L'ancien entraîneur de l'équipe de football des Nittany Lions de l'Université Penn State, Jerry Sandusky, a été condamné à une peine minimum de 30 ans de prison mardi.
Cette sanction est tombée après qu'il eut été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur des garçons de 10 ans pendant une quinzaine d'années. Sandusky, qui était le coordonnateur défensif des Nittany Lions du légendaire Joe Paterno, pourrait voir sa peine s'alourdir jusqu'à 400 ans de prison en raison du total de 45 chefs d'accusations qui pesaient contre lui.
La nouvelle de la condamnation de Sandusky a eu un effet de désolation chez les membres de l'organisation des Carabins de Montréal.
«Quand j'ai entendu la nouvelle lundi à CNN, j'étais sous le choc, a raconté l'entraîneur des Bleus, Danny Maciocia. J'ai entendu ses commentaires et je ne pense pas qu'il (Sandusky) a compris la gravité de ses gestes. Il ne réalise pas ce qu'il a fait.»
Selon lui, la peine décernée à l'homme de 68 ans est juste. «Que ce soit 30 ou 40 ans de prison, je ne crois pas que la population américaine doit s'inquiéter de le revoir, car je ne pense pas que ce sera le cas», a-t-il ajouté.
Le cas de Sandusky a eu des conséquences néfastes sur le programme de l'Université Penn State. Au mois de juillet, la NCAA a infligé des suspensions importantes aux Nittany Lions, mais c'est la réputation de l'institution qui en a plus souffert.
«Avec ce verdict, je crois que ça vient de mettre un point final à toute cette histoire, a indiqué Maciocia. Les gens de Penn State voudront maintenant passer à autre chose le plus rapidement possible. Ça doit être très difficile pour les gens qui sont demeurés à Penn State de toujours en entendre parler.»
L'ancien directeur général et entraîneur-chef de la LCF, qui en a vu d'autres dans sa carrière, croit que c'est un cas isolé.
«Avec le nombre de programmes de football qui existent aux États-Unis, un cas aux 15 ans, ce n'est pas beaucoup. Par contre, c'est un de trop.»
Pas à l'abri
La directrice des programmes sportifs des Carabins de Montréal, Manon Simard, estime qu'il n'y a pas de programme sportif qui est immunisé.
«Il faut tout faire pour se prémunir de ce type de personne ou d'actions, a affirmé Simard. Par contre, ce n'est pas écrit dans son front qu'il peut commettre de tels gestes.»
À l'Université de Montréal, des enquêtes sont effectuées lors de certaines embauches. «Ça dépend des fonctions, comme c'est le cas de nos animateurs de camp de jour parce qu'ils sont en contact avec des mineurs et qu'ils sont en autorité.
«Il y a des cadres qui sont établis, mais nous ne sommes jamais à l'abri. Ça demeure une préoccupation pour toutes les institutions.»
Si un événement comme celui-là se produisait au Canada, les sanctions seraient aussi sévères que celles qui ont été décernées à Penn State selon Mme Simard.
«Dans notre cadre, les punitions viendraient possiblement de l'interne et l'université fermerait tout simplement son programme. Le sport est un complément à l'enseignement prodigué. Le sport n'est pas indispensable au cheminement de l'athlète.»