Parce qu'il a la chance d'avoir des défenseurs comme Nicklas Lidstrom, Brian Rafalski, Niklas Kronvall et Brad Stuart devant lui, le vétéran gardien Chris Osgood obtient rarement sa part de mérite dans les succès des Red Wings.
On fait peu de cas de ses statistiques reluisantes (fiche de 10-2 avec une moyenne de buts alloués de 1,60 et un pourcentage d'arrêts de ,931) depuis qu'il a été appelé à prendre la relève de Dominik Hasek dans le cinquième match de la première ronde contre Nashville.
Personne n'a parlé non plus du fait qu'Osgood a battu lundi le record d'équipe de Terry Sawchuk en remportant une 48e victoire dans les séries éliminatoires.
Parce que les Red Wings excellent dans le contrôle de la rondelle, leur gardien n'a guère l'occasion de jouer les héros, étant la plupart du temps relégué dans l'ombre.
Il ne se prend plus au sérieux
Osgood, qui est âgé de 35 ans, ne s'en fait pas d'obtenir si peu de reconnaissance et de respect.
«Je ne me prends pas au sérieux, confiait-il il y a quelques jours à Detroit. En vieillissant, j'ai appris à être plus détendu, à ne pas m'imposer toute la pression du monde sur mes épaules. C'est la principale différence entre l'homme que j'étais il y a dix ans et celui de cette année.
«Plus jeune, je me laissais affecter par ce que les gens racontaient ou écrivaient sur moi après un mauvais match. Ce n'est plus le cas et je m'amuse beaucoup plus qu'auparavant», a ajouté l'athlète originaire de Peace River, en Alberta.
Deux coupes
Pour ceux qui l'auraient oublié, Osgood avait aidé les Red Wings à remporter deux coupes Stanley d'affilée en 1997 et en 1998, surtout la deuxième année lorsqu'il avait pris part à 22 matchs dans les séries.
Dix ans plus tard, après avoir effectué des détours par Long Island et par Saint-Louis, le voilà de retour en grande finale avec une équipe qu'il apprécie au plus haut point.
On peut parler d'une sorte de renaissance dans son cas.
Un écart de 12 ans
Osgood aura comme vis-à-vis un gardien, Marc-André Fleury, qui est 12 ans plus jeune que lui.
Pourtant, lorsqu'on le regarde de près, il a l'air encore d'un jeune homme dans la vingtaine.
Il est d'ailleurs incapable de se laisser pousser la barbe.
«Il y a toujours eu cette perception à Detroit que les Red Wings gagnent à cause de leurs joueurs talentueux et qu'ils perdent à cause de leurs gardiens», soulignait cette semaine le directeur général Ken Holland dans un quotidien de Detroit.
«Nous savons apprécier l'apport d'Osgood dans nos succès. Il ne reçoit peut-être pas beaucoup de tirs, mais ça ne l'empêche pas de réaliser des arrêts clés. C'est ce qu'on lui demande.»