«La LNH, ma seule option»

Alexei

Alexei Yemelin est connu pour sa robustesse. © AFP


Slava Malamud

Dernière mise à jour: 23-08-2011 | 16h31

Le parcours qui a fait d’Alexei Emelin une vedette de la Ligue continentale de Russie (KHL) et, maintenant, un membre de l’organisation du Canadien a été parfois cahoteux.

Le puissant défenseur russe a été repêché devant des joueurs tels Ryan Callahan et Johan Franzen et pendant longtemps dans son pays d’origine, il était reconnu comme un agitateur et comme un joueur que les partisans des équipes adverses prenaient un malin plaisir à détester.

Il a également subi une blessure sérieuse vers la fin de la saison 2008-2009, blessure qui est venue freiner ses ardeurs dans sa quête de poursuivre une carrière dans la LNH. Ce n’est que plus tard que la chance a tourné en faveur de Emelin.

Au cours de la dernière année, le défenseur du Ak Bars Kazan s’est avéré non seulement un solide pilier en défense, mais également une menace constante sur le plan offensif. Et après avoir été invité à faire partie de l’équipe nationale russe lors des deux derniers championnats du monde, Emelin savait que le temps était venu pour lui de faire le saut avec le Tricolore.

J’ai téléphoné à Emelin en Russie afin de discuter avec lui de la plus importante décision de sa carrière et de ses attentes à l’approche de ses débuts avec le Canadien.

Q- Comment te sens-tu présentement, avant d’arriver à Montréal ?

R- Je me sens bien et confiant parce que l’impression que j’ai eue de Montréal est très bonne. C’est un geste que je voulais poser plus tôt, mais nous avons eu de la difficulté à nous entendre sur certains points alors on a dû reporter le tout.

Q- Crois-tu qu’à 25 ans, c’est un peu tard pour faire tes débuts dans la LNH ?

R- J’aurais aimé commencer plus tôt, mais ça n’a pas été possible. Présentement, j’estime que c’est ma seule option. Soit que j’y vais (dans la LNH) maintenant ou jamais.

Q- Qu’est-ce que ta famille pense de cette décision ?

R- Ils m’appuient entièrement et m’ont même aidé à prendre cette décision. C’est une chose sur laquelle nous nous sommes entendus ensemble. Ma femme et ma fille viendront à Montréal avec moi et y demeureront durant la saison.

Q- C’est un style de vie complètement différent à Montréal, par contre.

R- Je ne m’en fais pas. J’ai été au Canada à plusieurs reprises, dont lors des championnats du monde juniors, et j’ai une très bonne opinion de ce pays. Je ne m’attends pas à faire face à des problèmes majeurs.

Q- Et comment est ton français ?

R- Je ne connais pas un seul mot. Je crois que j’essaierai plutôt d’apprendre l’anglais, puisque je connais déjà un peu cette langue.

Q- Que sais-tu à propos de Montréal ?

R- J’en sais très peu au sujet de la ville, à part le fait que le hockey y occupe une grande place. En ce qui concerne le club, je sais que c’est une organisation qui a très bonne réputation et qui a gagné plusieurs coupes Stanley.

Q- Lorsque tu étais plus jeune, avais-tu une équipe préférée dans la LNH ?

R- Non, parce que je n’avais pas vraiment l’occasion de regarder des matchs de la LNH. Mais j’admirais Alexei Kovalev, qui est de Togliatti, tout comme moi. Quand il revenait à Togliatti durant l’été, je m’assurais d’aller le voir s’entraîner. C’est le seul que je pouvais voir en personne. À part lui, je connaissais seulement les noms des vedettes de la LNH, comme Brian Leetch, Wayne Gretzky et Jaromir Jagr.

Q- Montréal est réputée pour son amour du hockey et pour la façon dont chaque joueur du Canadien devient instantanément une célébrité. Es-tu prêt à cela ?

R- En toute honnêteté, je ne sais pas. Je n’ai jamais été dans une situation comme celle-là. C’est quelque chose de tout à fait nouveau pour moi. J’ai de la difficulté à m’imaginer être une célébrité.

Q- Tu veux dire que tu n’étais pas célèbre à Kazan ?

R- J’entretenais une relation correcte avec les médias, c’est-à-dire que je n’avais pas de problèmes avec eux. Les partisans me traitaient bien eux aussi. Bien entendu, il y a des gens qui oubliaient d’encourager leur propre équipe et qui préféraient haïr les joueurs des autres équipes, mais ça arrive partout.

Q- Mais tu avais la réputation d’être un joueur robuste, et même salaud, dans la KHL ?

R- Ce n’est pas à moi de juger. C’est quelque chose que les gens qui regardent les matchs peuvent mieux déter miner. Je ne frappe pas les gens pour qu’ils aient peur de moi. Je les frappe pour leur enlever la rondelle et amorcer une relance.

Q- Il y a quelques années, tu t’es fracturé un os du visage ?

R- Oui, pendant une bagarre. La blessure est complètement guérie depuis longtemps, mais ce fut un long processus. Ma femme et mes parents ont trouvé l’épreuve difficile, mais ce sont des choses qui arrivent au hockey.

Q- Les bagarres sont plus fréquentes dans la LNH. Continueras-tu à te battre ?

R- Ce n’est certainement pas moi qui chercherai à me battre. J’ai subi une fracture au visage et je ne suis pas pressé de revivre cette expérience. Alors, on verra ce qui arrivera.


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