Mathieu Boulay
Journal de Montréal

Le spectacle S.J. Green S.J Green est demeuré respectueux après sa brillante performance Des joueurs frustrés et déçus

L'ancien receveur des Alouettes marque deux touchés dans un gain écrasant des Argonauts de Toronto S.J. Green est resté respectueux après sa brillante performance contre son ancienne équipe - Le spectacle S.J. Green S.J Green est demeuré respectueux après sa brillante performance Des joueurs frustrés et déçus

Photo Agence QMI, Eduardo Lima

Mathieu Boulay

TORONTO | On savait que les Argonauts de Toronto voudraient obtenir leur revanche sur les Alouettes après le match de la semaine dernière. Non seulement ils l'ont prise, mais ils l'ont fait de façon écrasante, samedi après-midi, au BMO Field.

Grâce au brio du quart Ricky Ray et de l'ancien receveur des Alouettes S.J. Green, les hommes de Marc Trestman (4-5) ont signé un gain à sens unique de 38 à 6 contre la formation montréalaise (3-5) devant une foule décevante de 16 326 spectateurs.

À côté du domicile des Argonauts, il y avait une foire qui battait son plein durant le match. Les joueurs de la défensive des Alouettes ont possiblement eu l'impression de faire un tour de manège, gracieuseté du tandem Ray-Green. Les deux vétérans les ont étourdis comme eux seuls en sont capables.

Green a terminé la rencontre avec deux touchés et 145 verges de gains aériens. Le vétéran s'est moqué des jeunes demis défensifs montréalais durant toute la partie, notamment lorsqu'il a marqué ses deux majeurs en première demie. Il a capté plusieurs passes avec une facilité déconcertante.

Et tout ça devant les yeux du directeur général Kavis Reed qui était sur les lignes de côté pour assister à cette performance gênante de ses ouailles. Il doit regretter d'avoir libéré Green qui aurait certainement pu donner un coup de main à l'offensive de son équipe.

Samedi, le numéro 19 des Argonauts a répliqué à sa façon : avec des touchés et des points au tableau indicateur.

Pendant ce temps, chez les Torontois, le directeur général Jim Popp s'est sûrement frotté les mains de satisfaction en voyant la performance éclatante de sa troupe qui a stoppé une séquence de trois revers consécutifs tout en reprenant le contrôle du premier rang dans l'Est.

Horrible dans les trois phases

On pourrait lancer des roches à la défensive pour ce cuisant revers, mais ce sont tous les joueurs qui ont oublié de se présenter à Toronto. Les absences de Jean-Christophe Beaulieu et Philip Blake se sont notamment fait sentir à l'attaque.

Le quart Darian Durant, qui célébrait son 35e anniversaire, ne s'est pas offert de cadeau. Loin de là. Il a connu son pire match depuis le 30 juin dernier à l'occasion d'une défaite à Edmonton. Il n'a complété que 14 de ses 27 passes pour des gains anémiques de 93 verges avec une interception. Le vétéran a même été remplacé par Drew Willy en fin de match.

Quant aux unités spéciales, elles ont possiblement coupé les jambes de leur équipe au deuxième quart. Elles ont accordé un touché alors que Stefan Logan a échappé le ballon sur le botté d'envoi. Justin Tuggle a sauté sur l'occasion pour inscrire le majeur.

Le seul moment de réjouissance est survenu dans les dernières secondes du troisième quart. Jean-Samuel Blanc a rabattu une passe de Ray qui s'est retrouvée dans les mains de Dominique Tovell qui a inscrit un majeur de 61 verges par la suite. C'était le premier touché des Montréalais dans ces circonstances depuis septembre 2015.

« On pouvait faire un pas en avant aujourd'hui (samedi), mais on ne l'a pas fait, a souligné l'entraîneur Jacques Chapdelaine. Même si on avait une bonne stratégie en place, on n'a pas su répondre à ce qu'ils nous ont présenté. Ils nous ont dévoilé un plan totalement différent de ce qu'on avait vu lors du dernier match.

« Quand on voit quelque chose de nouveau, on doit compenser avec une bonne exécution, mais on en a manqué. Ce n'est pas seulement de la faute de Darian. »

Ray sonne la charge

On avait hâte de voir l'impact de Ray sur l'offensive torontoise. On peut se dire sans se tromper qu'il est énorme.

Dès la première séquence à l'attaque de son équipe, le vétéran a commencé son travail de démolition sans être trop dérangé derrière sa ligne de mêlée. Il a rejoint Green dans la zone payante en lançant le ballon au bon endroit.

Ray a répété son manège à deux autres reprises avant la fin de la première demie pour aider les locaux à se forger une avance confortable de 35 à 0. Par le fait même, il est devenu le quart des Argonauts le plus prolifique en obtenant sa 99e passe de touché pour dépasser Condredge Holloway.

« Ricky a connu un excellent match et il a su bien trouver ses receveurs, a souligné Chapdelaine. Ce fut un problème pour nous. Il a aussi été en mesure d'avoir de longues séquences. »

Il a fini sa journée de travail avec 35 passes complétées pour 377 verges avec quatre touchés et une interception. On peut difficilement demander mieux.

TORONTO | On a revu le bon vieux S.J. Green contre les Alouettes. Celui qui est capable de dicter l'allure d'un match à lui seul.

Pour la troisième fois depuis le début de la saison, le demi-inséré a atteint le plateau de 100 verges de gains aériens. Il a maintenant un total de 840 verges (2e dans la LCF) et cinq touchés (2e dans la LCF) au compteur au terme de ses neuf premiers matchs avec les Argonauts.

Pas mal pour un joueur dont on doutait de la capacité de revenir au sommet de son art !

Samedi, on peut penser qu'il a pris sa revanche sur l'équipe qui l'a cédé pour un sixième choix au repêchage. Toutefois, le principal intéressé ne l'a pas vu de cette façon.

« Ce n'est pas seulement à propos de moi, mais c'est l'affaire de tout le monde au sein de notre équipe, a souligné S.J. Green sur le terrain après la rencontre. Il y a 44 joueurs qui sont habillés à chaque rencontre et qui ont un travail à faire. Je suis seulement l'un d'eux. »

Il n'a pas voulu s'attarder à ses statistiques personnelles, même si elles ont été un facteur important dans cette victoire décisive des Argonauts.

« Je suis simplement content d'avoir pu aider mon équipe à revenir au premier rang, a ajouté Green. Je suis également satisfait d'avoir pu donner un coup de pouce à l'attaque, qui est revenue sur la bonne voie. »

La magie de Ray

Tout a commencé avec la première séquence à l'attaque durant laquelle le quart Ricky Ray n'a pas paru trop rouillé après avoir raté une rencontre en raison d'une blessure à l'épaule. Après avoir rapidement trouvé ses cibles préférées sur le terrain, dont Green, le reste n'a été qu'une formalité.

« Il n'y a pas beaucoup de quarts comme Ricky, a admis le n° 19 des Argonauts. C'était bien de le retrouver dans le champ-arrière. Lorsqu'il a toutes ses capacités, on a vu ce qu'il est en mesure de faire. »

Le vétéran de 37 ans a fait toute une différence dans le rendement de son équipe et il a eu un impact immédiat sur Green qui n'avait capté que quatre passes pour 32 verges la semaine dernière à Montréal.

Ces deux formations se retrouveront le 23 septembre à Toronto et on va souhaiter assister à un duel plus âprement disputé que celui de samedi.


Une centaine de partisans sont venus encourager les Alouettes et ils ont pu voir la période d'échauffement sur les lignes de côté. C'est devenu une tradition annuelle. Les joueurs, les entraîneurs et même le directeur général Kavis Reed ont pris un court moment pour venir les saluer.

TORONTO | Comme c'est souvent le cas après une défaite cinglante, les visages des joueurs des Alouettes étaient longs dans le vestiaire. Plusieurs se demandaient ce qui venait d'arriver durant les 60 minutes de jeu.

Certains avaient un niveau de frustration assez élevé au point de ne pas vouloir s'adresser aux journalistes. Le porteur de ballon Tyrell Sutton n'a pas voulu livrer le fond de sa pensée notamment. D'autres en ont profité pour lancer un message.

« Je crois qu'on les a pris un peu à la légère, a souligné le Québécois Nicolas Boulay. On a gagné quand même facilement la semaine dernière en faisant plusieurs erreurs.

« On est à la croisée des chemins de notre saison. Dans la semaine à venir, il va falloir décider quel type d'équipe on veut être. Ça va être un bon test pour notre caractère et on va voir qui a du coeur. »

Une interception coûteuse

L'une des séquences qui a fait mal aux Alouettes s'est déroulée après le premier touché des Argonauts. Après une belle poussée offensive, le quart Darian Durant a lancé une interception alors que son unité était dans la zone payante.

Ce n'est pas la première fois de la saison que le vétéran sabote une série productive avec une mauvaise prise de décision.

« Encore une fois, dans la zone payante, on n'a pas été performants, a mentionné Luc Brodeur-Jourdain. Ça nous a fait extrêmement mal. Au lieu de nous garder dans le match, ça nous en a sorti.

« Par contre, je ne veux pas mettre la pression sur notre quart. Il avait fait du bon boulot. On a encore confiance en lui. »

Pour ce qui est du principal intéressé, il sait qu'il n'a pas livré la marchandise dans ce match qui pourrait revenir hanter les Alouettes à la fin de la saison.

« On avait bien bougé le ballon, mais on n'a pas été en mesure de capitaliser, a précisé Durant. On doit leur donner du crédit, car ils avaient une excellente stratégie. Par exemple, à plusieurs reprises, j'ai dû précipiter mes passes en raison de leur pression. »

Les joueurs des Alouettes devront mettre cette défaite rapidement derrière eux, car ils n'auront que quelques jours pour se préparer pour leur duel contre les puissants Blue Bombers de Winnipeg, jeudi, au Stade Percival-Molson.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos