Martin St-Louis parlait avec
émotion hier de la mise en
échec que lui a fait subir Clarke
MacArthur des Thrashers,
samedi. Le fougueux attaquant
en avait été sonné au point de
perdre son sens de l’équilibre
de longues secondes.
«C’était très inquiétant de ne
pouvoir mettre un patin devant
l’autre alors que ma famille était
dans les gradins», a confié l’homme
de fer du Lightning, qui a quand
même chaussé les patins hier pour
un 373e match consécutif, soit la
sixième plus longue séquence active
dans la LNH.
St-Louis était près de la bande
quand MacArthur l’a frappé. «Mais
je ne crois pas que c’était un coup à
la tête, précise St-Louis. C’était certainement
dangereux cependant,
car j’étais vulnérable à ce moment ;
j’avais perdu mon ballant.»
Une mêlée a éclaté pendant que
St-Louis tentait tant bien que mal
de retrouver ses esprits. Il a quitté
le match, puis passé des tests neurologiques
le lendemain qui n’ont
révélé aucune séquelle. Il patinait
hier matin pour la première fois depuis
l’incident.
«Sur le coup, ma vision et mon
équilibre étaient très fragiles et cela
a duré au moins 45 secondes.
Maintenant je me sens bien. Sur la
bicyclette stationnaire, j’ai porté
mon battement cardiaque en haut
de 175 sans problème.»
Suspensions
La mésaventure de St-Louis survient
pendant que le débat sur les
coups à la tête fait rage dans la
LNH. Dans cette zone grise difficile
à cerner entre la rudesse excessive
et la robustesse propre au hockey.
Comment régler le problème des
coups à la tête ?
«Les joueurs qui font ces
gestes à répétition devront être
suspendus encore plus, estime St-
Louis. C’est la seule façon d’y arriver.
Il faudra aussi éliminer le
règlement de l’instigateur. Comme
ça, le gars qui va trop loin sait
qu’il aura un joueur à ses
trousses après sa charge. Ceux
qui commettent des gestes dangereux
doivent payer pour leurs actions.
Une tête, ça ne se répare
pas facilement comme une épaule
ou un genou.»
Son coéquipier Vincent Lecavalier
fulminait encore contre Matt
Cooke, l’attaquant des Penguins
qui a porté un coup salaud à la tête
de Marc Savard en fin de semaine.
«Matt Cooke est sournois... je
trouve ça incroyable, déplore Lecavalier.
Son geste mérite une peine
d’au moins cinq matchs, sinon dix.
La ligue doit faire un exemple de
lui.»
«Quand j’ai vu la scène de l’incident,
je me suis dit aussitôt que
c’est typique de lui. Ce n’est pas la
première fois qu’il agit ainsi, il me
l’a fait à moi aussi à mon épaule. Je
suis chanceux car une épaule, ça se
répare. Une commotion, c’est autrement
plus dangereux.»