Mathieu Boulay
Journal de Montréal

Stevenson et Jack en route vers une revanche

Adonis Stevenson et Badou Jack n'ont pu faire de maître samedi soir à Toronto - Stevenson et Jack en route vers une revanche

AFP

Mathieu Boulay

TORONTO | On a eu droit à un des combats les plus excitants des dernières années, samedi soir au Centre Air Canada alors qu'Adonis Stevenson et Badou Jack se sont livré un verdict nul majoritaire.

Certains observateurs y ont vu un résultat controversé, mais d'autres ont trouvé que la bonne décision a été rendue. C'est de bonne guerre.

Le représentant du Journal de Montréal avait un verdict nul de 114-114 sur sa carte de pointage. La première moitié du combat a été à l'avantage à Stevenson tandis que la deuxième a été du côté de Jack.

Lors de leur conférence de presse d'après-combat, les deux boxeurs ont affirmé qu'ils avaient gagné le combat. Et c'est normal.

On a été témoin de plusieurs choses importantes durant ce choc en montagnes russes. Du côté du champion, on a constaté qu'il pouvait survivre à une tempête de plusieurs rounds et que son instinct de survie était plus élevé que la moyenne. Il a été ébranlé à quelques reprises, notamment en raison des frappes de Jack, de la fatigue et d'une mauvaise grippe.

Pour ce qui est de Jack, il était bien préparé et il a bien failli causer une surprise de taille. S'il avait causé des dommages au Québécois durant les premiers rounds, il aurait eu de meilleures chances de rapporter la ceinture dans ses valises à Las Vegas. À l'image de sa carrière, il a rendu la tâche difficile aux juges en ne dominant pas la majorité de l'affrontement de façon claire et nette. Pourtant, ce n'est pas l'énergie qui lui manquait même s'il a vu des étoiles à quelques occasions.

De retour à Toronto ?

Quelle est maintenant la suite ? Stevenson et Jack veulent une revanche et leurs promoteurs respectifs sont prêts à s'assoir ensemble.

Floyd Mayweather a affirmé qu'il serait prêt à revenir à Toronto pour ce deuxième choc pourvu que son protégé puisse empocher une bourse supérieure à celle de samedi soir. Il n'a pas voulu faire de promesse à l'endroit des amateurs du Québec. Son poulain souhaiterait plutôt que le duel ait lieu aux États-Unis, car il n'a pas aimé les pointages des juges. Toutefois, il faudrait lui rappeler qu'il y avait deux juges américains autour du ring.

Pour sa part, Yvon Michel a affirmé que le choix pourrait se faire entre Toronto, Montréal ou Québec. Bien sûr, il choisirait la meilleure offre qui se présenterait à lui, mais on sent, encore une fois, qu'il n'aura pas le contrôle de la décision finale. Stevenson, lui, n'a pas de préférence, mais il a l'intention que le combat se tienne au Canada.

«Je suis le champion et cette décision devrait m'appartenir, a souligné Stevenson. Je vais contacter Al Haymon et on verra quelle direction on va prendre.

«Une chose est sûre, l'histoire sera différente. J'ai toujours su apporter les bons ajustements dans mes deuxièmes combats contre le même adversaire.»

On peut surtout penser que sa préparation sera meilleure, car il est difficile de croire qu'il peut vaincre un opposant comme Jack avec seulement trois semaines de préparation spécifique.

Une obligation avant

Cependant, il y a un nuage au-dessus de la tête de tout ce beau monde : l'aspirant obligatoire du WBC, Oleksandr Gvozdyk.

Le président de l'organisme de sanction, Mauricio Sulaiman, a affirmé il y a quelques semaines que Stevenson devrait l'affronter après son duel contre Badou Jack. À ce moment-là, il n'entendait pas à rire, car il était au coeur d'une tempête nommée Alvarez et ce dernier voulait faire respecter ses droits.

On peut s'attendre à la même chose du côté du promoteur de Gvozdyk, Bob Arum, qui n'est pas le dernier venu dans le monde de la boxe et qui connaît tous les jeux de coulisses de Mayweather.



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