patinoire.
Plus dans les plans
Après un match de plus de 13 minutes face aux Hurricanes, le temps de glace de Latendresse avait chuté de nouveau : 6:31 et 5:50 seulement au cours des deux derniers.
«Il y a de l'espoir, révélait Martin au sujet de son attaquant en conférence de presse», avant l'annonce de son départ.
«La première chose, c'est d'accepter de payer le prix. Il faut y mettre l'effort. Guillaume doit utiliser ses forces, son physique et ses mains. Il doit être dans le trafic, devant le filet.»
Des conseils qu'il tentera maintenant de mettre en oeuvre dans un autre uniforme, celui du Wild du Minnesota.
Latendresse ne faisait plus partie des plans de l'équipe. Du moins pas de ceux de Jacques Martin.
«C'était le temps de tourner la page», conclut Latendresse, heureux de la nouvelle aventure qui l'attend.
Dans cette journée de remue-ménage, Sergei Kostitsyn a aussi été rappelé des Bulldogs de Hamilton hier. Il devrait participer à l'entraînement du Canadien ce matin à Brossard, et pourrait être en uniforme en soirée pour le match contre les Blue Jackets, le nouveau venu Pouliot étant blessé. Kostitsyn a amassé quatre buts et neuf passes en 16 matchs avec les Bulldogs.
Guillaume Latendresse
Ailier - 6' 2» - 230 livres - 22 ans
Originaire de Sainte-Catherine
Cette saison : trois points (2 buts, 1 aide) en 23 matchs, et un différentiel de -4.
Il a joué en moyenne 11 minutes et 21 secondes par match.
En carrière : 85 points (48 buts, 37 aides) en 232 matchs, et un différentiel de -22.
Il a récolté 25 points ou plus à ses trois premières saisons avec le Canadien, la première étant sa meilleure avec 29 points (16 buts) en 80 matchs
Il a marqué son premier but en carrière dans la LNH le 7 novembre 2006, au Centre Bell.
Guillaume avait étonné à son premier camp d'entraînement avec le Tricolore à l'automne 2005. Les fans scandaient même son nom dans les gradins du Centre Bell. Malgré 3 buts et 2 passes en 4 rencontres, il était retourné dans le junior à Drummondville, où il avait connu une saison de 43 buts et 40 passes en 51 matchs.
En 2006, une autre bonne performance force la main au Canadien et il signe alors à 19 ans une entente de trois ans (850 000 $.)
L'été dernier, après une saison moins étincelante marquée par une blessure, il se contentait d'une offre de qualification et d'une baisse de salaire pour un nouveau contrat d'un an.
Il sera éligible à l'arbitrage à la fin de la présente saison.