À pareille date, il y a
deux ans, Martin Raymond était
en phase de recrutement annuel
dans son ancien rôle de grand
responsable du programme de
hockey de l’Université McGill. Il
donnait aussi un coup de main, via
téléphone, à son grand ami Guy
Boucher, qui dirigeait les Voltigeurs
de Drummondville en finale de la
Coupe du Président.
Aujourd’hui, les deux hommes, ainsi que
leurs complices Daniel Lacroix, Wayne
Fleming, qui se remet d’une opération au
cerveau, et Frantz Jean ne sont plus qu’à
trois victoires d’une participation à la finale
de la coupe Stanley.
«C’est sûr que je n’envisageais pas un
tel scénario, il y a deux ans, dit Raymond.
Mais je croyais possible de pouvoir
travailler dans la Ligue nationale un jour.
J’y pensais, mais pas du matin au soir.»
Respect et sécurité
Raymond gagnait bien sa vie dans
ses fonctions de directeur général et
d’entraîneur des Redmen de McGill. Il
jouissait pratiquement d’une sécurité
d’emploi à vie.
Pour cette raison, il a réfléchi lorsque
Boucher lui a offert de travailler à ses
côtés avec les Bulldogs de Hamilton, la
saison dernière.
«La décision a été difficile à prendre,
raconte-t-il. J’ai une famille à faire vivre. Je sais
que la sécurité d’emploi n’existe pas
vraiment dans le sport professionnel.
Mais je ne voulais pas me retrouver dans
un environnement où j’aurais l’impression
de travailler constamment avec l’épée
de Damoclès au-dessus de la tête.»
«Guy m’a rassuré en me disant que les
dirigeants de l’organisation du Canadien
étaient de bonnes personnes. Je n’ai que
du bien à dire de Pierre Boivin, Bob Gainey,
Pierre Gauthier et Michael Andlauer,
le propriétaire des Bulldogs.»
«Guy m’a dit exactement la même
chose du propriétaire du Lightning, Jeff
Vinik, et de notre directeur général Steve
Yzerman lorsqu’il m’a offert de la suivre à
Tampa.»
«Ma formation d’enseignant et d’entraîneur
fait que j’aime bâtir et développer
des choses. Pour faire ça, il faut travailler
dans un environnement où prime
le respect.»
Meneurs aux valeurs solides
Parce qu’ils n’ont jamais joué dans la
LNH et considérant leur jeune âge, Boucher
et Raymond auraient pu faire face à de
l’opposition de la part des joueurs. Mais tout
semble très bien se passer.
«Quand le capitaine de ton équipe se
nomme Vincent Lecavalier et qu’il mise
sur des adjoints de la trempe de Martin
Saint-Louis et Mattias Ohlund, ça compte
pour beaucoup, reprend Raymond. Je savais que Vincent ne poserait
aucun problème, car je le connais depuis
longtemps. J’ai rencontré Martin avant le
camp d’entraînement et il répond à la description
qu’on m’en avait fait. Ohlund est
droit comme une flèche. Ce sont des personnes
respectueuses.»
«C’est la même chose du côté des dirigeants.
Quand ça part avec Steve Yzerman,
tout devient plus facile.»
La venue d’un nouveau propriétaire et
d’un personnel d’hommes de hockey
compétents a relancé la concession du
Lightning.
«On compte sur des joueurs qui
désirent remporter la coupe et sur
d’autres qui veulent la regagner.»
On ne sait pas si le Lightning va arriver
à ses fins, cette année. Mais avec les gens
qui ont été mis en place, les partisans de
l’équipe n’ont plus à s’inquiéter.
Le Lightning est entre bonnes mains.