Quand Wickenheiser bat les Carabins…

Hockey

Hayley Wickenheiser © Amber Bracken / Agence QMI


Benoît Rioux

MONTRÉAL - En s'imposant face aux Carabins de l'Université de Montréal dimanche, lors de la finale du championnat canadien de hockey féminin universitaire, la légendaire Hayley Wickenheiser, des Dinos de Calgary, a accompli un rare exploit qui manquait à son palmarès.

«Sa motivation était très grande pour ce championnat, révèle d'ailleurs la Québécoise Danielle Goyette, qui dirige le programme des Dinos depuis 2007. À un certain moment, j'ai dû la calmer.»

Âgée de 33 ans et étudiante en kinésiologie pour une deuxième année, Wickenheiser a terminé l'ultime rencontre, disputée à Edmonton, avec deux buts et autant de mentions d'aide. Elle menait ainsi son équipe vers une victoire de 5-1.

«Pour gagner un tel championnat, il faut compter sur ses meilleurs éléments, a poursuivi Goyette. Hayley a justement haussé son jeu d'un cran lors de la finale. Elle a pris le taureau par les cornes.»

Pour Wickenheiser et Goyette, cette récente conquête demeure spéciale, même si elle s'ajoute à une multitude de médailles d'or qu'elles ont remportées ensemble, en tant que joueuses, sur la scène internationale. En plus de triomphes communs aux Jeux olympiques de Salt Lake City (2002) et de Turin (2006), Wickenheiser et Goyette ont gagné à maintes reprises le Championnat du monde et la Coupe des quatre nations. Rappelons que Wickenheiser a aussi évolué au hockey professionnel avec les hommes, en 2003 et 2004, en Finlande.

«C'est émotif, indique Goyette, dont l'équipe atteignait la finale canadienne pour la première fois. Nous avons maintenant gagné à tous les niveaux, international et national, et personne ne pourra nous enlever ça.»

Peu de temps après la partie, Goyette s'est vu remettre la rondelle du match par Wickenheiser, qui l'avait précieusement conservée.

«C'était une soirée fantastique, note l'entraîneuse des Dinos. Souvent, on oublie à quel point ces moments sont précieux. En même temps, ceux qui me connaissent savent que je ne veux pas m'arrêter là. J'aimerais que le programme de l'Université de Calgary devienne un des meilleurs au Canada. Ce championnat pourrait d'ailleurs aider à attirer de nouvelles joueuses.»

Pour l'instant, Goyette sait déjà qu'elle comptera à nouveau sur Wickenheiser, l'an prochain. Cette dernière pourrait d'ailleurs évoluer avec les Dinos encore trois autres saisons, mais on devine qu'elle privilégiera les Jeux olympiques de Sotchi, en Russie, en 2014.

Justifiant l'admissibilité de Wickenheiser au sein du circuit universitaire canadien, il faut savoir qu'aucune règle d'âge maximal n'existe présentement, peu importe le sport, du côté féminin. Les athlètes peuvent ainsi jouer pendant cinq ans, et ce, peu importe l'âge.

Fierté à l'Université de Montréal

Du côté des Carabins, qui ont constitué l'équipe cendrillon de la compétition, on ne retient que du positif de ce mauvais tour joué par Wickenheiser et ses coéquipières.

«La fierté est le premier mot qui me vient en tête, de témoigner l'entraîneuse Isabelle Leclerc. Il n'y absolument rien à avoir honte. On peut se baser là-dessus afin d'apprendre pour le futur.»

«C'est une expérience incalculable pour notre jeune équipe et malgré la déception de la défaite, nous retenons énormément de points positifs de cette expérience, d'ajouter la directrice du programme de hockey féminin des Carabins, Danièle Sauvageau. Nos joueuses savent maintenant qu'elles peuvent rivaliser contre les meilleures équipes au pays et face à des athlètes de la trempe de Wickenheiser. Elles comprennent ce que ça prend pour mettre la main sur le titre national et c'est un grand pas en avant pour nous.»

Comme les Dinos, les Carabins en étaient à une première présence en finale canadienne. Les représentantes de l'Université de Montréal devaient toutefois se mesurer à celle que l'on considère, à juste titre, comme la meilleure joueuse de hockey au monde…

«On m'a dit que certaines joueuses de Montréal étaient un peu excitées de jouer contre Hayley, laisse tomber Goyette, en riant. Il faut se rappeler que la plupart d'entre elles ont grandi en la regardant à la télévision. Disons que c'est un bon modèle à suivre.»


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