HOCKENHEIM, Allemagne - Sollicité de toute part, Bruno Spengler a dû retarder les célébrations, dimanche, après la conquête de son premier titre en série DTM à Hockenheim.
«Le téléphone n'a pas dérougi après ma course, a-t-il expliqué. Plusieurs médias à travers le monde m'ont contacté pour faire des entrevues. Or, je n'ai commencé à fêter que vers 23 h.»
Le champion a été joint lundi dans sa voiture alors qu'il filait vers Munich, où il était l'invité d'une émission à grande écoute diffusée en direct en fin d'après-midi.
«J'ai hâte de me reposer et de consulter tout ce qui a été dit et écrit sur moi, a-t-il mentionné. Je vous avoue que je ne réalise pas encore l'ampleur de mon championnat.»
Spengler est le premier représentant du Québec à obtenir un titre prestigieux en course automobile depuis le championnat du monde acquis par Jacques Villeneuve en F1 il y a 15 ans.
«C'est flatteur d'être comparé à lui, a-t-il reconnu. Ce qu'il a fait est remarquable. Il a été une inspiration pour toute une génération de pilotes comme moi. Je suis né un an après le décès de son père, mais on m'a tellement parlé des exploits de Gilles en F1. Il a grandement contribué à l'essor de la course automobile au Québec. On lui doit beaucoup.
«Quant à moi, je suis très fier d'être le premier pilote non européen, et surtout le premier Québécois, à gagner le titre en DTM. Je suis honoré d'avoir pu sensibiliser le public à ce championnat de très haut niveau.»
Chez BMW pour longtemps
Bien que sa saison de course soit terminée, le travail se poursuit pour le pilote de 29 ans. Dans son rôle d'ambassadeur pour BMW, il participera à de nombreuses activités promotionnelles au cours des prochaines semaines en Allemagne.
«C'est un boulot à temps plein et je m'y plais beaucoup. Je rencontre beaucoup de gens passionnés.»
Même si Spengler est avare de commentaires quand on lui parle de contrat, son avenir auprès de la marque allemande est évidemment assuré. Et pour longtemps.
D'ailleurs, son exploit de dimanche lui a valu un boni alléchant «dans les six chiffres», selon nos informations.
Vers de nouveaux marchés
La série DTM dévoilera dans quelques semaines son calendrier 2013, qui comportera notamment Moscou comme nouvelle destination.
Si aucune percée en Amérique n'est prévue l'an prochain, le portrait risque de changer en 2014.
Les dirigeants de DTM n'ont pas nié, à Hockenheim, que Montréal était l'un des endroits ciblés par le championnat de voitures de tourisme.
Rencontré dans les «paddocks» dimanche, Patrick Tambay est d'avis que la tenue de courses de ce côté-ci de l'Atlantique est logique.
«Les constructeurs allemands souhaitent ardemment que des épreuves de DTM soient présentées dans des marchés importants pour leur visibilité, a affirmé l'ex-pilote de Formule 1. Montréal est placée très haut sur la liste. Le circuit Gilles-Villeneuve est un tracé hors pair qui jouit d'une excellente réputation sur la scène internationale. Et ce serait, pour moi, une belle occasion d'y retourner.»
Tambay suit de près la carrière de son fils Adrien, pilote à temps plein en DTM au sein de l'écurie Audi, qui s'est classé deuxième à Valence, en Espagne, le 30 septembre dernier.