MONTRÉAL – Malgré sa blessure à la main droite, Jean Pascal a tout tenté afin de convaincre son entourage d'aller de l'avant pour son combat de championnat du monde IBF des mi-lourds contre Tavoris Cloud, prévu le 11 août au Centre Bell.
Après mûre réflexion, les spécialistes du clan Pascal ont toutefois persuadé le pugiliste lavallois de renoncer au plan et convenu, mardi matin, de reporter l'événement plus tard à l'automne.
«Pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré de ne pas pouvoir boxer, a confié Pascal mercredi, lors d'une conférence de presse. Ça fait 15 mois que je ne suis pas monté dans l'arène et c'était une occasion en or de revenir au sommet. Et j'ai déjà remporté une victoire contre Adrian Diaconu avec une importante blessure. Je n'aurais toutefois pas pu donner ma meilleure performance aux partisans, mais je suis un guerrier. Je voulais y aller quand même.»
«Il a fallu se mettre à quatre (deux médecins, l'entraîneur Marc Ramsay et le psychologue sportif Rob Schinke) pour le retenir et le faire changer d'idée, a poursuivi le docteur Francis Fontaine. Il ne pouvait pas frapper avec sa main droite, il aurait été illogique de l'envoyer se battre dans cette condition.»
Contusion osseuse à la main droite
Pascal (26-2-1, 16 K.-O.), âgé de 30 ans, s'est blessé à la main et au poignet droit lors d'une session de combat d'entraînement le 20 juin, alors qu'il croisait les gants avec le poids mi-moyen Kevin Bizier. Il a ressenti une vive douleur en atteignant la tête de son coéquipier.
«Il s'agit d'une contusion osseuse dans un doigt de sa main et c'était à un degré de la fracture, a continué le docteur Fontaine. Nous avons fait une injection de cortisone, mais ce n'était pas assez. Il aura besoin de trois ou quatre semaines pour récupérer, mais aucune chirurgie ne sera nécessaire… seul le temps peut guérir ce type de blessure.»
Pour l'entraîneur Marc Ramsay, la santé de son poulain prime avant tout, et ce, même si tout allait comme sur des roulettes en ce premier camp d'entraînement implanté en sol montréalais.
«C'est une situation frustrante. Nous connaissions un camp exceptionnel et Jean était plus souriant qu'à l'habitude, puisqu'il s'entraînait exclusivement à Montréal pour la première fois de sa carrière sans avoir à s'expatrier afin de se concentrer, a-t-il expliqué.
«Je sentais que l'attitude était au maximum et nous avions implanté des objectifs. Ça s'en venait simplement de plus en plus dur de les atteindre avec cette blessure, a-t-il ajouté. Il a étiré ça et traitait son corps comme s'il était une bagnole de NASCAR alors qu'il est en fait un bolide de Formule 1.»
À l'automne au Centre Bell
Selon le promoteur Yvon Michel, le choc Pascal-Cloud semble toujours être dans les plans du réseau de télévision Showtime.
«Nous avons pris la décision sans filet, avec la peur que Showtime et que le clan de Cloud passent à autre chose, a avoué le patron du Groupe Yvon Michel (GYM). Monter dans le ring handicapé de cette façon n'aurait pas rendu justice à Jean. La vente des billets allait tellement bien, mais ce n'est pas la fin du monde. Ce n'est pas annulé, mais remis.»
Afin de repousser la confrontation, GYM a dû avertir le promoteur américain Don King avant de contacter la puissante chaîne.
«King m'a mentionné que nous devions trouver un remplaçant afin de faire face à Tavoris Cloud ou encore reporter la carte, a expliqué Yvon Michel. Nous lui avons ensuite dit qu'Adonis Stevenson serait le seul boxeur que nous accepterions pour prendre la place de Jean Pascal. Finalement, ils ont décidé de trouver une autre date.»
«Par la suite, Stephan Espinoza de Showtime m'a assuré qu'il tenait au combat Pascal-Cloud, a-t-il continué. La date du 13 octobre a été avancée, mais Showtime a déjà un gala en vue ce soir-là. Ils regardent s'ils peuvent tasser ça pour nous… mais chose certaine, ça aura lieu à l'automne au Centre Bell. D'ici vendredi, on devrait connaître la date.»