Ne vous méprenez pas, la dégelée de 56-18 servie aux Lions n'avait rien du hasard. Les Alouettes ont sauté sur le terrain du stade olympique, hier après-midi, avec l'idée bien arrêtée de planter les visiteurs pour leur faire ravaler leurs paroles.
«On s'était dit, lors de notre réunion d'équipe : pourquoi ne pas les éclater par 40 points? Pourquoi ce ne serait pas un match à sens unique ? C'est ça le message qu'on s'est tous passé», a ainsi révélé Matthieu Proulx, après la rencontre.
Les Alouettes avaient donc le désir non seulement de vaincre les Lions, mais aussi de les écraser sans ménagement, a-t-on demandé au jeune maraudeur.
«Absolument !», a réagi Proulx.
«On voulait envoyer le message qu'on est la meilleure équipe, gagner ce match de façon décisive pour aller à la coupe Grey avec confiance et semer le doute dans l'esprit de nos prochains adversaires.»
«Puis, c'est une équipe qui nous a manqué de respect au cours de la dernière semaine. Ils pensaient venir ici et gâcher notre party. Nous, on les respectait et je pense que c'est pour ça qu'on les a dominés, parce qu'on s'était bien préparé», a-t-il expliqué.
Se tourner la langue...
Pendant la semaine, plusieurs ont osé prédire un match serré malgré le dossier ronflant de la formation montréalaise en saison régulière, ce qui n'a pas manqué de froisser certains joueurs des Alouettes.
«On avait un peu de misère à retenir notre langue, je ne le cacherai pas, a avoué Matthieu Proulx.
Son comparse, Étienne Boulay, a aussi évoqué ce souhait de clouer le bec aux Lions.
«Ça fait une semaine qu'ils parlent dans les journaux et nous manquent de respect. On vient maintenant d'éliminer tous les doutes à propos de notre équipe», a ajouté Boulay, selon qui le meilleur reste à venir.
«Vous avez vu aujourd'hui ce qui va se répéter la semaine prochaine au niveau de notre intensité. Les gars sont prêts, les gars sont affamés et on a une chimie extraordinaire dans ce vestiaire», soutient-il.
«On est en mission. On s'en va à Calgary et on veut rien de moins que ramener la coupe Grey au Québec», dit Boulay.
Une foule appréciée
Ce dernier a tenu à saluer l'apport de la foule de près de 54 000 personnes, qui a su compliquer la vie à l'attaque des Lions.
«La foule était malade, c'était fou raide. Je n'avais jamais vu ça depuis que je suis avec l'équipe. C'était même plus bruyant que l'an passé à la coupe Grey. Ça nous a aidés énormément», a relaté Boulay.
Et, après des déceptions ces dernières années, il est d'ailleurs maintenant temps de remercier convenablement ses fans fidèles a remarqué Matthieu Proulx : «15-3, c'est bien beau comme fiche en saison régulière... mais la seule chose qui va garantir que cette saison est un succès, c'est la victoire à la coupe Grey».