Stéphane Cadorette
Agence QMI

Le Super Bowl a ses fidèles

Le Super Bowl a ses fidèles

Les Broncos de Denver et les Panthers de la Caroline ont rendez-vous, dimanche. Photo USA Today Sports

Stéphane Cadorette

SAN FRANCISCO - Pour de nombreux fidèles de la grand-messe du football, le rêve ultime est d'assister un jour à un Super Bowl. Or, un club sélect d'érudits a rêvé de plus, beaucoup plus. Dimanche, ces rares partisans qui font du grand rendez-vous leur pèlerinage annuel, vivront l'impensable sacrement : un 50e Super Bowl sur place.

Après avoir mené une recherche exhaustive à travers les États-Unis, la NFL est arrivée à la conclusion que seulement huit irréductibles partisans ont assisté aux 49 premiers Super Bowls et qu'ils vivront le 50e dimanche, à Santa Clara.

Du nombre, trois compères ont tissé des liens indéfectibles en réalisant, il y a quelques années seulement, qu'ils vouaient le même culte à l'événement. Donald Crisman, originaire du Maine, Thomas Henschel, de Pittsburgh, et Larry Jacobson, qui ironiquement, est natif de San Francisco, franchiront l'inimaginable fil d'arrivée au Levi's Stadium.

«C'est magique de vivre ce moment chez moi», a confié M. Jacobson.

Ce dernier a d'abord assisté aux premiers Super Bowls par curiosité. Maintenant, à 76 ans, la mission se poursuit.

«Autour du sixième Super Bowl, je me suis dit que ce serait bien de continuer jusqu'à ce que je ne puisse plus. Maintenant, je vise le 100e!», a-t-il lancé, sourire en coin.

Que d'aventures!

Ce fier partisan des 49ers, dont le plus grand moment est survenu lorsque Joe Montana a rejoint John Taylor à quelques mètres de lui dans la zone des buts pour remporter le Super Bowl 23, a quelques fois vu sa «séquence» menacée, tout comme ses acolytes.

Deux heures avant le 16e Super Bowl, l'un d'entre eux s'est offert une prise de bec avec un policier, qui a procédé à son arrestation. Il a finalement été libéré à temps pour le botté d'envoi.

Un autre avait auparavant subi une attaque cardiaque peu de temps avant le 10e Super Bowl, puis a désobéi aux médecins en prenant un vol vers Miami plutôt qu'un aller-simple vers la maison pour le repos prescrit.

«Il y a 35 ans, j'ai pris la décision que je ne raterais jamais un Super Bowl, mais je savais que personne dans ma famille n'avait passé l'âge de 77 ans. J'aurai 80 ans dans trois mois et je ne me vois pas arrêter», a assuré M. Crisman.

Jusqu'à la mort!

Évidemment, les joyeux lurons sont fiers de leur coup. Toutefois, ils n'en font pas toute une histoire.

«Je ne vois pas cela comme un accomplissement. Je suis surtout fier de mon épouse, qui a enduré mes folies pendant toutes ces années. Plusieurs aujourd'hui se font un devoir d'assister à tous les Super Bowls. On a juste eu le mérite de commencer avant eux.

«Dimanche, je vais prendre une grande respiration et me dire : wow, ça fait 50 ans! C'est un beau sentiment», a indiqué M. Jacobson.

Maintenant, la question existentielle : encore combien de temps cette douce folie peut-elle perdurer?

«Jusqu'à ce qu'ils me mettent dans une boîte!», a grogné M. Henschel.

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De Super balle à Super Bowl...

Dans les années 1960, de grands penseurs ont réalisé des études de marché poussées leur indiquant qu'un jour, le terme Super Bowl serait une marque de commerce mondiale. Non, ce n'est pas tout à fait ça!

Vous êtes-vous déjà demandé d'où vient l'appellation Super Bowl, aujourd'hui connue mondialement? L'histoire d'un nom aujourd'hui célèbre vient à l'origine d'une bonne maman qui voulait faire plaisir à ses enfants.

Dans le contexte de l'époque, la NFL et l'AFL étaient deux ligues compétitrices qui avaient décidé de tenir un match entre les champions des deux circuits, à compter de 1967. Les deux premiers Super Bowls étaient plutôt appelés «AFL-NFL World Championship Game».

Ce qui ramène à la bonne maman, Norma Hunt, l'épouse du regretté fondateur des Chiefs de Kansas City, Lamar Hunt.

«J'étais dans une boutique de jouets pour gâter les enfants, quand j'ai vu des balles rebondissantes que l'on appelait "Supers balles". Je me suis dit qu'ils adoreraient ce truc, mais Lamar a vite détesté voir les enfants jouer avec ça», a raconté Mme Hunt aux médias, vendredi, dans le cadre d'une conférence.

Un monstre est né

Ce que Lamar Hunt détestait aussi, c'était le nom du match de championnat. Si bien que dans une réunion au sommet, l'image de ses enfants avec leurs «Super balles» lui est revenue en tête. Le Super Bowl était né!

«La NFL n'était pas chaude à cette idée et le commissaire de l'époque trouvait que le nom manquait de classe. La Ligue a accepté à reculons de renommer l'événement.

«Encore aujourd'hui, nous conservons chez nous une lettre datant de quelques années plus tard, qui remerciait la famille Hunt de son initiative», a souri Mme Hunt.

Quant on voit les milliards de dollars qui entrent dans les coffres de la ligue à chaque année, une lettre était la moindre des choses!



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