Wayne Gretzky a exorcisé ses démons

25 ans après l'échange - Wayne Gretzky a exorcisé ses démons

Wayne Gretzky en pleine conférence de presse le 9 août 1988.Photo Archives / Agence QMI


Terry Jones

EDMONTON - Quitter Edmonton a été une chose difficile. D'ailleurs, le 9 août n'est pas une journée que célèbre Wayne Gretzky.

Ce dernier martèle que l'anniversaire marquant sa vente aux Kings de Los Angeles devient une plus grosse affaire à chaque tranche de cinq ans.

«C'est accablant! Le nombre de demandes d'entrevue que j'ai reçues est difficile à calculer, avait mentionné la "Merveille", deux jours après avoir fêté ses 25 ans de mariage en compagnie de sa fille Paulina alors que le petit ami de celle-ci, Dustin Johnson, allait disputer l'Omnium britannique de golf le lendemain. Même Bruce McNall (le propriétaire des Kings qui avait scellé l'entente avec Peter Pocklington pour acquérir le hockeyeur ontarien) m'a envoyé un message texte pour me dire que j'étais bombardé!»

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Son passage à Edmonton

Aussi, Gretzky comprend le phénomène relatif à toute l'attention dont il bénéficie actuellement.

«Je ne veux pas comparer cela à n'importe quoi. Par exemple, ce que Paul Henderson a accompli à la Série du siècle est remarquable et ma situation est un peu semblable à la sienne. Vingt ans plus tard, son but semble plus gros que jamais. Les gens veulent en savoir plus à ce sujet. Ils désirent en parler. C'est désormais une partie de la culture et de l'histoire canadienne.

«Il y a trois ou quatre mois, sur mon parcours de Los Angeles, Paul était là et il est monté dans ma voiturette. Je l'ai salué, car cela était important pour moi. Ce qu'il a fait a été très spécial.

«Plus le temps avance, plus les gens veulent savoir et entendre parler de ce qui s'est déroulé autrefois.

«Entre autres, il y a plusieurs enfants qui sont des partisans d'Edmonton et qui souhaitent comprendre. Quand nous avons commencé là en 1979, la plupart des gens avaient grandi en encourageant Toronto et Montréal. Je me souviens d'avoir été assis dans le vestiaire avant une partie contre les Leafs en disant qu'il fallait prendre l'avance rapidement afin que leurs amateurs présents dans les gradins se taisent. Pendant notre époque, beaucoup sont devenus favorables aux Oilers.»

Une date à oublier

Au début, le numéro 99 détestait l'anniversaire de la transaction plus que n'importe quel autre jour de l'année. «Je n'en parlais pas trop quand je jouais, mais je craignais particulièrement d'aller à Edmonton par la suite, a-t-il précisé au cours d'une longue entrevue. Il y avait quelques raisons à cela : j'avais de bons amis chez les Oilers et nous formions un groupe uni. Non seulement nous étions une bonne équipe, mais nous avons grandi ensemble. Après, jouer contre les gars, c'était l'équivalent d'affronter votre frère. Ceci était dur pour moi.

«Et d'un autre côté, il y avait les partisans. Je ne peux en dire assez sur la manière dont ils m'ont traité, et ce, comme individu au sein de la communauté. Les gens ont toujours été reconnaissants.

«Les partisans me demandaient : "Comment circules-tu à Edmonton?" Et je leur répondais que je le faisais avec mes deux pieds.

Comme Gordie Howe

«Il y avait souvent des jeunes qui demandaient des autographes et une mère de famille voulait parfois une photo avec son fils. Cela faisait partie de la vie d'athlète professionnel. Si vous ne pouvez accepter ceci, vous n'êtes pas dans le bon domaine. Je disais aux gens que Gordie Howe l'a fait toute sa vie, et que s'il a réussi, moi également je pouvais réaliser la même chose.

«J'ajoutais que Mark Messier était le fils d'Edmonton et que pour ma part, j'étais le fils adoptif de la ville. Et c'était difficile pour moi. Je n'ai jamais aimé retourner jouer là-bas et je pense n'avoir disputé qu'un seul bon match à cet endroit [après l'échange] : c'était la partie des étoiles, durant laquelle j'ai côtoyé les gars à nouveau.»

Éviter une statue

La meilleure illustration des sentiments qu'éprouvait Gretzky vis-à-vis son retour dans la «ville des champions» était la relation qu'il entretenait avec la statue aménagée à son effigie et le périple qu'il a réalisé en Alberta en 1999.

Pendant longtemps, il a évité le symbole en question. Lorsqu'il portait d'autres uniformes, le joueur d'avant ne jetait jamais un coup d'œil à l'objet. Finalement, il a exorcisé ses démons durant le printemps 1999, peu après l'annonce de sa retraite. Il avait demandé au directeur général des Oilers, Glen Sather, de lui procurer deux billets pour la rencontre éliminatoire face aux Stars de Dallas.

«Ce fut la première fois que j'ai vu ma statue à l'extérieur, a-t-il mentionné. Je ne voulais pas le faire avant. Quand l'autobus nous amenait à l'aréna, j'évitais de la regarder.

Encore des amis

«Mais ce jour-là, moi et Mike Barnett [son agent à cette époque] avons marché vers elle et nous l'avons contemplé attentivement.»

Maintenant, est-ce que les choses sont plus faciles à accepter, 25 ans plus tard?

«Oui, oui, surtout depuis que je me suis retiré. Ça fait très longtemps que tout cela est arrivé. [...] Aujourd'hui, j'ai encore de bons amis à Edmonton et je conserve d'excellents souvenirs.

«C'est très différent d'autrefois, j'aime y revenir trois ou quatre fois par année. L'organisation des Oilers a toujours été bonne à mon égard, surtout depuis que je suis parti, que ce soit Glen Sather, Kevin Lowe ou le propriétaire Daryl Katz. Ils m'ont traité avec classe et respect, et pour cela, je leur en suis très reconnaissant.

Une bonne mémoire

«Quand je reviens là, je vois des gens qui ont été impliqués auparavant dans l'équipe ou qui sont mes amis. Nous discutons seulement de nos souvenirs. Parfois, des matchs refont surface, des rencontres en particulier. Des fois, ils sont impressionnés de la façon dont je peux me rappeler chaque partie et tout ce qui s'est déroulé. J'ai une assez bonne mémoire de ce qui est arrivé. Disons que c'est pas mal amusant.

«C'est l'aspect le plus plaisant des amitiés que vous tissez au fil des ans et des compagnons que vous apprenez à connaître.»


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