MONTRÉAL - Christiane Ayotte a «hâte de passer à autre chose». La directrice du laboratoire contre le dopage de l'Institut national de la recherche scientifique en a marre d'entendre parler de Lance Armstrong.
«C'est comme une épée de Damoclès, tant pour les amateurs que pour les observateurs du cyclisme, qui ne peuvent pas s'empêcher de croire qu'il y a quelque chose de mauvais dans le processus. Si ce cas-là peut être réglé, on va pouvoir travailler plus en profondeur et en apprendre. C'est là qu'on a hâte d'arriver.»
Selon les propos qu'elle a tenus à l'émission L'Esprit d'équipe de la chaîne TVA Sports, les preuves sont accablantes.
«On n'a pas de tests positifs, mais des profils sanguins. Il y a aussi des témoignages. Il semblerait que ce soit un cas assez solide. L'Agence américaine antidopage ne peut pas s'être embarquée dans le bateau sans avoir quelque chose de solide, parce que ça peut lui revenir en plein visage.»
«Si l'Agence ne l'avait pas fait, elle se serait fait blâmer d'avoir tenté de protéger un athlète, a-t-elle poursuivi. On est dans une dynamique où les protagonistes ont campé leurs positions. C'est quasiment: "tu gagnes ou je meurs".»
Une patate chaude
D'ailleurs, l'attitude d'Armstrong a joué en sa défaveur, selon Ayotte.
«Non seulement il était très arrogant, mais il mettait en péril le système même de l'Agence américaine. Il prenait beaucoup de place, ce qui fait qu'il s'est mis dans le coin et a forcé l'Agence américaine.»
«Ce n'est pas quelqu'un qui laisse tomber. Au contraire, il est encore très vindicatif. Il ne reconnaît aucune accusation de dopage. Il dit même à l'Agence antidopage américaine qu'il allait entamer des poursuites juridiques s'il était sanctionné. Il veut juste jouer selon ses règles, celles de l'Agence ne lui plaisent pas.»
Au final, c'est l'Union cycliste internationale (UCI) qui tranchera.
«C'est une patate qui doit être extrêmement chaude. Ça ira probablement en arbitrage», a avancé Ayotte.
«C'est dommage pour l'UCI, qui fait beaucoup d'efforts en matière d'antidopage. Il y a des guerres d'égos qui ont eu lieu là-dedans entre l'UCI et l'Agence mondiale antidopage Mais l'agressivité n'aide pas à régler des problèmes», a-t-elle conclu avec sagesse.