Alors que le lock-out se poursuit dans la LNH, les Stars de Montréal entameront leur saison, le week-end prochain, dans la Ligue canadienne de hockey féminin.
Il existe évidemment un monde de différences entre les deux circuits. Pendant que joueurs et propriétaires se battent pour des millions de dollars, les femmes de la CWHL doivent elles-mêmes payer leurs repas lorsqu'elles voyagent.
«Il y a quand même eu une progression lors des dernières années, observe l'attaquante Caroline Ouellette. Avant, on devait payer pour jouer.»
Selon les informations obtenues, les hockeyeuses devaient effectivement débourser environ 1000$ par saison, il y a quelques années. En 2012, elles ne sont toujours pas rémunérées, mais l'organisation arrive à défrayer les coûts pour les hôtels et l'autobus.
Au niveau de l'équipement, quelques commanditaires viennent faciliter la tâche, mais les joueuses doivent encore en payer la majeure partie.
Malgré la situation, les joueuses des Stars sont loin de crier au scandale et d'exiger l'équité salariale... Elles comprennent que l'argent engendré par un produit dicte naturellement la hauteur des salaires qui doivent être versés. Cela dit, il ne faut pas croire que ces mêmes athlètes n'aimeraient pas améliorer leur sort.
«Nous sommes réalistes, indique Ouellette. On ne veut pas des millions, mais c'est certain qu'on rêve de gagner notre vie en jouant au hockey.»
Directrice générale des Stars, Meg Hewings a bon espoir d'un futur plus rose pour les hockeyeuses.
«Nous en sommes encore au début de ce que pourrait être une ligue professionnelle, nous devons encore établir notre base de partisans et attirer des partenaires financiers», dit Hewings, rappelant que la CWHL compte actuellement cinq équipes.
«Il faut commencer quelque part, poursuit-elle. Quand on regarde le hockey de la LNH dans les années 50, c'était loin de ce que l'on voit aujourd'hui. On peut aussi tracer un parallèle avec le tennis féminin qui a considérablement amélioré ses conditions au fil des ans.»
Profiter du lock-out
En tant que fan, Caroline Ouellette s'ennuie elle-même du hockey de la LNH. Le présent lock-out ne l'empêche toutefois pas d'espérer que la situation pourrait permettre, un tant soit peu, de rediriger les projecteurs vers le hockey féminin.
«Le défi est d'amener les gens une première fois à nos matchs, croit Ouellette. Personnellement, je crois à la qualité du produit.»
«Peut-être que la ligue manquait de profondeur avant, mais on a réussi à se perfectionner, note pour sa part la gardienne Kim St-Pierre. Les filles patinent bien et réussissent de beaux jeux. Comme les gars, on offre un bon spectacle. Malheureusement, on n'obtient pas la visibilité que l'on mériterait dans les médias.»
Le message est lancé en vue des premières parties de l'année alors que les Blades de Boston seront de passage à l'aréna Étienne-Desmarteau, les 20 et 21 octobre.
Pour le prix des billets, on parle de 8$. Soit tout juste un peu plus cher que ce que ça coûtait dans les années 50 pour aller au Forum de Montréal...