Un nuage moins noir

Pour

Erik Cole a fait sourciller des amateurs de hockey. Agence QMI

Jean-François Chaumont

BROSSARD - Erik Cole avait plus sa tête et son cœur à la famille qu'au hockey durant les interminables 113 jours du lock-out. Après seulement trois entraînements, l'Américain de 34 ans a retrouvé le sourire et la passion pour son sport.

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À la veille de l'ouverture du camp, Cole avait provoqué une commotion dans une ville folle de hockey comme Montréal en déclarant qu'il songerait possiblement à la retraite à la fin de la saison.

Sans complètement changer son fusil d'épaule, le numéro 72 a grandement nuancé ses propos, mardi, dans le vestiaire du Tricolore à Brossard.

«Si j'ai du plaisir cette saison et que j'ai du plaisir à me présenter à l'aréna, c'est évidemment une raison de rester, a-t-il dit. Mais si le cœur ne devait plus y être, ce ne serait pas juste envers mes coéquipiers, l'organisation ou les partisans de poursuivre sans offrir les efforts requis.»

Toujours réfléchi dans ses réponses, Cole a ensuite offert d'autres explications afin de calmer la tempête qu'il avait lui-même provoquée.

«Honnêtement, je crois que vous avez assemblé des réponses pour en faire une seule, s'est défendu l'ancien des Hurricanes de la Caroline. S'il n'y avait pas eu de hockey cette saison, je crois que mes mauvais sentiments auraient continué à brûler à l'intérieur de mon corps.»

«Ça fait du bien de revenir dans un environnement de hockey, je retrouve le plaisir de jouer et de travailler fort pour gagner. Je l'ai dit plutôt cette semaine, malgré le nuage noir qui planait dans le ciel au cours des premiers mois avec le lock-out, c'est un bon sentiment de se retrouver dans une ère nouvelle.»

La victoire parlera

Malgré des sommets personnels l'an dernier avec 35 buts et 61 points, Cole a toujours gardé un goût amer de sa première saison avec le CH. Pour lui, la victoire restera toujours plus importante que les statistiques individuelles. On le remarquait assez rapidement l'hiver dernier par son regard sévère et ses réponses sèches dans le vestiaire de l'équipe après une défaite.
Le bonheur de Cole passera donc par une équipe gagnante.

«Évidemment, si je veux encore jouer, je souhaite le faire à Montréal, a-t-il affirmé. Je n'avais plus le cœur au hockey pour plusieurs motifs, mais principalement en raison du lock-out. Quand tu y ajoutes la saison difficile de l'an dernier et le fait que je me suis rétabli d'une blessure durant tout l'été [bas du corps], c'était plus difficile de sourire pour moi lors des derniers mois.»

Un père de famille

Marié et père d'une fille de 12 ans et d'un garçon de 8 ans, Cole a utilisé le lock-out pour passer encore plus de temps en famille.

«J'ai profité de plus de temps à la maison et j'ai réalisé encore plus à quel point c'est agréable d'être un père de famille, a-t-il précisé. Je pouvais suivre les entraînements ou les matchs de mon jeune garçon au hockey, j'avais aussi la chance de reconduire mon fils et ma fille à l'école.»

L'Américain natif d'Oswego dans l'État de New York a aussi parlé du bonheur pour ses enfants de vivre dans un nouvel environnement.

«Mon garçon de 8 ans vit pour le hockey et il ne peut pas être plus heureux dans une ville comme Montréal. J'ai aussi fait une glace dans la cour de notre maison.»

«Ma fille est aussi sortie de sa coquille l'an dernier, elle a combattu sa timidité en participant à une pièce de théâtre à son école. Quand elle faisait ses répétitions à la maison, elle refusait qu'on la regarde, mais elle a réussi à surmonter sa gêne devant un auditoire formé par les parents. J'ai découvert qu'elle avait un côté théâtral en elle et qu'elle chantait bien. C'était fantastique comme sentiment.»

Par l'entremise de ses enfants, Cole a également appris un peu le français.

«Avec le lock-out, j'ai aussi pris des leçons de français par l'entremise de mon fils. Je devais l'aider dans ses devoirs, a soutenu Cole. Mon garçon a appris le français plus rapidement que ma grande fille, c'est possiblement plus facile à un plus jeune âge.»


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