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Lucian Bute vise la perfection

 
- Albert Ladouceur
Le Journal de Québec
19/03/2010 06h10 - Mise à jour 19/03/2010 10h37
Boxe - Lucian Bute vise la perfection
Lucian Bute est en Floride pour la préparation de son prochain combat contre Edison Miranda. 
Agence QMI/Stevens LeBlanc


MIAMI - Lucian Bute partage sa vie entre deux mondes. De plus en plus Québécois à Montréal, où son apprentissage rapide du français a facilité son intégration, il redevient rapidement le Roumain de naissance lorsqu'on discute de sa compagne, de sa famille et de son pays d'origine.

Pour le Québec et la Roumanie, il reste le champion du monde des super moyens de l'IBF. Un athlète entier, passionné par son métier de boxeur et d'une affabilité exemplaire pour les athlètes professionnels. Bute ne joue pas la carte de la séduction. Il reconnaît l'importance du travail des médias et il sait que l'appui de ses partisans et des amateurs de boxe constitue l'épine dorsale d'une carrière qui le guidera vers une aisance financière, si rien ne l'interrompt brusquement.

Captivé par l'histoire de la boxe et ses légendes, Bute a été invité, en juin 2009, au Panthéon de la boxe situé à Canastota, ville près de Buffalo. On l'a accueilli à titre de vedette montante. Lui n'en avait que pour Lennox Lewis, Marvin Hagler, Thomas Hearns.

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«Ce jour-là, je me suis fixé comme mission de terminer ma carrière avec une fiche immaculée et de recevoir mon admission à ce panthéon», a-til dit après l'entraînement, hier, dans un petit gymnase de Miami. Éventuellement, Bute rêve de battre le record d'assistance au Stade olympique en y défendant sa couronne. L'ex-amphithéâtre des Expos a attiré 46 000 spectateurs (4,6 millions de recettes) lors du combat entre Roberto Duran et Sugar Ray Leonard, le 20 juin 1980.

Le protégé d'InterBox ne manque pas de motivation. La ceinture remportée contre Alejandro Berrio, en octobre 2007, n'a fait qu'augmenter son appétit de victoires. Chacune de ses quatre défenses depuis s'est révélée un défiqu'il relevait animé par un insatiable désir de vaincre et la détermination d'élargir sa crédibilité sur la scène mondiale. Il en ira ainsi le 17 avril, contre Edison Miranda, au Centre Bell.

Bute l'affronte après son doublé gagnant contre Librado Andrade. «Je prends Miranda au sérieux. Il cogne très dur et peut abattre son rival d'un seul coup de poing. Je m'en méfierai constamment.» En ce qui regarde le style de ces deux boxeurs, Bute les unit par l'agressivité déployée entre les câbles. « Miranda me paraît plus rapide et puissant que Librado, mais j'estime qu'il commet plus d'erreurs. Il m'appartiendra d'en profiter.»

Bute sait qu'il lui faudra rester concentré et exploiter sa rapidité. « C'est traître un combat. Je peux dominer onze rounds sur douze, mais en échapper un qui causera ma défaite.» S'il l'ignorait avant le 24 octobre 2008, Andrade lui a appris cette leçon sans qu'elle devienne désastreuse.

Adulation des Roumains

Difficile de jaser avec un boxeur du combat qui suivra celui pour lequel il se prépare. Ça lui donne l'impression de tenir la victoire pour acquis. Bute en discute toutefois parce qu'il pourrait se tenir en Roumanie, à la fin de juillet.

«Je suis tellement populaire chez moi. Quand je me rends dans un lieu public à Bucarest, par exemple, des concitoyens viennent me parler et me serrer la main. lls me questionnent beaucoup. Je ne passe pas incognito. Je suis conscient de mon statut au pays. La présentation de mes combats, même diffusés à 5 h bat des records de cote d'écoute.»

L'attitude en Roumanie diffère toutefois beaucoup de celle au Québec. «La presse à sensation et les paparazzis sont nombreux. Je m'en méfie. Quand je mange dans un resto et que je porte une coupe de vin à mes lèvres, il peut s'y trouver un photographe qui croquera la scène et on écrira toutes sortes de faussetés en rapport avec ce verre.»

Le jour où il combattra en terre roumaine, le gouvernement s'engagera dans l'organisation du combat. Le président du pays y assistera probablement, ayant déjà accordé la médaille du mérite sportif. Bute est originaire de Galatie, une petite ville en bordure du Danube, à quelque 200 km de Bucarest. Ses parents et ses quatre soeurs y vivent et ils entretiennent une excellente relation. Bute les aide financièrement. «Un salaire équivalent de 300 $ canadiens par mois est un bon revenu là-bas.»

Protection de sa vie privée

Si Bute savoure sa gloire en Roumanie, il apprécie sa popularité plus discrète au Québec. «Les Québécois se montrent toujours respectueux lorsqu'ils m'abordent. Ils gardent une distance. Je m'inquiète rarement d'un geste déplacé ou d'une question trop personnelle. Ce contact me plaît beaucoup.»

Bute en dévoile peu sur sa vie privée. On sait qu'il demeure à Laval. Il fréquente une Roumaine qui réside toujours au pays. Elle vient le voir régulièrement. «Je ne veux pas la présenter ou accorder une entrevue en sa compagnie. Je protège mon intimité.»

Professionnelle ou privée, Bute adore sa vie. Sa carrière d'athlète ne lui apparaît jamais comme un fardeau même si les conditions sont exigeantes. Il en retire une grande satisfaction. «La nuit où je suis rentré chez moi à 4 h après la conquête du titre contre Alejandrio Berrio, j'étais seul avec ma ceinture devant le miroir et je me suis dit: "Ta..., je suis le champion du monde."

Ouais, vraiment de plus en plus Québécois, ce Bute!





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