Armstrong perd ses sept Tours de France

Dernière mise à jour: 22-10-2012 | 11h19

Sept ans et trois mois après son septième défilé en jaune sur les Champs-Elysées, Lance Armstrong a été rayé officiellement lundi du palmarès du Tour de France par l'Union cycliste internationale (UCI), désireuse de tourner la page des années de dopage massif au sein du peloton.

Cette fois, le dossier Armstrong est classé, pour le volet sportif tout au moins. L'instance dirigeante du cyclisme mondial a décidé de suivre le rapport cinglant de l'Agence antidopage américaine (Usada).

«L'UCI ne fera pas appel au Tribunal arbitral du sport» et va priver Lance Armstrong de ses sept victoires dans le Tour de France, a déclaré le président de l'UCI Pat McQuaid, lors d'une conférence de presse à Genève, précisant que la décision sera prise vendredi de réattribuer ou non les podiums du Tour de France de 1999 à 2005.

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La direction du Tour de France avait déjà émis le souhait de ne pas désigner de nouveaux vainqueurs pour ce sept Grandes Boucles.

«Lance Armstrong n'a aucune place dans le cyclisme», a insisté M. McQuaid, arrivé à la tête de l'Union cycliste internationale à l'automne 2005, quelques semaines à peine après la septième et dernière victoire du Texan dans la Grande Boucle.

L'UCI nie avoir «couvert» Armstrong

Le président de l'UCI, «écoeuré (...) en tant que cycliste et issu d'une famille de cyclistes» par la lecture du rapport de l'Usada, a cependant insisté sur le fait qu'il n'avait pas «l'intention de démissionner» malgré les critiques à l'encontre de sa fédération.

«L'UCI nie formellement» avoir couvert des contrôles positifs de Lance Armstrong, a déclaré l'Irlandais, en rejetant les accusations avancées par d'anciens coéquipiers du Texan pour le Tour de France 1999 et le Tour de Suisse 2001.

Avec ce verdict de l'UCI, soldant «la plus grave crise à laquelle le cyclisme a dû faire face», selon les termes de M. McQuaid, le vainqueur du duel Tygart-Armstrong est connu. Travis Tygart, le Floridien à la tête de l'Agence américaine antidopage, a mis KO le Texan, ami personnel de George W. Bush.

Le héros sorti vainqueur d'un cancer des testicules n'est plus qu'un mythe en miettes, dont le palmarès se résume pour l'essentiel désormais à un titre de champion du monde en 1993, un titre de champion des Etats-Unis la même année, et deux victoires dans des classiques.

Pour l'histoire officielle du cyclisme, Lance Armstrong, 41 ans, restera comme un tricheur, un menteur, un intimidateur, revenu faire la loi sportive dans le peloton à coups d'injections d'EPO, de transfusions sanguines et de pilules de testostérone.

Le personnage clé du «programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport», avec le «docteur» italien Michele Ferrari et le directeur sportif belge Johan Bruyneel, selon le rapport de l'Usada du 10 octobre, bâti grâce aux témoignages détaillés de onze des anciens équipiers du champion texan.

Son compte Twitter muet

Après avoir tenté d'enrayer l'enquête de l'Usada devant les tribunaux civils cet été, en clamant son droit à un procès équitable, Lance Armstrong avait définitivement jeté l'éponge le 23 août. «Aujourd'hui, je tourne la page», avait-il déclaré sur son compte Twitter aux 3,7 millions d'abonnés.

Loin de Genève, dans sa maison d'Austin, au Texas, à moins que ce ne soit dans son luxueux chalet d'Aspen, dans le Colorado, Armstrong n'avait pas encore réagi lundi à 11h30 GMT au verdict de l'UCI. Et son compte Twitter est muet depuis le 17 octobre.

Roi déchu, Lance Armstrong risque surtout désormais de se retrouver un roi nu. La semaine passée, trois de ses sponsors, dont son équipementier Nike, l'avait abandonné. Il avait dû lâcher la présidence de sa fondation Livestrong contre le cancer. Et des poursuites pour parjure pourraient le conduire devant les tribunaux, pour avoir menti lors de l'enquête fédérale pour dopage le visant.

«Cela a été mieux, mais ça a été pire aussi», avait-il concédé dimanche, devant 4.300 cyclistes venus à Austin pour une course amateur en faveur de son association. Dans un discours de 90 secondes. Sa dernière intervention publique.



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